DHEA

DHEA

Hormone stéroïde dérivée du cholestérol. La DHEA, ou déhydroépiandrostérone, est produite par les glandes surrénales. Le corps la convertit ensuite en androgènes et oestrogènes, dont elle est le précurseur. La production de DHEA culmine au début de l’âge adulte et décline ensuite avec le temps, chez l’homme comme chez la femme. Il s’en suit que beaucoup de maladies liées au vieillissement sont corrélées avec une faible production de cette hormone. De là à conclure que la prise de DHEA pouvait ralentir les effets du temps, il n’y avait qu’un pas à franchir. Pourtant, aucune preuve scientifique ne montre qu’une faible production du DHEA est un facteur étiologique déterminant dans les maladies associées au vieillissement. Il n’y a aucune preuve non plus qu’un apport de DHEA freine ou renverse le processus de vieillissement.

Pendant des années, on a présenté la DHEA comme la solution miracle en matière de perte de poids, à partir d’études indiquant que l’hormone permettait de maîtriser l’obésité chez le rat et la souris. On a aussi annoncé des résultats prometteurs, toujours chez des rongeurs, au sujet du cancer, de l’artériosclérose et du diabète. Malheureusement, rien d’aussi brillant n’a été rapporté chez l’homme. Malgré tout, on nous présente les suppléments de DHEA comme bénéfiques pour de nombreuses problèmes chroniques tels que «les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, les troubles du système immunitaire, la dépression et l’ostéoporose». Donnons plutôt l’heure juste: on ne sait que très peu de choses sur la DHEA. Les effets d’une automédication à long terme pourraient être positifs, neutres ou négatifs, mais il est peu probable que des suppléments de DHEA agissent de la même façon chez tout le monde. Des taux plus élevés pourraient bien produire une augmentation de la testostérone, qui entraînerait une dilatation de la prostate chez l’homme, et l’apparition de pilosité faciale chez la femme. Une augmentation d’œstrogènes peut peut-être prévenir l’ostéoporose ou les maladies coronariennes, mais elle pourrait également entraîner un plus grand risque de cancers du sein. Autrement dit, prendre de la DHEA, c’est jouer avec sa vie à partir de données fort peu substantielles.

Les partisans de la DHEA citent les travaux de la docteure Elizabeth Barrett-Connor, présidente de la faculté de Médecine préventive de l’Université de Californie à San Diego, où elle enseigne également, comme preuve de l’efficacité de l’hormone contre les maladies cardio-vasculaires. Pourtant, Mme Barrett-Connor a déclaré: «La DHEA, c’est la patamédecine des années 1990. Je n’aime pas du tout penser qu’il y a des gens qui utilisent une substance dont on ne sait à peu près rien. Personnellement, je n’en recommande pas l’usage» (Skerret, 1996).

De fait, les principaux défenseurs de la DHEA sont ceux qui en vendent, ou qui font leur pain et leur beurre avec toutes sortes d’ouvrages sur la «guérison naturelle».

 

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Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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