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Conférence du mercredi 13 septembre 2006

Le Da Vinci Code

Incitation au doute religieux ?

Par Pietro Boglioni, historien

Texte annonçant la soirée

Le succès prodigieux du Da Vinci code vient de sa qualité romanesque indubitable, mais surtout du fait qu'il met en jeu des faits ou questions qui suscitent toujours une intense curiosité : les origines de la Bible, la divinité du Christ, les Templiers. Il propose aussi, comme toile de fond, l'histoire d'une mystérieuse société secrète, le Prieuré de Sion. Mais le scoop du roman est sans doute l'idée que des manuscrits découverts récemment à Nag Hammadi auraient révélé que le Christ était marié à Marie-Madeleine. Qu'elle est, dans tout cela, la part de l'histoire et celle de l'invention ? Peut-on se faire une idée claire de la valeur historique de ce roman ?

Da Vinci Code

Cette conférence tâchera de faire le partage entre l'histoire et la fiction. Elle montrera que les affirmations historiques de Dan Brown sont contestables, mais que le débat qu'il suscite est légitime, sur plusieurs points fondamentaux.

Pietro Boglioni est professeur titulaire au Département d'histoire de l'Université de Montréal. Son domaine de spécialisation est l'histoire du christianisme antique et médiéval, dans une perspective d'anthropologie religieuse et d'ethnologie historique : religion populaire, vies et cultes des saints, miracles. Son dernier livre est : Le Da Vinci code. L'histoire. Le roman. Les questions. Montréal : Mediaspaul, sept. 2006. Le prochain portera sur : Le diable à Wedgeport. Possessions diaboliques et exorcismes populaires en Acadie au début du XIXe siècle. [Montréal : Fides, oct.-nov. 2006].

Annonces

Notre animateur, François Filiatrault, présente d'abord l'association des Sceptiques du Québec, un mouvement à but non lucratif qui promeut l'esprit rationnel et la pensée critique et tente de démystifier certaines croyances par le biais de conférences, d'un site Web et d'un magazine. Il annonce que le numéro 60 du Québec sceptique vient d'ailleurs juste de paraître et comprend plusieurs articles en lien avec la récente conférence de Serge Larivée sur le QI et à propos du débat entre le créationniste Laurence Tisdall et l'évolutionniste Cyrille Barette. Il invite enfin les membres à soumettre des idées pour les célébrations des 20 ans de l'organisme au président Louis Dubé ou à tout autre membre du CA.

Actualités sceptiques

Filiatrault rappelle que les Sceptiques du Québec offrent, dans le cadre du Défi Sceptique, et conjointement à une organisation américaine, un million de dollars à quiconque peut fournir des preuves scientifiques d'un phénomène paranormal, par exemple la voyance, la télépathie ou le mentalisme. Récemment, nous avons été approchés par une dame prétendant être télépathe et pouvoir transmettre des mots à d'autres personnes par la pensée. Louis Dubé, responsable du dossier, lui a proposé de transmettre correctement 2 de 4 mots donnés à une personne de son choix placée dans une pièce voisine, pour remporter les 10 000 $ promis par les Sceptiques du Québec et tenter sa chance d'empocher le million de dollars de la fondation James Randi. Nous n'avons toutefois pas encore eu de nouvelles de celle-ci.

Il laisse ensuite la parole à Boglioni, spécialiste de l'antiquité et du moyen-âge chrétien, qui se propose de décortiquer pour nous la fiction et la réalité du roman Da Vinci Code.

Pietro Boglioni


Le Da Vinci Code

Incitation au doute religieux ?

Par Pietro Boglioni, historien

Les raisons du succès du Da Vinci Code

On ne peut, affirme tout d'abord Pietro Boglioni, nier le succès phénoménal du Da Vinci Code. Plus de 50 millions exemplaires ont été vendus et on peut trouver avec Google des millions de pages Web mentionnant le roman. L'idée a même été reprise par d'autres auteurs, de façon un peu ironique néanmoins, comme en font foi les livres The Dick Cheney Code, et Le Code Da Vinci pour maigrir.

Une première lecture, qu'il qualifie de facile, peut nous faire croire que le succès du roman tient à son intrigue captivante qui fait qu'on ne peut que difficilement arrêter notre lecture. On pourrait aussi penser que son succès tient à l'abondance d'éléments mystérieux intégrés au récit. Ainsi, lorsque Dan Brown aborde la Mona Lisa, le Tarot, la série de Fibonacci, l'Opus Dei, les Francs-Maçons et autres, on a l'impression qu'il nous donne enfin la clé de certains secrets.

Notre conférencier affirme toutefois qu'aucune de ces deux raisons ne suffit à expliquer l'intérêt énorme qu'a connu ce livre. Son argumentation repose sur le fait que deux ans auparavant l'écrivain avait publié Anges et Démons, un roman au style semblable et comprenant exactement les mêmes éléments : un savant tué dans son lieu de travail, un corps marqué de signes étranges, une fille aidée par un professionnel qui cherche à comprendre cette mort, la présence d'une secte secrète... Pourtant, on n'avait vendu que 7000 copies de ce roman. Pour Boglioni, il est donc évident que le Da Vinci Code a réussi, non pas parce qu'il s'articulait autour du thème déjà un peu usé des liens entre la science et la foi, mais bien à cause des hypothèses qu'il avance et des questions embêtantes qu'il met de l'avant. Si Jésus a vraiment épousé Marie-Madeleine, ajoute le conférencier, et que l'empereur Constantin a tout essayé pour le cacher, cela veut dire que tout ce que nos prédécesseurs nous ont appris sur Jésus est faux, que nous sommes les victimes d'une monumentale campagne de désinformation menée par l'Église.

Boglioni explique également le succès de cet ouvrage par une tendance de plus en plus généralisée à une culture du soupçon. Il cite en exemple une étude présentée dans la dernière parution de la revue Times qui donnait des statistiques troublantes à l'effet que 36 % des Américains (ainsi que 30 % des canadiens) croient qu'il est certain ou très probable que l'attentat du 11 septembre ait été organisé ou camouflé par la CIA. Des sociologues pourraient peut-être expliquer l'origine de ce doute, mais il reste que Dan Brown profite du fait que l'on est plus disposé à tolérer une culture du secret. En particulier, en nous invitant ainsi au doute, il incarne à sa façon la poussée d'une pensée critique et le besoin d'une culture religieuse plus autonome.

La valeur historique du Da Vinci Code

Fils d'un mathématicien et d'une organiste, et étudiant en rédaction littéraire, on peut dire que rien ne prédestinait Dan Brown à s'intéresser à l'histoire. Après avoir tenté sans succès pendant plusieurs années une carrière de compositeur-interprète, il a décidé de se mettre à l'écriture. Ses premiers livres n'ayant pas eu le succès espéré, Dan Brown cherchait désespérément un filon pour son prochain roman. Il a passé un an à rechercher des informations en vue de l'écriture de ce roman. Ses sources d'information, qu'il cite de façon indirecte dans le roman (voir p-316-317) incluent des livres tels La révélation des Templiers : les gardiens de la véritable identité et La femme au visage d'albâtre : Marie-Madeleine et le Saint-Graal. Ceux-ci n'ont toutefois pas été écrits par des historiens, mais bien pas des spécialistes de la littérature ésotérique, ou spécialistes des sociétés secrètes, et publiés dans des collections aux noms tels que Nos vies antérieures ou Enquête sur l'existence des fées et des esprits de la nature. Ainsi, il ne semble pas que Dan Brown s'intéresse tant à la validité de ce qu'il avance.

En fait, affirme clairement l'historien, il n'y a pratiquement rien à retenir du point de vue historique dans le roman de Dan Brown et les idées présentées sont manipulées pour satisfaire l'unique but romanesque. D'ailleurs, durant toute la période d'écriture du roman, Dan Brown cesse ses recherches historiques, et passe plutôt de longues heures à discuter avec son éditeur pour améliorer l'efficacité du récit. Ainsi, sa version de la persécution des sorcières, qu'il décrit comme une « croisade brutale que mena le Vatican pour la rééducation des religions païennes » est une caricature extravagante de la réalité. Près de 85 % des procès se déroulaient en fait devant des causes civiles et ont été jugés par des laïcs. Aussi, pour les besoins de son intrigue, il dépeint les sorcières de l'époque comme des érudites penseuses, alors qu'elles font plutôt de la sorcellerie rurale en utilisant du lait de vache, des œufs de poule, des enchantements... Ailleurs dans le récit, il fait dire à Sophie, l'héroïne de son roman, que les Mérovingiens sont les fondateurs de Paris, alors qu'il sait que Paris est bien antérieur aux Mérovingiens, toujours dans un but littéraire. Bref, le Da Vinci Code est bien un roman raconté à la façon d'une réalité historique, et non l'inverse.

Toutefois, Boglioni ajoute qu'on ne peut pas en vouloir à l'auteur de transformer la vérité historique, car celui-ci mentionne, d'abord sur la couverture, puis par mille indices à travers le livre, que ce récit n'est qu'un roman. Ainsi, il mentionne d'entrée de jeu que tout le contenu du livre n'est que le fruit de sa fantaisie, incluant le nom des personnes et des associations. Un lecteur attentif peut également voir une piste dans le nom que Dan Brown a donné à certains personnages. Ainsi, il nomme le patron de l'Opus Dei Aringarosa, soit la traduction espagnole de Red Herring, un terme habituellement employé pour faire référence aux fausses pistes dans les romans policiers. Enfin, Dan Brown dit clairement à la fin du roman que :

Les religions sont toutes basées sur des métaphores. L'erreur est de les prendre pour des réalités factuelles. Marie-Madeleine est elle aussi une métaphore qui permet de transmettre le message de l'importance de la femme. Le malheur, c'est qu'elle aussi soit prise comme une réalité factuelle.

La vérité sur le Prieuré de Sion

Il existe effectivement, affirme l'historien, une confrérie du Prieuré de Sion. Elle a été fondée en 1956 par Pierre Plantard dans le but d'empêcher un développement immobilier désordonné au mont Sion, dans un village de la Savoie. Parallèlement, en 1962, un aubergiste dans le village de Rennes-le-Château a commencé à faire circuler le bruit de la présence d'un trésor caché dans le village, propos qu'il appuie sur le fait que l'ancien abbé avait un train de vie incomparable avec les moyens du village. Bien que l'on découvrira plus tard les escroqueries qui ont fourni de l'argent à l'abbé, l'idée d'un trésor prend tranquillement pied. Plantard flaire cet engouement pour le trésor et prétend qu'il ne s'agit pas d'un vrai trésor monétaire, mais de papiers prouvant que la dynastie des Mérovingiens n'a pas été détruite, qu'il est le dernier descendant d'une monarchie ayant continué en cachette, et que de par ce titre, c'est à lui que reviendrait le trône en France. Il fait même faire de faux papiers pour le prouver. Pierre Plantard écrit par la suite un texte à ce sujet, mais ne trouve pas d'éditeur. Quelques années plus tard, un metteur en scène spécialisé dans les documentaires sur les secrets crée une série de trois reportages sur le Domaine de Rennes-le-Château. Il inclut en outre une allusion au St-Graal dans ces films pour capter l'intérêt des Anglais, et y prétend également que la dynastie remonte à Marie-Madeleine. Cette fois, l'engouement ne se fait pas attendre, et Plantard publie enfin son ouvrage. Il admettra toutefois par la suite que rien n'est vrai dans toute cette histoire.

Le Christ et Marie-Madeleine

Le Christ a-t-il épousé Marie-Madeleine ? C'est cette question qui est au cœur du roman de Dan Brown. Du côté de l'exégèse catholique, soit la technique de ceux qui étudient la Bible, on admet de plus en plus que la virginité de Marie relève de la croyance. La virginité de Marie pourrait n'être qu'un théologoumène, soit la mise en scène d'une théorie, une représentation imagée d'une affirmation de foi. On suppose même de plus en plus que Marie a eu plus d'un enfant, car on nomme dans les Écritures plusieurs frères et sœurs de Jésus. Ils ont toujours été considérés comme réellement des cousins et cousines ou demi-frères et demi-sœurs, mais on se dit maintenant qu'il est plus probable qu'ils aient vraiment été ses frères et sœurs.

Dans le même ordre idée, on peut donc se demander si le Christ a déjà été marié. On n'affirme ni son célibat ni le contraire dans aucune des Écritures. Du côté des pour, il y a le fait que les rabbis étaient presque tous mariés à l'époque. Toutefois, nuance Boglioni, ce n'est pas le cas des chefs de plusieurs autres groupes. D'un autre côté, il serait étrange qu'on nomme plusieurs frères, cousins, et tantes de Jésus, mais qu'on ne mentionne jamais sa femme.

Le conférencier confirme d'abord le fait que Marie-Madeleine n'était pas une prostituée. Il explique que cette erreur a été commise environ 600 ans après Jésus quand la mention de plusieurs Marie dans un texte a prêté à confusion. Il rejette l'idée de Dan Brown qui affirme que c'est une manœuvre pour étouffer les soupçons sur le vrai rôle que Marie-Madeleine a joué dans la vie du Christ. Boglioni ajoute qu'on ne cache pas du tout la présence de femmes autour du Christ dans les Évangiles, contrairement toujours à ce qu'affirme Dan Brown. Il reste que Marie-Madeleine était la chef des femmes suivant Jésus, et qu'en tant qu'historien il ne peut rejeter l'hypothèse de son mariage avec lui, mais doit admettre que les preuves manquent.

Boglioni cite ensuite plusieurs passages des Écritures et montre comment ils peuvent sembler confirmer la thèse d'un mariage entre Jésus et Marie-Madeleine lorsque pris hors contexte. Ainsi, Pierre affirme dans l'évangile de Marianne, qui date des années 80, que Jésus aime Marie-Madeleine plus que les autres, et qu'il lui a fait des révélations. Si on continue notre lecture, on se rend toutefois compte que ces révélations auxquelles il fait référence ne sont pas des confidences privées de Jésus, mais un voyage astral qu'elle a vécu et lui décrit en détail. De même, on cite dans l'évangile de Philippe que Jésus « embrassa [Marie-Madeleine] maintes fois sur la bouche », et on fait référence à celle-ci par deux fois comme la compagne de Jésus. Il faut cependant savoir que le mot bouche n'apparaît pas dans la version originale, car il y a un trou exactement à cet endroit sur l'unique copie de l'évangile. Jésus pouvait donc aussi bien l'embrasser sur les mains, ou le front. Quant au fait que Dan Brown écrit que tous les spécialistes confirmeront qu'en araméen le mot compagne signifie épouse, l'historien rectifie qu'il ne s'agit en fait que de 3 ou 4 exégètes, et qu'en outre le texte n'est pas écrit en araméen, mais en copte, un dialecte égyptien, et est une traduction du grec. D'ailleurs, le mot compagne est laissé en grec dans la traduction, et partout où ce mot est utilisé dans le texte grec il n'y a aucune connotation sexuelle.

Il faut aussi faire attention, ajoute Boglioni, à l'interprétation que l'on donne aux événements. Ainsi, même si Jésus avait effectivement embrassé Marie-Madeleine maintes fois sur la bouche, il est tout de même possible que dans l'antiquité un tel baiser n'avait pas de connotation sexuelle. En outre, le baiser sur la bouche est symbolique et représente un geste d'union avec Dieu. L'Église contient de nombreux symboles de ce genre. Par exemple, il existe une image du Christ où sa blessure a la forme d'un sexe féminin, car c'est de sa blessure qu'est sortie l'Église. On évoque ainsi le Christ femme accouchant de l'Église, explique Boglioni.

Débats suscités par le Da Vinci Code

Il reste que ce roman de Dan Brown a été lu comme une provocation et a suscité bien des discussions théologiques, en particulier sur le rôle de la femme dans le christianisme, de la divinité du Christ et de la papauté.

Boglioni fait remarquer qu'on trouve d'autres points de vue chrétiens sur ces sujets dans certains ouvrages, dont l'évangile de Thomas. Ces mouvements marginaux sont en général moins structurés et plus féministes que l'Église officielle. Y avait-il donc au début du christianisme une vérité claire qui a été par la suite modifiée par les mouvements marginaux, ou est-ce l'inverse qui est vrai ? Les auditeurs sont invités à consulter le livre L'ombre du Galiléen de Theissen à ce sujet.

En somme, bien que son but fût purement commercial, Dan Brown a délibérément choisi un sujet provocateur pour attirer l'attention. En conséquence, il a abordé dans son roman des thèmes qui nécessitent d'être approfondis, par exemple la place de la femme dans la religion. Selon le conférencier, les autorités religieuses se doivent de répondre à ces questions, sans quoi les gens seront prêts à prendre au sérieux les réponses de Dan Brown beaucoup plus facilement, même si elles n'ont que peu de fondement historique.

Discussions et Questions

Dan Brown excommunié ?

Un auditeur mentionne que les conseillers du pape, sachant pertinemment que ce livre n'était qu'un roman, auraient tout de même décidé d'excommunier Dan Brown. Boglioni rectifie que Dan Brown n'a ni été excommunié, ni mis à l'index. Il admet toutefois que l'Église n'était pas du tout emballée par la parution de ce livre, mais ajoute qu'à l'annonce de la sortie du film cela a changé quelque peu. Les dirigeants l'Église officielle se sont dit qu'il s'agissait peut-être après tout d'une bonne occasion pour remettre les pendules à l'heure sur certaines idées. De même, les autorités de l'Opus Dei ont finalement conclu que le livre, en suscitant la curiosité des lecteurs pour leur organisation, les avait aidés plus qu'il ne leur avait nuit.

L'existence historique de Jésus

Boglioni n'a jamais remis en question l'existence même de Jésus au cours de la conférence. L'existence historique du Christ serait-elle donc prouvée ? Le conférencier répond qu'en tant historien il croit que l'existence du Christ est prouvée à 99 %, c'est-à-dire qu'il a existé hors de tout doute raisonnable un homme nommé Jésus. Évidemment, on ne peut l'affirmer avec certitude, l'histoire n'étant pas une science exacte, car non répétable. De plus, on est certainement incapable de reconstruire avec certitude la vie et les paroles du Christ. Tout ce qu'on peut savoir, c'est comment celui-ci a été perçu par les évangélistes. D'ailleurs, certains historiens ont abandonné la quête du Jésus historique, et se concentrent maintenant sur l'étude de la perception de celui-ci par ses contemporains.

Y aurait-il plus d'un Christ ?

Boglioni rejette rapidement l'hypothèse selon laquelle il y aurait plusieurs christs sur lesquels serait fondé le personnage décrit dans les Évangiles. Dans ce cas, affirme-t-il, on devrait pouvoir observer des écrits indépendants au sujet de chacun de ces hommes.

L'attrait du leader

On fait valoir qu'il est fort probable que Jésus ait eu une maîtresse, compte tenu du fait qu'il y a toujours des femmes intéressées à devenir la maîtresse du leader. Ainsi, dans les mouvements religieux contemporains, il n'est pas rare qu'un chef qui fait des discours en faveur de la chasteté ait tout de même des amantes. Boglioni répond qu'il y a effectivement dans l'histoire des rapports homme-femme complexes (par exemple la relation entre François et Claire d'Assise), mais pas de ce genre. Il parle aussi de l'importance de se débarrasser de ses idées préconçues pour accomplir un vrai travail d'historien, et d'oser aborder les idées taboues. Un doctorant de l'Université de Montréal, par exemple, a abordé dans sa thèse la possibilité de l'homosexualité de François d'Assise, bien que son éditeur ait refusé d'imprimer cette portion de la thèse.

Compte rendu rédigé par Anne-Sophie Charest.

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