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Conférence du samedi 13 décembre 2008 - 19 heures

Point Noel

Activités sceptiques 2008

En cette fin d’année, nous vous avons proposé une série d’activités auxquelles vous avez pu participer :

  • Prix Sceptique et Fosse Sceptique

    Il y a eu revue des candidatures pour chaque prix et discussion des mérites de chacune. Les membres présents ont alors été invités à voter pour le candidat de leur choix. Suivez ce lien pour connaître les résultats du vote.

  • Analyses et enquêtes

    Certains membres ont présenté les résultats de recherches menées en 2008 : prétentions de canalisation du Rayon Violet (voir Québec sceptique numéro 68), suivi sur les échecs du Secret, et mythes révisés.

  • Énigmes et légendes

    Pour se divertir tout en s’instruisant, nous vous avons invités à participer à des jeux-questionnaires ludo-éducatifs.

Deux de ces activités font l’objet d’un compte-rendu :

1. Le secret du gourou

2. Mythes revus et corrigés


Le secret du gourou

Louis Dubé

Certains gourous populaires font croire à leurs adeptes de délirantes fantaisies. Comment s’y prennent-ils pour les envoûter à ce point ? Analyse d’un cas récent présenté à la soirée Sceptique du 13 décembre 2008.

Le phénomène du Secret, infâme gagnant du prix Fosse Sceptique 2007, regroupe les adeptes d’une pensée magique outrancière. Cette pensée soutient que notre cerveau émet des ondes énergétiques suffisamment puissantes et cohérentes pour attirer vers lui les bienfaits qu’il souhaite ardemment. Ainsi, l’Univers répondrait à nos demandes ondulatoires insistantes – pourvu qu’on y croie vraiment.

Défi lancé

Dans une analyse percutante, deux auteurs québécois, Jean-Charles Condo et Natacha Condo-Dinucci, ont déboulonné une à une les prétentions du Secret à la scientificité. Ils ont aussi lancé ce défi aux millions d’adeptes de ce courant populaire : « Prouvez que Le Secret fonctionne et devenez millionnaire ! » 1

Leur livre étant publié au Québec, ils ont fait appel à notre organisme pour effectuer les tests qui démontreraient que les techniques prônées par Le Secret opèrent les prodiges allégués. Voilà un peu plus de six mois que le défi a été lancé et personne n’a communiqué avec nous pour le relever.

Est-ce à dire que la loi d’attraction du Secret ne fonctionne pas ? Qu’elle n’attire pas miraculeusement les bienfaits souhaités ? Ou encore que les adeptes du Secret n’ont pas besoin de la modeste somme d’argent qu’on offre (10 000 $) puisqu’ils sont déjà multimillionnaires ? On se perd en conjectures.

Un peu déçu du manque d’intérêt de la communauté du Secret pour notre Défi, j’ai été agréablement surpris qu’un gourou québécois du Secret se soit lui-même prêté à l’exercice. Et il l’a fait devant les caméras de télévision à l’émission de Denis Lévesque à la chaîne LCN.

Le Secret en bref

« Demandez, croyez et recevez. » (p. 94)

« L’Univers n’a pas besoin de temps pour matérialiser ce que vous désirez. Pour lui, il est aussi facile de créer un dollar qu’un million de dollars. » (p. 94)

« L’Univers émerge de la pensée. Nous sommes non seulement les créateurs de notre propre destiné, mais aussi de l’Univers. » (p. 215)

Source : Le Secret par Rhonda Byrne, Les éditions Un monde différent, 2007 (ouvrage vendu à plus de dix millions d’exemplaires et traduit en trente langues).

Gourou québécois

Voici le contexte de ce test fort bien médiatisé. L’expert de l’application des techniques du Secret dont il s’agit s’appelle Pierre Morency. Il se proclame « explorateur scientifique » des lois du succès. Il détient un baccalauréat en génie physique, mais semble avoir œuvré exclusivement dans le domaine de la planification stratégique et du marketing.

Il est l’auteur de plusieurs livres de psycho-pop et donne de nombreux séminaires en croissance personnelle et en croissance d’entreprise. Il y a quelques années, il a écrit le livre Demandez et vous recevrez, dans lequel il explique ce qu’il appelle la loi d’action-réaction : aux ondes non équivoques émanant de notre cerveau, l’Univers en réaction réagira pour exaucer notre demande. « Lorsque la somme des ondes est suffisamment grande, il y a assez d’énergie pour que la demande se matérialise », écrit Morency 2.

Déroulement du test

En septembre 2007, le gourou Morency se présente à l’émission de Lévesque avec son client : un ancien gardien de but de la Ligue nationale de hockey (LNH). Le gardien, absent de la Ligue depuis cinq ans, aimerait y retourner. Il a une totale confiance en son gourou pour le guider vers la réalisation de son souhait. Décidé comme il l’est et avec l’aide d’un expert dans les techniques du Secret, le gardien ne pense pas une seconde à l’échec. Un bon coup de publicité pour Morency… si le gardien réussit !

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser en lisant le livre de Morency, il ne suffit pas de simplement « demander » pour « recevoir ». L’entrevue à LCN indique qu’il faut demander de la bonne façon. Il faut suivre un entraînement de plusieurs mois qui, en plus de séances de méditation et de visualisation, doit comprendre des pratiques sérieuses de la technique que l’on veut bien maîtriser.

Le gardien de but a dû s’exercer de quatre à cinq heures par jour – hors glace et sur glace – pour acquérir les habiletés qu’il voulait regagner. Il l’a fait avec Morency pour les séances de méditation et de visualisation. Mais, il s’est aussi entraîné sur glace à bloquer des lancers sous la supervision d’entraîneurs professionnels de hockey. Ces séances auraient duré cinq mois de façon quotidienne en vue d’atteindre l’objectif.

Résultats du test

Échec total ! Un an plus tard, en 2008, ce gardien de but ne fait toujours pas partie de la Ligue nationale de hockey. Comme il l’avait promis, le gourou Morency démontre alors le louable courage de venir se présenter à l’émission de Lévesque en octobre 2008 pour expliquer ce qui a bien pu arriver 3.

Le gardien a très bien suivi le programme, raconte Morency, mais il ne l’a pas terminé. Il a dû cesser son entraînement après cinq mois de laborieuses séances quotidiennes d’une durée de cinq heures chacune. Le gardien dit devoir maintenant prendre soin de sa famille et de ses affaires. L’animateur de l’émission spécule sur le fait que le gardien a peut-être abandonné parce que les longues et onéreuses séances d’entraînement ne donnaient pas de résultats. Ce que Morency rejette du revers de la main, ajoutant qu’il s’attend à ce que le gardien reprenne l’entraînement bientôt et réussisse.

Justifications boiteuses

Pour justifier cet entraînement intensif, Morency soutient que lire un livre sur les techniques du Secret n’est pas, bien sûr, suffisant pour réussir. Il faut également en faire une application correcte. Cependant, comment peut-on affirmer d’un côté que si « vous demandez vous recevrez » et de l’autre exiger cinq heures d’entraînement par jour pendant plus de cinq mois sans être certain d’obtenir ce que vous désirez ?

D’autant plus que ces séances ne consistent pas seulement à améliorer la « visualisation » de l’habileté recherchée, mais aussi d’en faire la pratique concrète sur glace avec l’aide d’entraîneurs experts. Cette méthode n’est pas vraiment différente de celle de n’importe quel autre joueur de hockey qui voudrait améliorer son jeu.

N’oublions pas que, dans son explication de la loi de l’action-réaction, Morency précise que la réaction à l’action devrait être « simultanée ». Comme exemple, il recommande à celui qui veut obtenir la voiture de ses rêves de l’acheter avant même d’avoir l’argent requis. Une occasion de revenus se présentera ; il faut simplement la saisir au passage. « Cette possibilité apparaîtra par magie en réaction à l’action que constitue l’achat de la voiture » 4.

Le secret du gourou

Son secret ? C’est qu’il a un sacré bagou ! Son verbiage intarissable durant l’entrevue lui permet de se contredire totalement et de débiter des absurdités scientifiques incroyables. La méthode qu’il préconise est-elle « demandez et vous recevrez » ou « entraînez-vous fort et longtemps pour réussir » ? Il joue sur les deux registres. Aussi, comment un « explorateur scientifique » peut-il affirmer que notre cerveau émet des ondes qui, concentrées à la façon d’un rayon laser, se matérialiseront, selon la loi d’Einstein E = mc2, sous la forme physique de l’objet ardemment désiré ? Une explication complètement délirante ! Il admet lui-même que la plupart des physiciens le traiteraient de « dangereux » 5.

D’un côté, il laisse croire à des rêves grandioses réalisables sans effort. Et d’un autre côté, il affirme qu’il faut s’entraîner longtemps et faire des efforts pertinents pour réussir. Bien sûr, cette dernière méthode est la seule qui fonctionne vraiment ! Son bagou lui permet de s’en tirer avec un discours complètement décousu dont la verve éblouira l’adepte, mais qui ne résiste pas à l’analyse. Le bagou serait-il la qualité essentielle de tout bon gourou ?

Notes

1. CONDO, Jean-Charles et CONDO-DINUCCI Natacha. Enquête sur Le Secret, Amérik Média, Montréal, 2008, p. 161.

2. MORENCY, Pierre. Demandez et vous recevrez, Les Éditions Transcontinental, Montréal, 2002, p. 126.

3. Émission de Denis Lévesque au réseau LCN, le 28 octobre 2008.

4. MORENCY, Pierre. Demandez et vous recevrez, Les Éditions Transcontinental, Montréal, 2002, p. 49.

5. Entrevue de Pierre Morency pour Canoë, été 2007 :

http://espace.canoe.ca/fredperreault/video/view/17531

http://espace.canoe.ca/sirachayer/video/view/17513

Gourou


Mythes revus et corrigés

Louis Dubé

Les anecdotes bien ficelées tendent à croître en plausibilité à mesure qu’on nous les répète – surtout si elles semblent raisonnables ou si elles correspondent à nos préjugés. Gardons-nous de leur accorder trop de poids avant d’avoir entendu la contrepartie ou d’en avoir fait soi-même la vérification. Trois cas typiques présentés à la soirée du 13 décembre 2008.

Il n’est pas facile de déterminer si certaines idées populaires, tenues pour évidentes, correspondent vraiment à la réalité. On aura tendance à accepter ces idées comme probablement vraies parce qu’elles tombent sous le sens. L’effort nécessaire pour en faire la vérification nous semblera bien inutile.

Je vous propose de revoir trois idées populaires et, le cas échéant, d’en réviser notre évaluation intuitive. Elles ont été testées par deux Américains, experts en effets spéciaux cinématographiques : Jamie Hyneman et Adam Savage, animateurs de l’émission Mythbusters de la chaîne Discovery aux États-Unis.

Mythe 1 : Sous la pluie

Surpris par la pluie, serez-vous moins mouillé si vous courez ?

Mythes

Donc, vous êtes à découvert et une grosse pluie vous tombe dessus sans que vous l’ayez prévu. Il vous reste environ 30 mètres à parcourir avant de pouvoir vous mettre à l’abri.

Votre intuition vous dit que vous serez moins mouillé si vous courez vous mettre à l’abri plutôt que de marcher cette même distance. D’ailleurs, en courant deux fois plus vite que vous marchez, vous passerez deux fois moins de temps sous la pluie. Aurez-vous raison de courir ?

Test

Les « briseurs de mythes » ont soumis cette question à un test, dont voici les paramètres :

Distance : 30 mètres

Pluie : 50 mm/h

Vitesse de la pluie : 7 m/s

Salopette à sec : 757 g

Marche : 6 km/h

Les expérimentateurs pourront soit courir soit marcher cette distance sous une forte pluie générée artificiellement à partir de gicleurs au plafond. Rappelons qu’après 20 mètres de chute la pluie atteint sa vitesse maximale de 7 mètres par seconde. Ils porteront pour chaque essai une nouvelle salopette sèche d’un poids standard. La vitesse de course, qu’on estime à au moins deux fois plus vite que la marche, n’a pas été précisée.

Résultats

Les résultats du test sont clairs. La salopette que portaient les expérimentateurs s’est moins imbibée d’eau – 10 grammes de moins – à la marche qu’à la course. La marche sous la pluie lui a fait recueillir 28 grammes d’eau à comparer à 38 grammes imbibés au pas de course.

Notons que les résultats seraient sans doute différents si l’on variait la longueur du parcours, la vitesse de marche ou de course et la densité de la pluie. Ces paramètres n’ont pas été testés par les expérimentateurs.

Explication

L’explication scientifique évoquée par les expérimentateurs, et confirmée par d’autres, indique que la surface exposée à la pluie règle substantiellement la quantité d’eau imbibée par le vêtement. D’ailleurs, en marche, on a à découvert : la tête, représentant 300 cm2 et les deux épaules, ajoutant ainsi 200 cm2 d’exposition. À la course, on ajoute en moyenne la surface d’une cuisse, soit 600 cm2, un avant-bras, 400 cm2 et une partie du tronc de 2000 cm2, calculée d’après la vitesse de course. Ainsi, en courant, on double ou triple facilement la surface exposée à la pluie.

En pratique, il ne faut pas négliger l’effet psychologique d’être mouillé plus longtemps en marchant, car on compare subjectivement cet effet à celui d’être un peu plus mouillé, mais moins longtemps, en courant. La sensation d’être mouillé peut atteindre un maximum de désagrément psychologique assez rapidement. Seul le temps passé sous la pluie devient alors important. Et courir pourra réduire ce temps d’au moins de moitié.

Mythes

C’est peut-être pour cette raison que souvent on préfère courir plutôt que de marcher sous la pluie – même si l’on accumule plus d’eau en courant. Une solution alternative de se garder plus au sec est de se munir d’un bon parapluie et de marcher lentement…

Mythe seulement ébranlé, car bien des cas n’ont pas été étudiés, telles différentes densités de pluie, de distances et de vitesses de course. Les conclusions pourraient alors être différentes.

Mythe 2 : Dans le sable

Tombé dans du sable mouvant, serez-vous aspiré vers le fond jusqu’à ce que le sable vous couvre la tête ?

Mythes

Voilà une situation critique dans laquelle personne n’espère un jour se retrouver. Bien des films nous ont montré ce qu’il peut alors arriver : la victime affolée, poussant des cris désespérés, s’enfonce inéluctablement dans le sable gluant jusqu’à ce que ses bras levés vers le ciel, en vaines supplications, disparaissent mollement sous le sable.

Test

Pour tester la validité de cette idée reçue, Hyneman et Savage se sont procuré une cuve de 2 mètres de diamètre et de 2,5 mètres de haut. Ils y ont déposé 10 tonnes de sable fin. Avec un tuyau d’arrosage, ils ont trempé le sable jusqu’à ce qu’il ait la texture du sable mouvant.

Pour contrôler la quantité d’eau dans le sable, ils ont percé des trous de 5 cm au bas de la cuve, qu’ils peuvent ouvrir ou boucher selon le besoin. Ils ont ainsi dupliqué les conditions caractéristiques du sable mouvant.

Tour à tour, et avec une certaine appréhension, ils ont sauté directement dans le sable ainsi préparé. Un câble leur serrait la ceinture pour les retenir au cas où ils couleraient à pic.

Résultats

Mythes

Les résultats sont assez surprenants. Le cobaye amusé flotte comme un bouchon de liège. Le sable lui atteint à peine les aisselles.

Explication

Il faut donc conclure que la densité de l’homme, proche de celle de l’eau, est de beaucoup inférieure à celle du sable mouvant. Ce qui permet à l’homme de flotter facilement dans du sable mouvant. Cela n’est pas si surprenant, puisqu’on sait que les humains flottent très bien dans une eau fortement salée, comme celle de la mer Morte. Un mélange relativement homogène de sable et d’eau sera encore plus dense.

Cela ne veut pas dire qu’hommes et animaux n’ont pas péri dans du sable mouvant. Si l’on ne peut pas sortir du sable, on risque de mourir de faim, de soif ou de surexposition au soleil ou au froid.

Mais, il semble clair qu’on ne mourra pas de noyade. C’est seulement dans les films qu’on est aspiré vers le fond.

Légende cinématographique totalement démystifiée !

Mythe 3 : Au haut d’une tour

Un sou, lancé du toit d’un gratte-ciel, peut-il sérieusement blesser une personne sur le trottoir ?

Mythes

On raconte qu’un sou lancé du toit de l’Empire State Building à New York pourrait sérieusement blesser une personne sur le trottoir, et peut-être même la tuer. Longeant le mur d’un édifice, qui d’ailleurs ne craint pas qu’un objet, échappé par mégarde, ne le blesse ?

Test

Les animateurs de Mythbusters ont voulu vérifier cette légende urbaine. Un sou, comme celui qui se retrouve dans presque toutes les poches, pèse environ 2,5 g et mesure 1 mm d’épaisseur et 2 cm de diamètre. En chute libre d’une hauteur de 381 m, soit celle de l’Empire State Building, et sans résistance de l’air, il atteindrait le sol à la vitesse appréciable de 311 km/h. Mais, à cause de la résistance que l’air oppose à sa chute, il ne pourra atteindre une vitesse terminale de plus de 100 km/h.

Nul besoin de se balader dans les rues de New York pour craindre le pire. Le danger est aussi grand à Montréal. Lancé de l’édifice réputé le plus haut à Montréal, soit le 1000 de la Gauchetière qui fait 200 m de hauteur, le sou aura la même vitesse terminale et ne dépassera pas non plus les 100 km/h. On peut aussi noter au passage qu’en chute libre, l’homme dépassera le sou, puisque sa vitesse terminale sera environ 200 km/h, à partir d’une chute plus grande qu’environ 200 mètres.

Pour le test, les expérimentateurs ont donc modifié un fusil agrafeur pour lui faire projeter un sou à une vitesse d’environ 100 km/h. Ils ont visé toutes sortes d’objets pour déterminer les dommages sur plusieurs types de surfaces.

Résultats

Mythes

Quel effet a-t-on observé en projetant un sou de 2,5 g, à 100 km/h sur différentes surfaces :

  • Sur du béton : il n’a laissé qu’une petite trace avant de rebondir.
  • Sur l’asphalte : il n’a laissé aucune trace et a rebondi immédiatement.
  • Sur un mannequin, dont le crâne était couvert d’une mince couche de tissu gélatineux pour simuler un crâne humain, il n’a laissé aucune fissure.
  • Sur une main humaine, il n’était pas possible d’y voir une quelconque blessure.

Devant les effets minimes produits, les expérimentateurs ont testé des impacts à très haute vitesse, soit 3000 km/h, la vitesse d’une balle de fusil. Un sou projeté à cette très grande vitesse a laissé une trace sur du béton, mais ne s’y est pas inséré. Il n’a pas non plus réussi à percer le crâne du mannequin.

Explication

On doit conclure qu’un sou de 2,5 g n’a pas assez de masse pour blesser un individu au bas d’une tour – quelle que soit la hauteur de la tour. Évidemment, si la personne regarde en l’air au moment précis de l’impact, elle pourrait être blessée à l’œil. En outre, même projeté à la vitesse d’une balle de fusil, le sou ne tuera probablement pas.

Le mythe du sou « tueur » est donc complètement déboulonné !

Il pourrait en être tout autrement si la masse de l’objet en chute libre était plus grande et si sa résistance à l’air était plus petite. Un boulon ou un caillou de 100 grammes, par exemple, causerait sans doute des dommages plus importants.

Conclusion

Les trois idées populaires que l’on vient d’examiner méritent qu’on précise leur domaine d’application. Elles semblaient tomber sous le sens. Pourtant, elles se sont révélées fausses dans des conditions normales :

  • Marcher sous la pluie tient objectivement plus au sec que courir, du moins dans certaines conditions.
  • On ne peut pas s’enfoncer au-dessus de la tête dans du sable mouvant.
  • À vitesse de chute, un sou ne peut sérieusement blesser un humain.

Si se fier à certaines croyances populaires n’a que peu de conséquences, on pourra les examiner ultérieurement ou ne pas les examiner du tout. Dans le cas contraire, il serait souhaitable d’en vérifier la validité.

Source : ZIMMERMAN, Keith and Kent. Mythbusters, The Explosive Truth behind 30 of the Most Perplexing Urban Legends of All Time, Discovery Communications, New York, 2005.

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