Apocalypse

(et Sectes apocalyptiques)

Fin du monde, le plus souvent envisagée sous la forme d'un gigantesque cataclysme. L'Apocalypse (du grec ancien pour révélation,) est le dernier livre du Nouveau Testament; on l'a longtemps vu comme une série de révélations sur la fin des temps. On a déjà assisté à la formation de groupes religieux autour de leaders charismatiques qui persuadent leurs fidèles que l'apocalypse approche.

Le concept de fin du monde est souvent associé avec l'idée d'un jugement dernier, effectué par une entité toute-puissante et t ranscendantale qui récompensera les bons et réservera la damnation éternelle aux méchants. Comme il y a du bon et du mauvais dans la plupart d'entre nous, peu importe la définition de ces termes qu'on emploie, on imagine à l'avance le problème. Les prophètes de malheur se réfèrent habituellement à un livre sacré quelconque renfermant des prophéties eschatologiques formulées de façon aussi peu claire que possible. Différents livres de la Bible, par exemple, ont servi aux alarmistes de tout poil depuis leur rédaction, il y a fort longtemps.

Quelques catastrophistes, peut-être par esprit de clocher, limitent parfois le grand cataclysme à leur petit coin du monde.

Parmi ceux qui attendent l'apocalypse avec le plus de ferveur, on retrouve souvent des adeptes des religions judéo-chrétiennes. Bien des chrétiens croient à la bataille finale, Armageddon, entre les forces du Bien, menées par Dieu même, et les forces du Mal, sous l'emprise de Satan. On ne pourra assister à l'événement, quelque part dans l'État actuel d'Israël, qu'à titre de participant (à vous de choisir le bon camp tout de suite). On ne sait trop comment les milliards d'êtres humains pourront se retrouver tous dans un espace aussi restreint, mais les théologiens ont sans doute trouvé une solution satisfaisante pour leur clientèle, fort peu exigeante au demeurant.

La fin du monde a été prédite à maintes reprises par quantité de visionnaires. Tout semble indiquer qu'ils se sont trompés jusqu'à présent, ce qui fait singulièrement baisser les chances qu'une prédiction quelconque à ce sujet fasse mouche. Dans certains cas, comme celui des Témoins de Jéhovah, l'erreur s'est répétée tant de fois qu'on a renoncé, en fin de compte, à toute prédiction précise, se contentant de répéter que la fin est proche. Autre exemple récent: la secte Strong City, menée par Michael Travesser (alias Wayne Bent), qui affirme qu'il est le Messie, et qui a déjà placé la fin des temps au 31 octobre 2007.

On ne se fie pas toujours à des signes surnaturels en matière de fin du monde; un alignement des planètes peut très bien faire l'affaire. La voyante Jeanne Dixon a ainsi prédit le cataclysme final pour le 5 février 1962.* Selon John Gribbin et Stephen Plagemann, auteurs de L'Effet Jupiter, une série de séismes dévastateurs attendaient l'humanité le 10 mars 1982. Les planètes devant remettre ça le 5 mai 2000*, Richard Noone a décidé d'exploiter à son tour le filon dans son livre 5/5/2000 Ice: the Ultimate Disaster.

Les sectes apocalyptiques prennent parfois un tour soucoupiste et évoquent des extraterrestres qui se préparent à venir sauver les fidèles in extremis. Dans les années 1950, Marian Keech a lancé des messages semblables; quand la Terre a continué de tourner malgré tout, elle a expliqué aux adeptes qu'ils avaient sauvé le monde par leur foi. C'est gentil. Malheureusement les choses ne se terminent pas toujours de façon aussi rose. En 1977, 39 membres d'une secte soucoupiste, Heaven's Gate, se sont donné la mort en préparation au grand voyage spatial qui devait les emmener dans un autre monde.

David Morrison, chercheur principal à l'Institut d'astrobiologie de la NASA, cherche à rassurer ceux qu'inquiètent les déclarations des oiseaux de mauvais augure dans le site Web Ask an Astrobiologist (Posez vos questions à un astrobiologiste), parrainé par la NASA. Il répond à des questions du genre:

Q.: Y a-t-il une planète ou une naine brune nommée Nibiru ou Eris qui s'approche actuellement de la Terre et qui menace de déclencher sur notre planète un cataclysme général?
 
R.: Non. Les histoires sur Nibiru et autres planètes errantes qu'on lit dans Internet ne sont que pures inventions. Aucun fait ne les corrobore, et la plupart d'entre elles (comme celle voulant que Nibiru soit cachée par le Soleil ou qu'elle deviendra visible à l'œil nu l'an prochain dans l'hémisphère sud) n'ont aucun sens. Eris existe bel et bien. Planétoïde semblable à Pluton, il reste cantonné au système solaire extérieur et ne s'approche de la Terre qu'à environ 4 milliards de milles au maximum.
Nuages de gaz

Certains alarmistes lient le canular Nibiru à l'Ancien Testament (avec photos à l'appui!) ou à la croyance voulant que les Mayas aient prédit la fin du monde pour 2012. Les Mayas en savaient pourtant aussi long sur l'avenir de la planète que Gordon-Michael Scallion, Saint Malachie, Edgar Cayce, Zecharia Sitchin ou Nostradamus, qui se sont tous fourvoyés en prédisant des catastrophes planétaires. Le monde n'est pas plus susceptible de disparaître quand se terminera le calendrier maya que lorsque nous arrivons au 31 décembre du calendrier moderne.

Chaque fois que surgit une nouvelle prédiction de nature eschatologique, elle rassemble son groupe de croyants, étrangement enthousiastes à l'idée du désastre à venir. Comme Morrison le fait remarquer, certaines personnes tiennent à ce que le monde prenne fin et «leur dire que la chose n'arrivera pas peut aller jusqu'à les mettre en colère» (Morriso n 2008). On a retrouvé cette joie suspecte dans l'enthousiasme juvénile affiché par les membres de la secte Strong City, et la fête qu'ont tenue les adeptes de Joseph Kibweteere en Ouganda, avant qu'on les fasse brûler vifs quand la Terre a continué de tourner après le 31 décembre 1999, contrairement à leur prédiction. Les historiens rapportent des réjouissances semblables, toujours mêlées de crainte, au Moyen-Âge, en Europe, à l'approche de l'an 1000. Certains chrétiens dits millénaristes sont particulièrement attirés par les multiples du chiffre mille, à partir d'une année zéro déterminée de façon complètement arbitraire. Ils se livrent parfois à d'étranges associations:

Quelquefois, les liens avec le monde temporel s'avèrent compliqués, p our dire le moins. Les milieux millénaristes chrétiens les plus marginaux aiment bien évoquer un Empire romain reconstitué comprenant dix nations d'Europe sous la houlette de l'Antéchrist. L'idée est tirée du Livre des Révélations, dans lequel on décrit une bête à dix cornes.*

On raconte que les deux grands scientifiques Isaac Newton (1643-1727) et Robert Boyle (1627-1691) appartenaient à deux groupes de lecture biblique différents quand ils résidaient tous deux à Londres. À un bout de la ville, Newton tentait de calculer le moment exact où la Terre avait été créée, tandis que de son côté, Boyle cherchait le jour précis où elle disparaîtrait. L'histoire est sans doute apocryphe parce que Newton aimait travailler seul (ou plutôt, personne n'aimait travailler avec lui), quoi qu'il en soit, elle illustre bien un trait universel chez l'humain - notre fascination à propos de nos origines et notre sort ultime. En passant, l'univers a été créé le 23 octobre 4004 avant notre ère* et a pris fin le 23 octobre 1996.* L'évêque Ussher a en effet calculé qu'Adam et Ève ont été chassés du Paradis terrestre le 10 novembre 4004 avant notre ère, quelques semaines seulement après leur création. La fin du monde vous est passée sous le nez? Dommage, c'était quelque chose...

Science et superstition

Pendant des milliers d'années, pour aborder la question de la naissance et de la fin de notre espèce, nous n'avons pu recourir qu'au mythe, seule ressource pour savoir d'où nous venions et où nous allions. «Pendant 160 000 ans, la superstition a tenu Homo sapiens captif», comme le dit Bob Park.* La science n'a émergé que ces derniers siècles. Maintenant, grâce à Charles Darwin et bien d'autres, nous avons une assez bonne idée de nos origines, et les physiciens et astronomes nous laissent entrevoir notre fin probable. Les mythes sur le début et la fin abondent encore dans les milieux religieux ou anti-scientifiques, mais ils ne nuisent plus beaucoup au progrès de la science. La plupart des chercheurs, aujourd'hui, voient dans les mythes religieux qu'on se racontait autrefois autour du feu le simple produit d'esprits créatifs qui tentaient de comprendre l'univers sans plus d'outil à leur disposition que leur imagination et la réaction de leur auditoire, tout aussi démuni de connaissances. D'autres, encore, ont trouvé des manières d'interpréter ces mythes pour les rendre compatibles avec la science moderne. Par contre, ceux qui tentent de réduire la science à leurs mythes religieux ne sont pas des scientifiques, et ne font rien d'autre que de jouer les mouches du coche.

(On continue de fabriquer des mythes de nos jours. Certains de leurs créateurs sont aussi ignorants que ceux qui les écoutent. D'autres, par contre, sont des scientifiques qui tentent de soutirer de l'argent à leur auditoire pour soutenir des r.com/">projets impossibles ou imbuvables, comme le font les tenants de l'énergie libre. Ils parlent d'investissement; en fait, il s'agit de dons.)

Nombre de mythes parlent d'événements cataclysmiques, mais demeurent habituellement muets sur la façon d'examiner la validité de leurs récits; dans les rares cas contraires, un examen attentif suffit à montrer qu'ils sont dépourvus de fondement. Quand des chercheurs affirment que des cataclysmes, telle la chute d'une météorite géante, il y a quelque 65 millions d'années, ont déjà frappé le Globe, ils présentent des preuves qui font l'objet de débats jusqu'à ce que la majorité des experts les acceptent ou les rejettent. Quand les scientifiques nous disent qu'un aérolithe semblable pourrait de nouveau heurter la Terre, nous les prenons au sérieux au lieu de nous demander si cette révélation leur est venue d'un être surnaturel et omniscient. Il y a déjà eu plusieurs extinctions de masse (plus de 99 % des espèces qui ont déjà existé sur Terre ont disparu). Nous pourrions nous-mêmes disparaître à cause d'éruptions solaires massives, de sursauts de rayons gamma, de l'explosion d'une supernova, ou d'un trou noir, pour n'évoquer que quelques-uns des dangers que recèle l'univers. La Voie lactée pourrait se faire cannibaliser par une autre galaxie. Une autre météorite pourrait venir sceller notre sort. Un nouveau microbe exotique pourrait décimer toutes les espèces vivantes, à moins que ce ne soit la pollution de l'air, de l'eau et des aliments, causée par la mondialisation et sa recherche effrénée de nouveaux marchés, accompagnée d'une déréglementation tous azimuts. Nous pourrions nous balancer des missiles nucléaires par la tête. Tous ces événements, quoique fort peu probables, pourraient arriver en théorie. À chacun de décider s'il faut s'en inquiéter ou non, mais peut-être faudrait-il réfléchir un peu avant de raconter des scénarios d'épouvante aux enfants. Tout semble indiquer que la Terre va suivre son petit bonhomme de chemin jusqu'à ce que le Soleil meure et que notre planète ne soit plus qu'un désert de glace, dans quelque cinq milliards d'années. La vie aura sans doute cessé d'exister depuis longtemps, alors.

La majeure partie des hérauts des temps derniers semblent totalement indifférents à l'énorme quantité de données scientifiques portant sur la fin probable de l'univers. À la place, lorsque survient un événement qu'ils considèrent cataclysmique, tels les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ou l'effondrement du système bancaire, en octobre 2008, ils se tournent vers la Bible ou quelque Nostradamus pour y chercher un sens. Il y a toujours eu des gens pour qui les catastrophes étaient annonciatrices de la fin du monde. Des connaissances en histoire et en sciences devraient pourtant nous consoler: chaque génération connaît sa grande tragédie, d'origine naturelle ou non. Il n'y a jamais eu d'époque où les temps n'ont pas été incertains et dangereux pour les familles, les tribus et les nations.

Des sauveurs

Associée aux croyances eschatologiques, on retrouve celle d'une figure providentielle qui viendra annoncer à l'humanité ce qui l'attend. Des sauveurs, il y en a eu beaucoup, mais le plus connu d'entre eux est sans doute Jésus de Nazareth, alias le Christ. Jésus semble bien avoir prêché que la fin du monde et le Second Avènement approchaient. C'était il y a 2000 ans. Certains attendent encore le Messie; pourtant, ce ne sont pas les messies qui ont manqué au cours de l'histoire.

Sabbatai Zevi

Au XVIIe siècle, par exemple, la croyance s'était répandue en Angleterre que la vie sur Terre tirait à sa fin. L'un des grands rabbins de l'époque et l'un des maîtres de Spinoza, Menasseh Ben Israel, a annoncé la venue du Messie pour 1666. Selon la tradition, la chose ne s'accomplirait que lorsque les Juifs se seraient répandus «aux quatre coins de la Terre». C'est à partir de cet argument que Ben Israel a convaincu Cromwell de laisser les Juifs revenir en Angleterre. Peut-être a-t-il laissé entendre à Cromwell, réputé pour sa mégalomanie, qu'il était lui-même l'Élu. Quoi qu'il en soit, plusieurs candidats se sont présentés au poste de Messie, mais nous ne mentionnerons que Sabbataï Tzevi (1626-1676?).

Selon une autre tradition mystique juive, l'année fatidique devait être 1648, année où Sabbataï s'est présenté comme Messie. Sa popularité a crû avec le nombre de ses partisans, autant juifs que chrétiens, qui chantaient ses louanges et la fin glorieuse de l'humanité. La déception a été vive lorsque, en 1666, leur héros s'est fait arrêter à Constantinople, où il s'était rendu. Les autorités ont remis son caractère messianique en doute, et il n'a pas tardé à se convertir à l'Islam. Comme c'est toujours le cas quand un prophète ou un messie redescend brutalement sur terre, la foi de certains de ses adeptes s'en est trouvée renforcée. D'après eux, la conversion de Sabbataï devait faire partie d'un plan pour convertir les Juifs à l'Islam, ou les musulmans au Judaïsme, ou peut-être les deux. Tzevi est mort seul, en exil au Monténégro. Apparemment, il y a encore des gens qui attendent son second avènement.* et *

Au XIXe siècle, le prédicateur baptiste William Miller (1782-1849) a décrété que la fin du monde tomberait le 22 octobre 1844. Miller a été la source d'inspiration du mouvement adventiste des années 1830 et 1840 en Amérique du Nord, de même que d'autres mouvements religieux mettant l'accent sur les prophéties bibliques. Règle générale, les fidèles n'en veulent pas aux prophètes pris en défaut. L'un des partisans de Miller a simplement parlé de «Grande déception». Un millérite du nom de Hiram Edson a écrit: «Nos désirs les plus chers et nos plus grands espoirs ont été détruits, et une tristesse telle que je n'en avais jamais connue est descendue sur nous... Nous avons pleuré et pleuré toute la nuit jusqu'à l'aurore». Miller a cru à une erreur dans la chronologie de la Bible, mais il n'a jamais abandonné la croyance que la vie sur Terre tirait à sa fin. Il a conservé jusqu'au bout cette pensée consolatrice, comme le fera sans doute le prédicateur Ronald Weinland, pour qui la fin du monde tombe en 2010. Si jamais sa prédiction se vérifie, ceux qui attendent l'Apocalypse en 2012 en seront grandement indisposés.

Faux prophètes

La persistance des croyances eschatologique est illustrée, aux États-Unis, par la popularité qui ne se dément pas des livres et des films de la série Left Behind, basés sur une interprétation de la Bible qui implique ce qu'on appelle le ravissement. Des millions d'exemplaires des romans se sont vendus. Malgré la nature absurde de la croyance, des millions de personnes s'attendent apparemment à ce que leurs corps, séparés de leurs vêtements et bijoux, se fassent téléporter tout d'un coup dans quelque dimension surnaturelle.

Comme on l'a fait remarquer précédemment, les prophètes de malheur ne fondent pas tous leurs affirmations sur la religion; certains préfèrent la science. Durant la guerre froide entre les É.-U. et l'Union soviétique, le désir de suprématie de chacune des deux superpuissances a mené à une course aux armements et au développement des armes de destruction massives les plus puissantes de l'Histoire, ainsi qu'à la doctrine de la dissuasion nucléaire. Les deux adversaires avaient plusieurs fois les moyens de détruire notre espèce, mais aucun d'entre eux ne pouvait se permettre de les utiliser, car leur destruction mutuelle était assurée. À l'heure actuelle, on craint plutôt que les moyens de créer une arme atomique ne se retrouvent entre les mains de terroristes, ou d'une nation hors-la-loi comme l'Iran, qui pourrait alors attaquer Israël. Bien des prophètes de malheur attendent justement ce genre de catastrophe, parce qu'ils croient que la dernière bataille sur Terre sera livrée en Israël, à Armageddon, comme mentionné précédemment. Malgré tout, même si des terroristes ou l'Iran parvenaient à causer des dommages effroyables, il est peu probable qu'on assiste à la fin du monde. Si la chose devait se produire quand même, cependant, il serait ironique de constater que la seule raison pour laquelle un obscur passage de la Bible aura eu une relation quelconque avec la fin de temps sera parce que certains auront donné un coup de pouce aux événements pour qu'ils aillent dans le sens de leurs croyances.

Les rumeurs de fin du monde provoquée par la science ont été renouvelées récemment par la construction du grand accélérateur de hadrons sous les montagnes situées à la frontière de la Suisse et de la France. Avant qu'on ne le lance, quelques profanes se sont émus de ce qu'il pourrait créer un trou noir qui nous engloutirait tous. Un avocat de Hawaï, Walter Wagner, a sonné l'alarme. Selon Bob Park, Wagner «a lu trop de science-fiction dans sa jeunesse» et «s'imagine physicien parce qu'il possède un diplôme de premier cycle en biologie avec une mineure en physique». Wagner pense que l'accélérateur est «un engin apocalyptique... qui va détruire le monde en suscitant un trou noir». Comment? En faisant entrer en collision des particules subatomiques. Les scientifiques, eux, ne s'en font pas trop: la Nature précipite des particules les unes contre les autres sur la Terre et sur la Lune depuis des milliards d'années, et ce, avec une énergie bien plus grande que tout ce que l'être humain peut rassembler. Vérification faite, les deux astres poursuivent tranquillement leur course dans l'espace.

On dit que les idées apocalyptiques attirent autant les foules parce qu'elles sont liées au désir de trouver un sens à la vie.* On dirait bien que la vie ne semblera avoir de valeur pour bien des gens que s'ils ont la possibilité de mourir pour ressusciter dans une espèce d'existence de rêve, au sein d'un monde peuplé d'esprits qui passent l'éternité à vénérer leur créateur. Tout indique qu'on peut tranquillement faire fi prédictions des prophètes de malheur religieux.

On ne peut cependant pas dire la même chose de ceux qui nous promettent des catastrophes imminentes si nous ne changeons pas notre mode de vie. Certains de nos comportements pourraient avoir des répercussions carrément funestes pour la planète et notre espèce. Malgré tout, personne ne peut voir assez loin dans l'avenir pour dire avec certitude qui a raison. Nous pouvons raisonnablement écarter les idées extravagantes de gens comme Richard Noone et Walter Wagner, mais l'évaluation devient plus difficile lorsqu'il est question de désastres provoqués par les changements climatiques, le génie génétique, diverses formes de pollution ou l'épuisement des ressources naturelles. Il faut se méfier autant de l'effet de consensus que des déclarations des négationnistes qui cherchent à faire passer leurs arguments partisans pour des objections sérieuses. Il n'y aura sans doute jamais de consensus universel sur ce genre de questions parmi les scientifiques et autres experts. Toute mesure adoptée en relation avec ces sujets devra se baser sur des probabilités et comporter un certain degré d'incertitude. Il faut moins avoir peur de se tromper que craindre de voir le débat étouffé parce qu'il ne cadre pas avec les idées politiques des autorités. Prendre les bonnes décisions pour les mauvaises raisons ne doit pas être le principe sur lequel l'avenir de la planète va se fonder.

 

Voir également: Prophéties mayas et Secte.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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