Accueil » Ressources » Dictionnaire sceptique » Médecines parallèles

Médecines parallèles

(ou thérapies alternatives)

Pratiques médicales fondées sur des principes, méthodes, traitements ou connaissances non vérifiés et non scientifiques. La médecine dite parallèle est fréquemment étrangère à toute science et procède souvent de croyances métaphysiques. En fait, la plupart des médecines regroupées sous ce terme ne peuvent être vues comme "parallèles", car on ne saurait qualifier ainsi que des pratiques dont l'efficacité serait égale ou quasi égale aux pratiques médicales acceptées. Dans le cas de thérapies offertes en simultanéité avec des thérapies conventionnelles, on parlera plutôt de médecine "complémentaire".

On estime à 15 milliards de dollars américains le chiffre d'affaires annuel des médecines parallèles. Traditionnellement, la plupart des sociétés d'assurances ont toujours refusé d'en rembourser les traitements, mais certains assureurs comme l'American Western Life Insurance Company s'inscrivent dans une tendance nouvelle aux États-Unis. La société compte en effet un réseau de quelque 300 praticiens en acupuncture, aromathérapie, rétroaction biologique, chiropractie, phytothérapie, massothérapie, naturopathie, réflexologie et yoga, entre autres disciplines, présents dans différents états. De même, la Mutuelle d'Omaha rembourse le coût de traitements non chirurgicaux "parallèles" pour les cardiopathies. Il s'agit de la thérapie mise au point par le docteur Dean Ornish, interniste et directeur du Preventive Medicine Research Institute de Sausalito. Elle comporte un régime végétarien, ainsi que des séances de méditation et d'exercice physique. La Mutuelle d'Omaha s'est empressée de préciser qu'elle n'ouvrait pas la porte à toutes les formes de médecines "parallèles". Elle était simplement d'avis que le traitement du docteur Ornish avait fait la preuve de son efficacité.

Le bureau des médecines parallèles des National Institutes of Health des États-Unis a financé un certain nombre d'études sur des traitements non orthodoxes, entre autres l'utilisation du cartilage de requin contre le cancer et celle de l'extrait de pollen contre les allergies. Les thérapies dites parallèles les plus populaires sont la relaxation, la chiropractie, la phytothérapie et le massothérapie. Les praticiens de médecines parallèles n'effectuent que très peu d'études scientifiques dans leur domaine. D'ailleurs, bien d'entre eux méprisent la science, y préférant la métaphysique, la foi et la pensée magique.

En revanche, la publicité entourant nombre de produits douteux, présentés comme de véritables panacées, ou comme remèdes pour des maux graves tels que le cancer ou les maladies cardiaques, utilise un incroyable charabia pseudo-scientifique, et va jusqu'à s'approprier ou falsifier les résultats d'études scientifiques. Selon Jodie Bernstein, directrice du Bureau de la protection des consommateurs de la Federal Trade Commission des É.U., on reconnaît le baratin des charlatans aux signes suivants:

  • On vante le produit comme la solution rapide et efficace à toutes sortes de maux.
  • On utilise des termes comme "percée scientifique", "cure miracle", "produit exclusif", "ingrédient secret" ou "remède ancien".
  • On se sert d'un jargon médical impressionnant pour cacher le manque de fondement scientifique des prétentions liées au produit.
  • L'inventeur du produit prétend que le gouvernement, le corps médical ou l'establishment scientifique conspirent pour en interdire l'usage.
  • La publicité sur le produit donne des études de cas extraordinaires sans les accompagner de sources.
  • On prétend qu'on ne peut obtenir le produit que d'une seule source.

Autrement dit, il faut se méfier de ce qui est trop beau pour être vrai.


Daily Mail (Londres)

 

Les risques cachés des thérapies parallèles (21 déc. 1998)

Selon une récente étude, des traitements tels que l'homéopathie, l'acuponcture et la chiropractie peuvent causer des problèmes de santé pouvant mettre la vie des patients en danger. Des médecins généralistes ont rapporté aux chercheurs de la Faculté des médecines complémentaires de l'université d'Exeter des cas d'infections par le virus de l'hépatite B, de lésions aux nerfs, de réactions allergiques, et de retards dans le diagnostic de cas de cancer. La Faculté exige qu'on impose des contrôles plus serrés aux thérapies parallèles, qui n'ont pas fait l'objet de recherches adéquates, et pour la plupart desquelles aucune réglementation n'existe.


Parmi les 686 généralistes interviewés, un sur dix a signalé des effets indésirables graves que l'on soupçonne liés à des thérapies complémentaires. De plus, un tiers du groupe a rapporté des effets indésirables moins graves, comme des traitements inappropriés. Environ la moitié des effets indésirables graves, comprenant des lésions nerveuses, des compressions de l'épine dorsale et une aggravation des problèmes existants, résultaient de manipulations vertébrales, habituellement selon des techniques de chiropractie ou d'ostéopathie, d'après les résultats de l'enquête publiés dans l'International Journal of Risk and Safety in Medicine. Au tableau de l'acuponcture, on retrouve deux infections par le virus de l'hépatite B et une aiguille brisée qui est restée logée dans la plaie. L'aromathérapie a causé une réaction allergique, et un patient a subi des hallucinations graves à la suite de séances d'hypnothérapie.


L'homéopathie est responsable d'au moins une "mort évitable" par pneumonie, et on a signalé des retards dans le diagnostic de cas de cancer, de même que des asthmatiques qu'on a dû hospitaliser après qu'on leur a recommandé de cesser de prendre leurs médicaments.

 

Pourquoi les thérapies "parallèles" sont-elles si populaires?

En janvier 1993, le New England Journal of Medicine a publié les résultats d'une étude montrant qu'environ un tiers des adultes aux États-Unis. avaient suivi une forme non orthodoxe de traitement au cours de l'année précédente. Pourquoi les thérapies parallèles sont-elles si populaires? Plusieurs raisons entrent en jeu.

  1. En médecine parallèle, il n'est question ni de médicament ni d'opération chirurgicale. Bien des gens se détournent de la médecine conventionnelle parce qu'ils craignent la table d'opération ou les effets indésirables des médicaments. La médecine parallèle, au contraire, est attrayante parce qu'on n'y retrouve pas ce type de traitements. En outre, la médecine conventionnelle peut souvent causer du tort à ses patients. Les traitements de médecine parallèle sont habituellement moins risqués, moins susceptibles de causer un tort direct.

    Sous l'effet de la pensée sélective et du préjugé de confirmation, on peut facilement en venir à ne retenir que les cas où un chirurgien ampute le mauvais membre, excise la mauvaise partie du cerveau ou tue son patient par une surdose d'anesthésique ou de rayons ionisants. Malheureusement, on oublie ainsi les millions de personnes qui sont aujourd'hui bien portantes grâce à une opération chirurgicale ou un médicament. Ainsi, on se retrouve plongé dans un monde où des malades meurent après une opération de routine, finissent handicapés à cause d'une réaction indésirable à un médicament, ou deviennent victimes d'une infirmière psychotique qui tue ses patients "par compassion".

    La peur et la méfiance entourant les produits pharmaceutiques, les hôpitaux et les opérations ne sont pas dépourvus de fondement. Que ce soit par négligence professionnelle ou à la suite d'une réaction imprévisible et inévitable à un traitement, beaucoup de patients deviennent des victimes de la médecine traditionnelle. Pour des questions de nature juridique, médecins et hôpitaux se font avares de commentaires à propos des décès dont ils pourraient être responsables. La confiance envers l'art médical s'effrite chaque fois qu'on entend des nouvelles à propos de telles "mésaventures thérapeutiques".

    Ces mésaventures sont-elles fréquentes? Pour autant que l'auteur des présentes lignes le sache, on n'a mené aucune étude aux É.-U. sur la question. Une enquête menée dans l'état de New York en 1991 (la Harvard Medical Practice Study), a permis d'établir que près de quatre pour cent des patients subissaient des torts en cours d'hospitalisation, et que quatorze pour cent de ces patients mouraient, apparemment à la suite des mauvais traitements qu'on leur avait infligés. De ces données, Lucien L. Leape, médecin de Boston, a extrapolé le fait que jusqu'à 180 000 Américains mouraient chaque année des mauvais traitements subis aux mains de médecins ou d'infirmières. Pour bien faire comprendre l'ampleur du chiffre, il donne comme équivalent l'écrasement de trois gros porteurs aux deux jours ("Truth about human error in hospitals", par Abigail Trafford, éditeur du cahier Santé du Washington Post, repris par le Sacramento Bee, 21 mars 1995, p. B7).

    À l'opposé, les risques de voir un praticien de médecine parallèle, tel un homéopathe, infliger un tort réel à son client sont négligeables quand on les compare aux risques qu'on court aux mains d'un médecin conventionnel, qui prescrit des médicaments puissants et qui effectue des opérations risquées. En effet, l'homéopathe n'agit d'aucune façon concrète sur la santé de son patient. Puisque les dilutions homéopathiques sont peu susceptibles d'avoir le moindre effet, il n'y a pas grand risque qu'elles tuent jamais qui que ce soit. Les traitements de médecine parallèle sont essentiellement non interventionnistes, et les risques qui y sont associés ne sont pas d'ordre positif, mais négatif: le tort que pourrait subir un patient ne vient pas du traitement non traditionnel, mais de l'absence d'un traitement réel (pharmaceutique ou chirurgical) pouvant améliorer la santé du malade et prolonger sa vie.

    Il est vrai que la médecine conventionnelle comporte des risques (et même des risques graves), mais il n'est pas raisonnable de la rejeter entièrement sur une telle base. On ne peut raisonnablement faire fi des millions de diabétiques qui doivent leur vie à l'insuline, ou de tous ces gens à qui une opération a évité des douleurs incapacitantes, ou qui voient leur existence prolongée grâce aux connaissances du pharmacien et à l'habileté du chirurgien.

    Devant les risques bien réels que comportent les traitements médicaux conventionnels, il est bien plus logique de chercher à prendre en main sa propre santé. Aucun malade censé ne saurait vouer une confiance illimitée à son médecin, peu importe si celui-ci semble infaillible ou se présente comme tel. (Une grande amie de l'auteur, qui a atteint l'âge vénérable de 80 ans grâce aux pilules et à la chirurgie, s'amusait beaucoup à rappeler à son médecin que les initiales M.D. signifiaient "médecin démiurge".) On doit se renseigner sur les médicaments qu'on nous prescrit, participer davantage à son propre traitement, ce qui veut dire poser des questions, beaucoup de questions, et ne présumer de rien. On ne peut être sûr que le comprimé que l'infirmière nous tend est bien le médicament prescrit par le médecin. (Il suffit alors de demander: "C'est quoi, cette pilule?" On devrait être en mesure de savoir si on doit la prendre ou non.) Il faut chercher à obtenir l'opinion d'un deuxième et même d'un troisième médecin, ce qui est bien différent de chercher un médicastre prêt à dire ce qu'on veut entendre. Il faut effectuer des recherches, en apprendre plus long sur la maladie dont on souffre et les traitements qui s'y appliquent. On ne peut éliminer tout risque lorsqu'on dépend d'êtres humains sujets à l'erreur et aussi imparfaits que nous le sommes tous. Il est cependant possible de réduire grandement ce risque en se considérant comme responsable de sa propre santé et en se défaisant d'une attitude par trop passive. Avoir foi en la validité des traitements proposés est nécessaire, mais il ne doit jamais s'agir d'une foi aveugle. Si l'on doit vous amputer ou débloquer une de vos artères, assurez-vous que le chirurgien qui s'apprête à opérer ne pense pas qu'il doit vous retirer la vésicule biliaire. Le jeune homme à qui l'on devait amputer une jambe, et qui avait écrit "PAS CELLE-CI" sur la bonne, a sans doute bien fait rire le personnel en salle d'opération, et s'est attiré l'admiration de tous pour le cran dont il a fait preuve. Aux yeux du sceptique, par contre, il se démarque avant tout par son rejet de la foi aveugle.
     
  2. La médecine conventionnelle se montre souvent incapable de découvrir la cause d'une maladie ou de soulager les malades de leurs douleurs. L'argument vaut également pour les médecines parallèles, la différence étant qu'en médecine conventionnelle, on se gardera de se montrer optimiste si les traitements échouent. En médecine parallèle, les praticiens entretiennent souvent l'espoir de leurs clients même si leur situation est désespérée.
  3. Lorsque la médecine conventionnelle n'arrive pas à découvrir la cause d'un mal, elle n'est souvent pas en mesure d'offrir un traitement absolument efficace. Encore là, au contraire, la médecine parallèle entretient l'espoir même en l'absence d'un traitement sûr. On se rappelle, aux États-Unis, du cas de Pat Davis, lectrice de nouvelles d'une chaîne de télé, qui, malgré le fait qu'elle était atteinte du cancer, a interrompu ses traitements de chimiothérapie, optant plutôt pour la thérapie Gerson. Elle s'est astreinte à une diète de légumes et de jus de légume verts, d'exercices et de lavement au café (quatre par jour), préconisée par le docteur Max Gerson. La mère de Davis atteinte à deux reprises du cancer du sein, avait dû subir la chimiothérapie et une mastectomie. Pat Davis connaissait les dangers de la chimiothérapie et les effets de l'ablation du sein, et refusait de croire qu'il n'y avait aucun autre choix dans son cas. La thérapie du docteur Gerson lui avait redonné espoir. Lorsqu'il est devenu clair qu'elle était inefficace, Pat Davis a accepté de revenir à la chimiothérapie. Elle est morte quatre mois plus tard, le 20 mars 1999, à 39 ans, au bout de deux ans et demie de combat contre le cancer. La chimiothérapie, appliquée plus tôt, aurait-elle pu la sauver? Peut-être. Ses chances étaient sans doute faibles, mais la médecine conventionnelle était son seul espoir, et la thérapie de Gerson ne constituait qu'un mirage.
     
  4. Les médecines parallèles ont souvent recours à des remèdes "naturels". Nombreux sont ceux qui croient que ce qui est naturel est nécessairement meilleur et plus sûr que ce qui est artificiel (comme les produits pharmaceutiques). Ce qui est naturel n'est pas nécessairement bon pour la santé. Bien des substances présentes dans la nature peuvent constituer un véritable danger pour l'être humain. D'autre part, bien des produits naturels se révèlent inefficaces, ou sans grande valeur pour la santé et le bien-être.
     
  5. Les médecines parallèles sont souvent moins chères que la médecine conventionnelle, ce qui les rend intéressantes pour les organisations de soins de santé intégrés et les sociétés d'assurance, qui comprennent qu'il sera moins onéreux, et par conséquent plus rentable de les offrir à leurs clients. Si les médecines "parallèles" pouvaient réellement concurrencer la médecine, personne n'aurait intérêt à payer davantage pour des traitements de valeur égale. Mais les traitements de médecine parallèle ne constituent pas vraiment des solutions de rechange, puisqu'ils ne sont pas aussi efficaces que de vrais traitements médicaux. Ainsi, le fait qu'ils sont moins chers ne constitue pas un véritable avantage.
     
  6. Certains paliers de gouvernement sanctionnent les médecines parallèles en réglementant leurs pratiques, allant même, parfois, jusqu'à protéger ceux qui les proposent au public contre les contestations venant de la médecine conventionnelle. En 1987, par exemple, les chiropraticiens des États-Unis ont remporté une victoire devant les tribunaux contre l'American Medical Association, qui cherchait à limiter leurs activités. Un juge fédéral a interdit de façon permanente à l'AMA de "gêner la pratique de la chiropractie". Certains voient une légitimation des médecines parallèles dans le fait que des gouvernements leur accordent des licences et qu'ils réglementent leurs activités. En fait, de telles mesures visent surtout à protéger le public contre les fraudeurs et les charlatans.
     
  7. Pour bien des praticiens de la médecine conventionnelle, c'est la maladie, et non le malade, qui passe en premier. En médecine parallèle, on offre des traitements "holistiques", prétendument axés sur le corps, l'esprit et l'âme du patient. Ce genre de liens entre la santé et la métaphysique ou la foi trouvent un écho chez bien des malades, qui se plaignent, par ailleurs, du manque d'empathie des médecins ordinaires.

    Souvent, les médecins se spécialisent, et voient des centaines, voire des milliers de patients défiler dans leurs bureaux, cachés au fond de grands établissements de soins de santé. En médecine parallèle, au contraire, les consultations se donnent surtout dans de petits bureaux ou à la maison, et le nombre de patients est bien moins élevé. Fait encore plus important, ceux et celles qui consultent un médecin ordinaire ne se soucient habituellement pas de ses opinions religieuses ou métaphysiques, tandis qu'en médecine parallèle, les patients se montrent souvent attirés par la personnalité et la vision du monde de la personne entre les mains de laquelle ils se confient. Par exemple, le diabétique qui va voir un endocrinologue ne cherchera sans doute pas à savoir ce qu'il pense du chi, ou d'autres sujets de nature spirituelle. Qu'importe si le spécialiste croit ou non en Dieu ou en l'existence de l'âme? Ce qui compte, ce sont ses connaissances et son expérience. Si, par surcroît, il s'agit d'une personne ouverte et chaleureuse, tant mieux. Un homéopathe distant et indifférent à ses malades n'aura pas grand clientèle, alors qu'un médecin spécialiste présentant une attitude identique pourra à peine suffire à la demande s'il connaît bien sa discipline.
     
  8. On ne semble pas comprendre que la médecine souffre du même problème que tous les autres champs de connaissances: elle n'est pas parfaite. Il s'ensuit, bien entendu, qu'on doit toujours s'efforcer de la parfaire. Or, les systèmes de pensée fondamentalement métaphysiques ne peuvent être soumis à l'épreuve du réel; ils sont tout simplement infalsifiables. Une fois établis, ils acquièrent la rigidité du dogme, et ne peuvent changer. La seule façon de transformer un dogme, c'est de commettre une hérésie, de créer un schisme, et d'établir son propre système dogmatique. Au contraire, quand on constate que la médecine scientifique se trouve dans l'erreur, on trouve toujours le moyen de rectifier la situation; les traitements et pratiques inefficaces ou nuisibles finissent par être rejetés.

    Les traitements et pratiques de la médecine parallèle reposent souvent sur la foi en des entités métaphysiques comme le chi. Ils se prêtent à des hypothèses ad hoc qui permettent de balayer sous le tapis les échecs et l'inefficacité. Dans le domaine de la médecine scientifique, par contre, règnent la controverse, la remise en question des faits établis, la discussion et même les différends, mais surtout, l'épreuve et la contre-épreuve. Dans une science imparfaite, il est inévitable que des êtres humains faillibles prennent de mauvaises décisions, mais avec le temps, on découvrira leurs erreurs, et des traitements longtemps considérés comme les meilleurs finiront pas céder la place à des pratiques plus efficaces. La médecine est appelée à croître, à progresser, à changer de façon spectaculaire. L'homéopathie, l'iridologie, l'aromathérapie, le toucher thérapeutique, quant à eux, demeurent figés dans le temps. Les praticiens de ces disciplines ne se remettent pas en question, comme l'exige la vraie médecine. En règle générale, ils ne font rien d'autre que renforcer leurs croyances mutuelles.
     
  9. Les thérapies parallèles relèvent de la pensée magique. Des idées sans fondement scientifique comme la magie sympathique sont populaires parmi les rangs des praticiens de médecine parallèle et leurs clients. Certains rejettent la médecine conventionnelle simplement parce qu'elle n'est pas magique. Il peut sembler parfois que la médecine accomplit des miracles, mais ces miracles reposent sur la science, pas la foi.
     
  10. La principale raison pour laquelle on se fie aux médecines parallèles, cependant, c'est qu'on croit qu'elles "marchent". Après son traitement, le patient se sent mieux, plus en santé, "énergisé", etc. Mais les malades qui prétendent que les médecines parallèles "marchent" n'expriment rien d'autre que leur propre satisfaction. Pour bien des praticiens, une clientèle satisfaite constitue la preuve suprême de leur pouvoir de guérison. Pourtant, il peut arriver bien des cas où l'état de santé d'un malade va s'améliorer de lui-même, sans la moindre forme d'intervention. Comme cette amélioration vient après la prise de granules homéopathiques ou une séance de toucher thérapeutique, on établit trop vite une relation de cause à effet (voir erreur post hoc et l'erreur régressive). Dans bien des cas, le succès thérapeutique procède uniquement de l'effet placebo. Il peut également arriver que le traitement conventionnel fasse plus de tort que de bien, et que c'est son abandon qui produit une amélioration, plutôt que l'application d'un traitement de médecine parallèle. (Avant qu'on applique l'asepsie en chirurgie militaire, les aumôniers remportaient parfois plus de succès que les médecins sur les champs de bataille, car ils ne nuisaient en rien au processus de guérison naturel des blessés, alors que les médecins, eux, infectaient souvent les plaies qu'ils pansaient.)

    Qu'en est-il des cas où c'est le traitement conventionnel qui guérit le malade, mais où l'on attribue la guérison à la médecine parallèle, utilisée concurremment? N'oublions pas non plus que certaines guérisons n'ont strictement rien d'objectif; il peut y avoir eu erreur de diagnostic au départ. En outre, on ne peut considérer comme preuve du caractère adéquat d'une thérapie le fait que le sujet qui s'y soumet se sent mieux. Les effets psychologiques subjectifs d'un traitement ne doivent pas être confondus avec les améliorations objectives de l'état de santé. À l'inverse, il est possible qu'un sujet pense aller mieux alors que sa santé se détériore.
     
  11. Enfin, un grand nombre de partisans des traitements parallèles refusent de reconnaître leurs échecs. Lorsque le comédien Pat Paulsen est décédé du cancer malgré un traitement non conventionnel à Tijuana, au Mexique, sa fille a continué de croire à la valeur du traitement. La seule raison pour laquelle son père était mort, d'après elle, c'était qu'il n'y avait pas recouru assez tôt. Une telle croyance est fréquente parmi les personnes désespérées et vulnérables, qui forment la clientèle habituelle de la médecine parallèle.

Selon une étude menée par des chercheurs de l'hôpital John Hopkins de Baltimore sur un groupe de 6000 patients chez qui on avait diagnostiqué un cancer, il y avait eu erreur de diagnostic dans un cas sur 71 (soit un taux d'erreur de 1,4%) Voir "Misdiagnosing Cancer", par John McKenzie, le 9 mai 2001, ABCNews.com.

 

 


Lectures suggérées :
  • Pourquoi les fausses thérapies sont souvent efficaces, par Barry L. Beyerstein, Ph.D.
     
  • Medical Suburban Myths (Tiré du site Suburban Myths [en anglais])

    Mythe no 2. Les médicaments d'ordonnance constituent l'une des principales causes de décès.

    Mythe no 3. La plupart des traitements médicaux n'ont jamais fait l'objet d'études cliniques.

    Mythe no 19. Règle générale, les médecins ne connaissent rien à la nutrition.

    Mythe no 21. Les guérisons miraculeuses sont possibles.

    Mythe no 22. Le docteur Randolph Byrd a prouvé de façon scientifique que la prière peut guérir.

    Mythe no 23. Même si le docteur Randolph Byrd n'a pu prouver de façon scientifique que la prière peut guérir, d'autres y sont parvenus.

    Mythe no 25. Les organes transplantés transfèrent à leurs receveurs des traits de caractères du donneur.

    Mythe no 31. Les crimes, les manifestations de maladies mentales, les suicides et la fréquentation des services d'urgence augmentent les soirs de pleine lune.

    Mythe no 43. Le nombre de suicides augmente durant les vacances.

    Mythe no 46. La cigarette légère réduit l'exposition aux produits cancérigènes présents dans la fumée de cigarette.

    Mythe no 47. Le vaccin ROR (contre la rougeole, les oreillons et la rubéole) cause l'autisme chez les enfants à qui on l'administre.

 


Document:

Prenons garde aux thérapies dites alternatives, par Ken Holland
(Extrait du Québec Sceptique no 25, page 31, printemps 1993.)

 

Vidéo:

Conférence de Jean Brissonnet (pseudo-medecines.org) : Les pseudo-médecines.
Ressources de lObservatoire Zététique

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

Haut de page
© 2014 Robert Todd Carroll (version anglaise)
© 2014 Les Sceptiques du Québec, inc. (version française)