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Biais de confirmation

C'est la curieuse et perpétuelle erreur de compréhension humaine d'être plus ému
et excité par les affirmations que par les négations.

 

Le biais de confirmation fait référence à la pensée sélective qui fait que quelqu'un a tendance à noter et à chercher ce qui confirme ses croyances, et à ignorer, ne pas rechercher, ou sous-estimer l'importance de ce qui les contredit. Par exemple, si quelqu'un croit qu'il y a une recrudescence d'accidents à la pleine lune, il remarquera les accidents qui se passent à la pleine lune, mais fera moins attention à ceux qui arrivent à d'autres périodes du mois. Une tendance à faire ceci sur une longue période de temps renforce de façon injustifiée la croyance en cette relation entre pleine lune et accidents.

Cette tendance à accorder plus d'attention et de poids aux données qui appuient nos idées préconçues et nos croyances qu'à celles qui les contredisent est particulièrement pernicieuse lorsque nos idées préconçues et nos croyances ne sont que des préjugés. Si nos croyances sont fermement établies sur des preuves solides et des expériences valides qui les confirment, cette tendance à donner plus d'attention et de poids aux données qui cadrent avec nos croyances ne devraient pas nous égarer; en règle générale. Bien sûr, si nous devenons aveugle aux preuves qui réfutent complètement une hypothèse préférée, nous franchissons alors la ligne entre être raisonnable et être borné.

De nombreuses études ont démontré que les gens accordent généralement une importance excessive aux données confirmantes, c'est-à-dire aux données qui sont positives ou qui appuyent une position (Gilovich, ch. 3). Thomas Gilovich émet l'hypothèse que la “raison la plus probable pour expliquer cette influence excessive de l'information confirmante est qu'elle est plus facile à traiter, cognitivement parlant.” Il est plus facile de voir comment une donnée appuie une position que de voir comment elle pourrait la contredire. Prenez comme exemple une expérience typique de perception extra-sensorielle (PES) ou d'un rêve apparemment prémonitoire : les réussites sont souvent sans ambigüité ou les données facilement triturées pour paraître positives, alors que les échecs demandent un effort intellectuel pour être même perçus en tant que tels ou pour les considérer comme significatifs. Il a été montré que la tendance à accorder plus d'attention et de poids au positif et à ce qui confirme influence la mémoire. Lorsqu'on se creuse la mémoire pour trouver des données en rapport à une hypothèse, il y a plus de chance que nous nous rappelions ce qui confirme cette hypothèse (Gilovich).

Les chercheurs sont parfois coupables de biais de confirmation en construisant leurs expériences ou groupant leurs données d'une façon qui tend à confirmer leurs hypothèses. Ils compliquent le problème en procédant de manière à éviter de traiter les données qui contredisent leurs hypothèses. Par exemple, les parapsychologues sont tristement célèbres dans leur utilisation du démarrage et fin à la demande dans leurs recherches sur la PES. Beaucoup de chercheurs en sociologie sont aussi coupables de biais de confirmation, particulièrement ceux qui cherchent à établir des corrélations entre des variables ambigües, comme l'ordre de naissance et les “idées extrémistes”, pendant des périodes historiques définies arbitrairement. Si vous définissez le début et la fin d'un ensemble de données concernant l'idée de l'évolution comme l'a fait Frank Sulloway dans Born to Rebel, vous arrivez à obtenir des corrélations significatives entre l'ordre de naissance fonctionnel et la tendance à accepter ou rejeter la théorie de l'évolution. Néanmoins, si vous commencez avec Anaximandre et terminez avec St. Augustin, vous obtiendrez des résultats très différents, puisque cette idée était totalement rejetée pendant cette période. Ou si vous considérez comme une “idée extrémiste” quelque chose comme Creation (Omphalos) : an attempt to untie the geological knot (1857) de Philip Henry Gosse, votre hypothèse ne sera pas confirmée. Gosse allait plus loin que Darwin dans sa tentative de réconcilier les données géologiques avec le créationisme, mais Gosse est pratiquement oublié, parce que l'idée extrémiste que Dieu aurait tout créé y compris les fossiles, au même moment, était universellement rejetée. Gosse a essayé de réconcilier les données scientifiques, qui indiquaient que la Terre était très vieille, avec ce qui était devenu le point de vue orthodoxe que Dieu avait tout créé en 4004 av. J.C., comme l'avait calculé l'archevêque Ussher. Ni les aînés, ni les autres ne semblent avoir été impressionnés par cette idée extrémiste.

Les expérimentateurs peuvent éviter ou réduire le risque de biais de confirmation en collaborant dans la construction de leurs expériences avec des collègues qui ont le point de vue opposé. Les personnes doivent se remémorer en permanence cette tendance et rechercher activement des données contredisant leurs croyances. Ce comportement n'étant pas naturel, il semble que le quidam est condamné à ce biais.

 

 

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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