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Marche sur le feu

Activité consistant à marcher sur des charbons ardents, des pierres brûlantes ou des cendres chaudes sans se brûler la plante des pieds. Chez certaines cultures, par exemple en Inde, la marche sur le feu fait partie de rites religieux, et on l'associe aux pouvoirs des fakirs. Aux États-Unis, on l'a intégrée à la croissance personnelle et à la motivation, deux thèmes chers au Nouvel-Âge.

Tony Robbins a rendu la marche sur le feu populaire en la donnant comme preuve que l'impossible est à la portée de tous. Il en a fait une technique pour convertir la peur en puissance. Robbins ne considère toutefois pas comme paranormal le pouvoir que possède l'esprit de surmonter la peur. À ses yeux, il s'agirait plutôt d'une étape dans la restructuration de l'esprit, un peu comme si un tel baptême du feu constituait un rituel initiatique permettant de joindre les rangs d'un groupe aussi ésotérique que sélect de risque-tout. Pour des gens plutôt timides, ou qui se sentent dominés par les personnalités incandescentes qui les entourent, un tel exploit doit revêtir une importance toute particulière.

Si Robbins a popularisé la marche sur le feu, c'est Tolly Burkan, fondateur du Firewalking Institute for Research and Education qui prétend en avoir introduit la pratique en Amérique du Nord. Selon lui, il s'agit "d'une méthode pour vaincre les craintes, croyances et phobies limitatrices".

Pascal Forget marchant sur les braises

Marcher sur des charbons ardents sans se brûler peut paraître impossible pour la plupart des gens, mais la chose est pourtant tout aussi faisable que tendre la main dans un four chaud sans ressentir le moindre mal. On se sortira indemne de cet "exploit" en se gardant de toucher les parois du four, ses grilles métalliques, ou les récipients de céramique ou de métal qui s'y trouvent. Ou alors, si l'on doit en tirer un objet quelconque, en portant des gants de cuisine matelassés. Pourquoi? Parce que l'air n'a qu'une faible capacité thermique et une faible conductivité thermique, tandis que le corps humain possède une capacité thermique relativement élevée. Ainsi, même si les charbons deviennent très chauds (à 400 degrés Celcius, par exemple), le marcheur doté de plantes de pied "normales" ne subira aucune lésion pour autant qu'il ne s'attarde pas, et que le combustible utilisé ne possède pas une capacité thermique trop élevée. À cet égard, les pierres volcaniques et les braises de certaines essences de bois feront parfaitement l'affaire.

En outre, "les bois durs et le charbon de bois constituent de bons isolants thermiques. Le bois ne perd rien de sa capacité isolante, même lorsqu'il est enflammé, et le charbon possède un pouvoir isolant quatre fois plus important que le bois dur sec. Qui plus est, la cendre laissée par la combustion du charbon est aussi piètre conductrice de chaleur que le bois dur ou le charbon." (Willey)

Il arrive bien, cependant, que des gens se brûlent en marchant sur des charbons ardents, que ce soit parce que la matière combustible est trop chaude, ou qu'elle possède une capacité thermique trop élevée, ou encore parce que la plante des pieds du marcheur est trop mince, ou qu'il ne va pas assez vite, mais cela n'a rien à voir avec un manque de foi ou de volonté. Notons qu'il est néanmoins possible de marcher sur des charbons ardents très chauds, dont la capacité thermique est très élevée, si les pieds sont isolés d'une façon quelconque, par exemple, par de l'eau ou de la sueur. (Songeons à la façon dont on peut se passer un doigt mouillé sur une barre de fer brûlante.) Encore là, par contre, il faut faire vite sous peine d'avoir un peu trop chaud!

Même en sachant tout ça, il faut du cran pour marcher sur le feu. Lorsque Michael Shermer, du magazine Skeptic a tenté l'expérience pour l'émission de télévision "The Unexplained", il n'était pas à la fête. On a l'instinct qui crie: "Ne fais pas ça, imbécile!" Il ne suffit pas d'être armé de connaissances; il faut avoir la foi que le charbon a été préparé adéquatement, qu'on peut marcher assez vite pour éviter les blessures, et que la théorie va se vérifier comme elle le devrait. Quoi qu'il en soit, c'est une question de vitesse et de préparation, pas de volonté ni de protection spéciale créée par la puissance de l'esprit ou par une force paranormale ou surnaturelle quelconque.

 

 

Lectures recommandées:
  • "J'ai marché sur le feu" par Pascal Forget, dans Y croyez-vous? Pour en finir avec le paranormal; Montréal, Les Éditions internationales Alain Stanké, 1999; pages 25-29. 

 

Un sujet brûlant: la marche sur le feu!  par Pascal Forget.
(Extrait du Québec Sceptique : numéro 41, page 11, automne 1997)

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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