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Conférence du mercredi 13 juin 2007 (2)
Vingt ans de vaillant scepticisme

Compte-rendu des célébrations du 13 juin 2007

Fondée en 1987, l’association des Sceptiques du Québec doute – faute de preuves – de la réalité du paranormal depuis 20 ans. À la soirée du 13 juin 2007, elle propose d’abord une rencontre informelle pour souligner ces années d’efforts à améliorer l’esprit critique de ses membres et du public en général. Suit une revue humoristique de certains faits marquants de son histoire. Une conférence formelle sur l’argumentation utilisée dans les controverses scientifiques complète la soirée (compte-rendu distinct).

Rappel historique

François Filiatrault, l’animateur de cet événement, rend d’abord hommage aux énergiques artisans qui ont contribué au succès mythique de l’organisme : les membres des conseils d’administration successifs, les collaborateurs de la revue Le Québec sceptique et du site Web, et les nombreux volontaires qui ont participé à l’organisation des soirées, des comités et des concours. Sans oublier la poignée de solides porte-parole qui ont courageusement fait face à la musique ésotérique et aux intimidantes caméras. Le maintien et la progression de l’association dépendent du travail constant de tous ces bénévoles.

L’évolution d’un sceptique

Pascal Forget

Pascal Forget, ex-animateur de nos soirées, poursuit avec une revue de certains événements marquants ou cocasses qui nous ont fait mieux connaître. Comme beaucoup de sceptiques, son esprit curieux a d’abord été subjugué par les mystérieuses apparitions d’ovnis. Enfant, il espérait même être capturé par des extraterrestres ! Pourtant, au cours des années, rien d’aussi extraordinaire ne lui arriva, et il commença à douter. Les Sceptiques, qu’il vint à fréquenter régulièrement, confirmèrent ses doutes.

Voulant mieux se renseigner sur des sujets ésotériques, il constata le manque d’ouvrages critiques du paranormal. Bibliothèques et librairies contenaient beaucoup plus de livres sur les vols présumés d’ovnis et d’anges que sur les fusées bien réelles lancées par de nombreux pays. Ses recherches l’amenèrent à rencontrer Christian Page, « le plus sceptique » des croyants aux soucoupes volantes. Ce dernier traque depuis plusieurs années les apparitions suspectes d’ovnis – surtout celles qui laissent des traces, comme le cas le plus documenté au Québec, prétend-il, celui de Sainte-Marie-de-Monnoir en 1989. Quelques jours après l’apparition de mystérieuses et fugitives lumières dans le ciel, un intrigant cercle d’herbe plus verte qu’aux alentours contenait dix fois plus de chlorophylle que l’herbe du champ environnant.

Six ans plus tard, Forget y enquêta ; il constata qu’il y avait, dans ce champ agricole, plusieurs cercles d’herbe plus verte. Se pourrait-il que l’eau, accumulée dans de légères dépressions dans le sol, soit propice à la formation de cercles d’herbe plus verte ? D’ailleurs, la teneur en chlorophylle mesurée dépend essentiellement de la couleur de l’herbe… Le lien entre les lumières dans le ciel et le cercle d’herbe verte n’était aussi pas du tout démontré.

La magie des effets spéciaux

Le conférencier présente ensuite une image surprenante et plutôt dégoûtante : une extraterrestre humanoïde, le ventre ouvert dégoulinant de sang. Il s’agit d’un mannequin présenté par notre organisme au Salon Pepsi Jeunesse, il y a une dizaine d’années. Il avait alors fait sensation auprès des jeunes, faisant ombrage au stand de l’armée en face – pourtant orné d’un hélicoptère et d’un tank menaçants.

Les frères Érik et Karl Gosselin, deux spécialistes des effets spéciaux, avaient rapidement conçu et construit cet extraterrestre autopsié en réaction viscérale à un commentaire crédule de l’ufologue Page à une émission de télévision devant public. Ce dernier ne pouvait s’imaginer qu’un film aussi réaliste (?) d’une autopsie d’un extraterrestre aurait pu être contrefait. Des experts n’avaient-ils pas d’ailleurs conclu qu’il s’agissait d’un film d’époque (1947) ? Les Gosselin produisirent même un autre film de 90 minutes simulant la macabre opération ; ils voulaient ainsi démontrer qu’avec beaucoup d’imagination et de savoir-faire on peut truquer n’importe quoi.

Planche à clous

Expériences risquées

Durant sa carrière active de Sceptique, Pascal Forget s’est souvent prêté à des expériences risquées : il est passé sous des échelles, il a cassé des miroirs, il a avalé des doses mortelles de granules homéopathiques, il a marché sur des braises ardentes… Et quoi d’autre encore ! Tout ça sans jamais subir les conséquences néfastes annoncées avec alarme par des gens angoissés et superstitieux.

Forget propose alors au public dans la salle de participer à une expérience d’apparence risquée, mais « tout à fait inoffensive », à savoir s’étendre sur une planche à clous. Deux volontaires confiants (Benoît Jalbert et Alain Bonnier) montent sur la scène pour vérifier, en bons sceptiques, les allégations du conférencier. Des clous distants d’environ deux centimètres couvrent une planche de 50 cm de côté. L’un y fait reposer son dos et l’autre s’y asseoit – tous deux sans aucun dommage. La démonstration est concluante : les fakirs qui l’utilisent comme siège ne possèdent aucun don paranormal ! Les longs et coûteux séminaires de méditation pour apprendre à contrôler spirituellement son corps sont parfaitement inutiles pour s’asseoir sur des clous !

Tessons

Enhardi par son premier succès, le conférencier propose une expérience encore plus risquée : se coucher sur de pointus tessons de bouteille. Pour ajouter au réalisme de l’expérience, la barmaid casse sous nos yeux un verre à vin, dont on dépose les débris sur les tessons. Un volontaire (Benoît Jalbert) offre sans hésitation son assistance pour tester le phénomène. Enlevant sa chemise, il dépose son torse nu sur le lit de verre cassé. Cela ne lui fait aucun mal. Encouragé par ce premier essai, il se roule le dos sur les tessons, déclarant haut et fort ne sentir aucune douleur (son enthousiasme lui vaut tout de même quelques égratignures…).

L’explication raisonnable

Dans les deux cas, la répartition du poids sur des centaines d’appuis divise la pression sur chaque pointe acérée par autant de fois. On doit seulement s’assurer qu’une grande surface du corps entre en contact en même temps avec les clous ou les débris de verre. L’illusion du danger demeure, mais la réalité physique rend ces expériences relativement inoffensives. « Plus il y a de clous, plus c’est épeurant, moins ça fait mal », conclut le conférencier.

Ainsi se termina la première partie « rigolote et givrée » de la soirée. Le courage à toute épreuve de vaillants sceptiques fut encore une fois clairement démontré !

Notes :

1. Le compte-rendu de la conférence « sérieuse » du professeur Yves Gingras sur les controverses scientifiques, qui a suivi cette revue humoristique de Pascal Forget, se trouve à cette adresse.

2. La photo de Pascal Forget a été prise par Francine Robillard, celles d’Alain Bonnier et de Benoit Jalbert par Olena H.

Compte-rendu rédigé par Louis Dubé

Robert Giguère

Caricature de Robert Giguère


Autres photos de la soirée

Les deux conférenciers : Pascal Forget et Yves Gingras
(Photographe : Francine Robillard)

Pascal Forget Yves Gingras

Deux vaillants sceptiques bien assis sur la planche à clous : Benoît Jalbert et Alain Bonnier
(Photos : Olena H)

Benoit Jalbert Alain Bonnier

Téméraire sceptique se roulant sur des tessons de bouteille : Benoît Jalbert
(Photos : Olena H)

Benoit Jalbert Benoit Jalbert


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