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Astrothérapie

 

La pertinence de l’astrologie… ne tient pas à sa capacité de prédire ce que les dieux réservent aux humains, mais plutôt au fait qu’elle révèle les pouvoirs quasi-divins qui dorment dans les profondeurs de tout être humain.
Glen Perry, Ph.D.
 
Les questions du vrai ou du faux relèvent du domaine du rationnel et n’ont rien à voir avec le domaine de l’imaginal  (sic)… Prétendre qu’une relation Lune/Saturne implique nécessairement la dépression, alors qu’une relation Mars/Pluton serait explosive (en d’autres mots, prétendre que ces effets sont absolument vrais), revient à déprécier l’imaginal et à lui enlever tout pouvoir thérapeutique… Le fait de concevoir l’astrologie comme une discipline imaginale élimine définitivement la question de savoir si celle-ci est vraie ou non, éliminant ainsi à peu près toute la fureur de ceux qui la critiquent (sic).
 
J’ignore pourquoi je crois à ce en quoi je crois, puisque cette croyance provient du cœur et non de la raison.      
 
L’astrologie fait partie de notre passé ; mais les astrologues n’ont jamais fourni une raison plausible quant à son rôle dans notre futur.
     I.W. Kelly
 

L’astrothérapie utilise l’astrologie comme guide pour la transformation de la personnalité, la prise de conscience et la sublimation de soi. L’astrologie est prise en compte pour sa capacité d’aider dans les cures et la croissance psychologique. À ce que je sache, la fonction d’astrothérapeute n’est pas officiellement reconnue. Ce terme est utilisé pour désigner conseillers et thérapeutes en tout genre qui utilisent l’astrologie dans leurs consultations et thérapies.

Selon les tenants de l’astrothérapie, la plupart des critiques de l’astrologie ne comprennent pas comment la destinée humaine est liée à l’état des cieux. Frederick G. Levine, auteur d’un livre intitulé The Psychic Sourcebook : How to Choose and Use a Psychic (New York : Warner Books, 1988), affirme que les astrologues modernes sont plus holistiques que leurs prédécesseurs.  L’astrologue contemporain ne croit pas en une notion aussi frustre et directe que celle d’une relation de cause à effet entre les corps célestes et la destinée d’une personne. Il ou elle croît en l’interrelation entre toutes choses.

 Il existe une chose telle que de grands flux d’énergie qui gouvernent toutes les interactions dans l’univers et… ces flux ou ces cycles transparaissent dans le mouvement des étoiles et des planètes de la même façon qu’ils influencent le mouvement des peuples et des cultures. Ainsi, les mouvements des planètes ne sont pas la cause des événements terrestres ; ces mouvements reflètent tout simplement des configurations universelles. 

Pour justifier ses affirmations, Levine cite Linda Hill, dont le mérite, dit-il, est ‘’d’avoir agi comme consultante en astrologie à New York pendant 14 années’’. Ainsi, Mme Hill affirme : ‘’Je ne pense pas que quiconque sache exactement pourquoi cela fonctionne ; c’est un fait que ça fonctionne. Carl Jung parlait de synchronicité. Il s’agit tout simplement de synchronisation… Nous sommes en quelque sorte synchronisés aux configurations célestes qui prévalaient au moment de notre naissance.’’

Bref, l’astrothérapie utilise l’astrologie comme une sorte de révélateur de la personnalité qui serve à réveiller les forces créatives d’une personne, à puiser dans l’inconscient et y découvrir des croyances cachées, des pulsions, des vérités et peut-être même la synchronisation cosmique d’une personne.

On désigne Dave Rudhyar comme le père de l’astrothérapie. En 1930, il a appliqué des concepts de la psychologie de Jung à l’astrologie. Il appréciait la notion de Jung qui veut que la psyché recherche son intégration psychique (ou ‘’individuation’’) ; ce que révèle un horoscope. 

Les travaux de Rudyhar sont prolongés aujourd’hui par Glen Perry, qui se vante de posséder un doctorat en psychologie clinique. Doctorat décerné par le Saybrook Institute de San Francisco, une école régionale reconnue (WASC) [VÉRIF. !!!] qui ‘’se consacre à l’épanouissement de l’esprit humain et des valeurs humaines dans la société’’. Dans l’astrothérapie, affirme le Docteur Perry, ‘’l’astrologie est utilisée pour susciter l’empathie à l’égard de la vie intérieure du client et de ses symptômes, afin de faciliter la croissance des facteurs positifs de sa personnalité et leur plein épanouissement’’. Il pense que l’astrologie constitue à la fois une théorie de la personnalité et un outil diagnostique ; en ne soumettant par ailleurs aucune preuve ou argument permettant de soutenir cette affirmation. Voici un exemple illustrant comment l’astrothérapie utilise l’astrologie :

 …une opposition de Saturne à Vénus dans la carte du ciel d’une personne indique non seulement ‘’des malheurs en amour’’, mais aussi la possibilité d’un amour profond, durable et responsable, y compris la patience et la détermination permettant de surmonter tous les obstacles. Bien que la réalisation de ce potentiel implique des épreuves et des souffrances, le fait de prédire seulement des épreuves et des souffrances en passant sous silence les avantages éventuels c’est faire preuve au mieux de négligence et, au pire, d’une attitude dangereuse. 

Comment Perry s’y prend pour savoir de telles choses n’est pas clair. D’autres de ses affirmations, toutes aussi profondes, ne requièrent ni argument ni preuve car elles sont vagues : ‘’Un horoscope révèle le genre d’adulte qu’un individu peut devenir’’. D’autres de ses prétentions s’avèrent tout à fait inintelligibles : ‘’Ce qu’un individu éprouve comme une situation ou une relation compliquée peut être interprété dans sa carte du ciel comme un aspect de sa psyché. Ainsi, l’horoscope indique les fonctions qui sont déficientes ou éventuelles, et dans quelles circonstances (ou maisons) ces fonctions seront actualisées’’.   Il s’agit tout simplement selon Perry : ‘’d’aider le client à réaliser les potentiels que révèle son horoscope’’. Les moyens analytiques systématiques et méthodologiques qu’il utilise pour corroborer cette notion ne sont pas mentionnés ; encore moins lorsqu’il s’agit de vérifier la symbolisation propre à chaque horoscope. Il semble toutefois s’appuyer fortement sur des concepts psychologiques mis de l’avant par Jung et Freud.

Un autre astrothérapeute, Brad Kochunas, affirme que le fait d’appliquer l’astrologie à la vie intérieure d’une personne plutôt qu’à ses comportements présente l’avantage de ne pas exposer l’astrologie à la science, domaine où elle ne réussit pas très bien lorsqu’on la soumet à un strict examen. Kochunas désigne cette préoccupation pour la psyché comme ‘’la dimension imaginale’’ et indique que :

 …celle-ci ne se préoccupe pas de savoir si quelque chose est vrai ou faux, mais plutôt de ce qui est utile en regard de la tâche à accomplir. Les questions de vrai ou faux appartiennent au domaine du rationnel et n’ont rien à voir avec la valeur de la dimension imaginale. C’est la valeur fonctionnelle et non la valeur factuelle qui est primordiale dans une perspective imaginale. Est-ce que quelque chose fonctionne pour une personne ? Est-ce que cette chose donne une profondeur, une signification, une valeur ou un objectif à un individu ou à une collectivité ? Si oui, il ne faut pas se préoccuper de sa déficience culturelle, cette chose est valable.

Et c’est alors qu’il cite avec enthousiasme le livre de Barbara Sproul : Primal Myths (San Francisco : Harper & Row, 1979). Au moins Kochunas, contrairement à Perry, a le mérite de situer clairement l’astrothérapie dans le domaine de la mythologie et proclame hautement qu’elle s’inscrit en dehors du domaine scientifique. Son message semble tout à fait simple et clair : si vos clients sont satisfaits, alors votre mythe est valable. Max Heindel, par contre, étend l’astrothérapie à toutes les formes de guérison et qualifie celle-ci de science, déclarant qu’elle répond à deux lois fondamentales : ‘’ la Loi de la compatabilité’’ [sic] et ‘’la Loi de la réceptivité systémique’’ [re-sic].   Une brève citation de Heindel suffira à convaincre le lecteur astucieux pourquoi je ne m’embarrasserai pas de revoir ces ‘’lois’’.

 Au moment de la conception d’une personne, la Lune se trouvait dans une position qui serait ascendante au moment de la naissance (ou dans la position opposée). Le corps vital constituait alors dans le sein de la mère une matrice dans laquelle les éléments chimiques allaient construire le corps physique. Le corps vital émet un son qui ressemble au bruissement d’un bourdon. Au cours de la vie, ces ondes sonores éthériques attirent et répartissent les éléments contenus dans notre alimentation de façon à former nos organes et nos tissus. Tant et aussi longtemps que ces ondes sonores éthériques dans notre corps vital restent en harmonie avec la tonalité note de base de l’archétype, les éléments chimiques dont nous nourrissons notre corps physique sont utilisés correctement et assimilés ; dès lors nous restons en santé, peu importe que nous soyons mince ou corpulent, que nous ayons le teint rougeaud ou cireux, en fait quelle que soit notre apparence extérieure. Mais, aussitôt que les ondes sonores du corps vital s’éloignent de l’archétype de la note fondamentale, ces dissonances suscitent une répartition des éléments chimiques de notre alimentation qui n’est pas compatibles avec les lignes de force de l’archétype…
 
La règle générale est la suivante : Pendant la période qui va de la Nouvelle Lune à la Pleine Lune, les facteurs stimulants produisent des effets plus importants que les facteurs sédatifs dont les effets sont alors plus faibles. La diminution des facteurs stimulants entraîne l’augmentation des facteurs sédatifs. Il y a cependant une exception : Quand la Lune montante s’approche d’une conjonction avec Saturne, on observe des effets stimulants accrus alors que les effets sédatifs sont plus limités. 

On ne nous indique évidemment pas d’où proviennent ces antiques théories et on doit tenter soi-même de découvrir l’origine de ces conceptions. On cherchera en vain quoi que ce soit qui ressemble à des données scientifiques dans les écrits de Heindel. On constate toutefois qu’il croît en "the music of the spheres".

Que peut-on penser de cette nouvelle astrologie qui prétend s’inscrire dans un domaine qui échappe à la vérification empirique et au-delà de toute préoccupation concernant le vrai et le faux ? Pour les astropsychologues, il s’agit d’un progrès ; mais, pour ceux d’entre nous qui préfèrent s’en tenir aux illusions de la terra firma, l’astrothérapie ne constitue qu’une autre des nombreuses ‘’crazy’’ therapies.

 

 

Traduit par Robert Robert

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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