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Co-dépendance

Vous êtes certainement co-dépendant quand, au moment de mourir,
c'est la vie de quelqu'un d'autre qui défile devant vos yeux.

 

La co-dépendance est un terme utilisé pour décrire une sorte d'addiction, une addiction à la relation. On dit qu'une personne souffre de co-dépendance lorsqu'elle se soucie d'une personne aimée qui souffre d'une réelle dépendance aux drogues ou à l'alcool. Le comportement de la personne aimante est vue comme un empêchement à la guérison de la personne souffrant d'addiction, car elle lui permettrait de conserver sa dépendance. Le mouvement contre la co-dépendance voudrait démontrer que tous les soins prodigués à des personnes intoxiquées seraient pathologiques.

....le mouvement de co-dépendance... ne reconnaît ni ne confronte les réalités sociales et économiques de la vie des gens. Il ne distingue pas les dépendances saines et désirables (l'amour et le besoin des autres) de celles qui sont imposées par une situation économique (comme le fait de ne pas avoir les ressources financières pour quitter un conjoint violent). Il parle du respect de soi comme s'il s'agissait de l'air contenu dans un ballon, quelque chose qui peut être gonflé ou dégonflé par la force de la volonté, sans relation avec ce que les gens font, à leurs expériences dans le monde, au contexte de leurs vies.
Carol Tavris

Ce modèle de co-dépendance a été popularisé par les écrits de plusieurs auteurs, notamment de Melody Beattie (Codependency No More), Pia Mellody (Facing Codependency), Robin Norwood (Women Who Love Too Much) et Anne Wilson Schaef (Codependency, Misunderstood, Mistreated). Selon ces personnes, la personne co-dépendante souffre d'une piètre estime de soi due probablement à des abus durant l'enfance. Elles (ce sont surtout des femmes) prennent soin d'une personne intoxiquée pour se sentir méritoire. La personne co-dépendante, selon ces auteurs, peut être aidée, tout comme les autres souffrant d'une addiction, par le programme en 12 étapes des Alcooliques Anonymes.

Certains voient la co-dépendance comme une pathologie en soi, et certains thérapeutes, surtout ceux qui se donnent le titre de « conseiller familial », ont tendance à penser que des abus commis dans l'enfance seraient la cause de la plupart des problèmes personnels. Leur modèle serait le suivant : les abus commis sur les enfants provoqueraient une faible estime de soi chez ces derniers, ce qui les amènerait plus tard à abuser des drogues, de l'alcool et également des autres personnes. Si seulement tous avaient des enfances heureuses, sans abuseurs, tous auraient des vies merveilleuses rendus à l'âge adulte. La personne aux prises avec des problèmes -- le drogué, le co-dépendant, la personne souffrant d'addiction sexuelle ou de toute autre -- serait une victime. Ces personnes -- des victimes -- auraient besoin d'aide. Les plans d'assurance devraient payer pour cette aide. Les conseillers thérapeutes devraient toujours avoir une longue liste d'attente de personnes souffrant d'addictions/victimes couvertes par leurs polices d'assurance afin de pouvoir faire traiter leur « maladie ». La société devrait soutenir le travail de ces conseillers parce qu'ils sont pleins de bonnes intentions et que, contrairement à nous, ils ne sont pas dans le déni. Ils ne sont surtout pas dans le déni du fait qu'un modèle unique, celui du malade souffrant d'addiction, pourrait réellement correspondre à tous les alcooliques, drogués et autres ayant une addiction à n'importe quoi.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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