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Vaccin antigrippal

La grippe est une maladie virale aux symptômes caractéristiques : fièvre, douleurs musculaires et articulaires, toux, mal de gorge, céphalées et asthénie. La grippe peut provoquer une grave inflammation pulmonaire évoluant vers une pneumopathie avec défaillance respiratoire, quelquefois d'évolution mortelle1. La grippe est extrêmement contagieuse. Les adultes sains peuvent contaminer d'autres personnes un jour avant l'apparition des symptômes et jusqu'à cinq à sept jours après le début de la maladie. Habituellement, la symptomatologie apparaît un à quatre jours après la contamination virale. Les personnes atteintes de la grippe peuvent transmettre l'infection jusqu'à environ deux mètres de distance. La plupart des spécialistes pensent que les virus grippaux se propagent principalement par les gouttelettes produites quand les malades toussent, éternuent ou parlent2. On peut être infecté par le virus de la grippe, n'avoir aucun symptôme et pourtant être contagieux. Il faut environ deux semaines pour que le vaccin antigrippal soit efficace. Certains personnes asymptomatiques peuvent déjà être infectés au moment où elles reçoivent le vaccin, qui alors ne les protégera pas. Les médicaments antiviraux peuvent amoindrir la gravité des symptômes grippaux et raccourcir la durée de la maladie. Ils peuvent aussi éviter les complications graves de la grippe.*

Le vaccin antigrippal est la meilleure défense contre la grippe. L'existence d'un tel vaccin est une preuve de l'engagement et de l'intelligence des scientifiques travaillant dans une situation de grande incertitude. Il y a deux principaux types de virus (appelés A et B), responsables de la grippe humaine, et qui présentent de nombreux sous-types pour le virus A. (Un troisième type de virus, appelé C, provoque une infection respiratoire bénigne). Les virus mutent ; il faut adapter les vaccins pour tenir compte de ces mutations. Aucun vaccin ne protège contre l'ensemble des virus grippaux. Les chercheurs doivent évaluer de nombreux facteurs avant de décider quels virus sont les plus susceptibles d'être virulents et à l'origine de la prochaine grippe saisonnière. Les scientifiques ne peuvent attendre que soient dépistés les premiers malades pour développer un vaccin adapté à la grippe saisonnière, car il faut du temps pour produire et distribuer le vaccin.

Il semblerait que les fabricants de vaccins participent à une compétition pour rattraper les virus toujours en avance d'un temps grâce à leurs mutations, mais ce n'est pas entièrement vrai. Le vaccin contre la grippe saisonnière 2013-2014 protège contre la souche3 H1/N1 apparue en 2009, à l'origine de la première pandémie grippale depuis 1918. La plupart des cas mortels de grippe surviennent chez l'enfant et au-delà de 65 ans, mais la majorité des morts du H1N1 s'est produite entre 18 et 64 ans. Et toujours, en 2014, des gens en bonne santé dans la force de l'âge meurent du virus H1N1 parce que leurs proches ne sont pas vaccinés. Malheureusement, on voit trop souvent des sujets d'actualité comme celui-ci :

Actuellement, dix-neuf personnes sont décédées à la suite de complications de la grippe à Middle Tennessee , nombre qui dépasse celui des habitants de la même région morts lors de la pandémie de 2009, selon des données hospitalières.

Dans la zone des huit comtés suivie par l'université Vanderbilt, la plupart des morts avaient entre 41 et 64 ans. La souche prédominante qui circule cette année, le virus H1N1, est apparue lors la pandémie et atteint habituellement des personnes dans la force de l'âge.

Patrick Sass, 46 ans, décrit par sa famille comme un amateur de plein air, solide et en bonne santé, était l'un d'entre eux.*

La mutation H1N1 de 2009 a représenté une forme peu fréquente des variations génétiques qui affectent la plupart des virus grippaux. Exemple de cassure (ou saut) antigénique, et non de dérive (ou glissement) antigénique - celle-ci entraînant de minimes changements du génome qui pourtant peuvent rendre la nouvelle souche virale étrangère à la mémoire immunitaire de l'hôte. Ces cassures et glissements génétiques sont connus des fabricants de vaccins, qui utilisent cette information pour choisir les souches de virus contre lesquelles se protéger à la prochaine saison grippale. Il n'existe pas de vaccin antigrippal parfait, et il n'y en aura probablement jamais.

À quel point le vaccin contre la grippe saisonnière est-il sûr et efficace ? L'efficacité vaccinale varie d'année en année, en fonction des souches en circulation et celles retenues dans les prévisions. Elle dépend aussi des sujets vaccinés lors d'une grippe saisonnière donnée. Par exemple, si de nombreux enfants ne sont pas vaccinés et que la souche dominante est particulièrement virulente chez l'enfant, mais moins chez l'adulte, alors l'efficacité vaccinale sera très faible cette année-là, même si les spécialistes ont correctement choisi les souches virales contre lesquelles se protéger. En revanche, si la souche dominante est H1N1, si les spécialistes l'ont retenue, et s'il y a un fort taux de vaccination chez la population entre 18 et 65 ans, l'efficacité du vaccin sera très bonne pour cette saison grippale. En bonne conscience, il va sans dire qu'il ne peut y avoir d'études randomisées avec groupe témoin sur l'efficacité du vaccin contre la grippe. Toutes les études sont nécessairement observationnelles, ce qui rend d'autant plus difficile l'évaluation de l'efficacité vaccinale. (Voir ici un exemple de quelques problèmes qu'affrontent les chercheurs qui essaient de déterminer l'efficacité du vaccin chez les plus de 65 ans).

L'efficacité dépend également d'éléments telle la force du système immunitaire des sujets vaccinés. Les vaccins peuvent ne pas être très efficaces chez ceux qui souffrent de maladies chroniques.

Il peut y avoir d'autres facteurs individuels qui font obstacle à l'efficacité vaccinale chez certaines personnes. Les tentatives d'évaluer l'efficacité des vaccins antigrippaux prêtent à confusion parce que 1) le nombre de facteurs à prendre en compte est considérable et variable d'une saison grippale à l'autre, ainsi que d'un individu à l'autre ; et 2) il est toujours risqué d'essayer d'appliquer une statistique relative à un groupe important à n'importe lequel de ses membres. Cependant, on ne peut s'opposer par principe à tenter d'évaluer l'efficacité vaccinale, mais en restant très prudent dans l'utilisation de telles données pour se faire ou non vacciner. Quoi qu'il en soit, les services de prévention américains estiment l'efficacité vaccinale à 60 %, qu'ils explicitent ainsi : « le vaccin antigrippal réduit de 60 % le risque pour une personne de développer une grippe entraînant une consultation au cabinet d'un médecin ou à un service d'urgences ».

Ce qui montre l'innocuité des vaccins antigrippaux, c'est que « des millions de femmes enceintes ont reçu le vaccin contre la grippe saisonnière en toute sécurité au cours de nombreuses années. On n'a pas démontré que le vaccin antigrippal provoquait des effets nuisibles chez les femmes enceintes et les bébés ». En fait, il est fortement recommandé aux femmes enceintes de se faire vacciner contre la grippe, parce qu'elles présentent un plus grand risque de graves complications de la grippe, par rapport aux femmes qui ne sont pas enceintes et en âge de procréer. Le vaccin antigrippal protégera les futures mères, leur bébé à naître et protégera celui-ci après la naissance*. (Ignorer ce conseil peut coûter cher4.) Des centaines de millions d'Américains ont été vaccinés contre la grippe sans effets indésirables, mais il est vrai qu'il n'y a aucun moyen de prévoir avec une certitude absolue comment un individu donné réagira à un vaccin particulier. Les professionnels de santé sont obligés légalement de signaler les éventuels effets indésirables des vaccins. Le Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS)5 recueille les signalements des éventuels effets indésirables des vaccins. Tout le monde peut déclarer un événement indésirable survenu après une vaccination, et ces signalements sont enregistrés, mais il faut noter que certains de ces événements sont des coïncidences. L'effet indésirable le plus banal des vaccinations est la douleur au point d'injection. Chez la plupart des personnes, le vaccin contre la grippe ne provoque pas d'événement indésirable.

Quelques enfants ont le nez qui coule, une respiration sifflante, mal à la tête, des vomissements, des douleurs musculaires et de la fièvre. Certains adultes souffrent d'un écoulement nasal, de céphalées, d'une irritation de la gorge ou de toux. Un faible pourcentage de la population peut présenter une allergie à l'un des composants du vaccin.

« Les signes d'une réaction allergique grave peuvent comprendre des difficultés respiratoires, avec enrouement ou respiration sifflante, un œdème des paupières ou des lèvres, une urticaire, de la pâleur, de la faiblesse, une tachycardie, une sensation de vertige... Les personnes qui présentent une allergique alimentaire aux œufs doivent discuter de la vaccination antigrippale avec leur médecin. Beaucoup de personnes allergiques à l'œuf peuvent être vaccinées contre la grippe en toute sécurité6. Alors qu'à chaque grippe saisonnière il y a de nouveaux récits sur des morts provoquées par la grippe et ses complications, il n'y en a pas relatant la mort de personnes à la suite d'une vaccination antigrippale. À mi-période de la grippe saisonnière 2013-2014, dans l'état de Californie, les informations rapportent 95 décès de cette maladie7. Aucun Californien n'est mort d'avoir reçu le vaccin antigrippal. Le Dr Gil Chavez, épidémiologiste dans l'état de Californie, déclare que 80 % des personnes décédées n'avaient pas été vaccinées contre la grippe.

Même s'il n'est pas efficace à 100 %, le vaccin antigrippal est cependant la meilleure défense contre la grippe. À partir de l'âge de six mois, chacun devrait se faire vacciner, particulièrement les femmes enceintes, à moins évidemment d'avoir des antécédents de réaction allergique au vaccin contre la grippe, ou une maladie chronique, ou un déficit immunitaire.

Au 11 janvier 2014, le CDC rapporte que sur les 3 745 hospitalisations liées à la grippe saisonnière, 61 % des patients étaient âgés de 18 à 64 ans, répartition déjà observée pendant la pandémie H1N1 de 20098. « Après avoir étudié le virus H1N1, on sait qu'en fait il atteint des individus plus jeunes et a tendance à toucher ceux qui présentent les maladies les plus graves », déclare Gil Chavez. Il signale que 80 à 90 % de ces individus « plus jeunes » présentaient un état pathologique sous-jacent, tels la grossesse, des déficits immunitaires, et l'obésité. Au niveau national, l'obésité est de loin la plus dangereuse, 45 % des patients hospitalisés pour la grippe étaient obèses, annonce Angela Campbell, médecin du département grippe du CDC. Les autres affections à risque étaient représentées par les troubles métaboliques, les maladies cardiovasculaires et l'asthme, surtout chez l'enfant.

Quand on examine les arguments pour et contre la vaccination contre la grippe saisonnière, il semble évident que les risques de n'être pas vacciné l'emportent sur ceux de la vaccination, tandis que les bénéfices de l'injection l'emportent sur ses risques chez la plupart des gens. Cependant, de nombreuses histoires répandent des erreurs sur les dangers de se faire vacciner ou sur l'inutilité de la vaccination. Heureusement, la journaliste scientifique Tara Haelle a rassemblé une liste de mythes au sujet du vaccin antigrippal et les a publiés en établissant une mise au point. À la dernière visite, la liste comptait vingt-deux mythes. Le CDC possède également une page sur les idées fausses concernant la grippe saisonnière et les vaccins antigrippaux. Une des erreurs les plus fréquentes est qu'il vaut mieux avoir la grippe que de se faire vacciner parce la maladie renforce le système immunitaire. « La grippe peut être une maladie grave, en particulier pour les enfants, les personnes âgées, et ceux qui souffrent de certaines maladies chroniques, comme l'asthme, les maladies cardiaques et le diabète. Toute infection grippale comporte un risque de complications graves, d'être hospitalisé ou de mourir, même pour des enfants et des adultes en bonne santé par ailleurs. Par conséquent, pour être protégé par le système immunitaire, se faire vacciner est un choix plus sûr que les risques de la maladie »*. Dans tous les cas, contracter la grippe ne confère pas une immunité définitive, pour la même raison qu'un nouveau vaccin est proposé chaque année : dérive et cassure antigéniques. Les anticorps induits par le vaccin peuvent protéger contre les souches virales spécifiques pendant environ un an. Au mieux, les anticorps induits par la maladie pourront protéger contre le même virus pendant un ou deux ans.

Le vaccin contre la grippe existe soit en injection, soit en pulvérisation nasale. L'indication dépend de l'âge et de l'état de santé. Les personnes sous aspirine en traitement à long terme ne doivent pas utiliser la voie nasale. Demandez à un professionnel de santé lequel est indiqué pour vous. Aucun vaccin ne peut transmettre la grippe.

La plupart des vaccins sont trivalents - conçus pour protéger contre trois virus grippaux (deux sous-types A et un sous-type B) mais certains sont tétravalents - conçus pour protéger contre quatre virus (deux sous-types A et deux sous-types B). Les professionnels de santé sauront lequel est indiqué pour vous.

Si vous êtes malade, vous ne devez pas vous faire vacciner contre la grippe avant guérison. Si vous avez des antécédents de syndrome de Guillain-Barré, vous ne devez pas vous faire vacciner contre la grippe.

Il y a beaucoup de sites antivaccination qui essaient d'effrayer les gens pour les inciter à ne pas se faire vacciner. Quelques-uns de ces sites sont basés sur l'ignorance ou la volonté de tromper. Par exemple, ils font souvent remarquer, à juste titre, que le vaccin contre la grippe contient du formaldéhyde, reconnu cancérogène. Ce que les détracteurs des vaccins ne vous disent pas, c'est qu'une exposition excessive au formaldéhyde peut provoquer le cancer. Ils ne vous disent pas que les recherches récentes ont montré que c'est l'inhalation du formaldéhyde qui présente le risque est le plus élevé. Ils ne vous disent pas non plus que les cancers surviennent plus fréquemment chez ceux qui utilisent régulièrement le formaldéhyde dans leur métier. Il n'y a pas de preuve établissant un lien entre cancer et exposition à de très faibles quantités de formaldéhyde par injection lors de la vaccination. En outre :

L'organisme métabolise en permanence le formaldéhyde, à la fois à partir de ses réactions endogènes et de l'exposition environnementale. La quantité dans l'organisme varie selon le poids du sujet ; elle est plus faible chez le bébé que chez l'adulte. Des études ont montré que pour un nouveau-né d'un poids moyen entre 2,7 et 3,6 kilos, la quantité de formaldéhyde de son organisme est 50 à 70 fois plus élevée que celle maximale reçue en une seule dose de vaccin ou des vaccinations administrées au fil du temps9.*

Oui, l'organisme fabrique du formaldéhyde sans provoquer de cancer. Le formaldéhyde est produit physiologiquement dans l'organisme pour générer de l'énergie et construire les matériaux de base nécessaires aux mécanismes de la vie. « Cela comprend la synthèse des acides aminés, qui sont les éléments constitutifs des protéines nécessaires à l'organisme ».

Dans la fabrication des vaccins, le formaldéhyde est employé pour tuer virus et bactéries pathogènes. Le produit est dilué pendant le processus de fabrication, et il ne reste dans le vaccin qu'une faible quantité résiduelle de formaldéhyde.

Une autre tactique des militants antivaccination pour susciter la peur est de mettre en garde contre la présence, dans les vaccins antigrippaux, de sels d'aluminium (que certains opposants aux vaccins nomment « détergent »), utilisé comme adjuvant, produit qui renforce la réponse de l'organisme aux antigènes. Ce que les détracteurs des vaccins ne vous disent pas, c'est que « les vaccins contenant de l'aluminium comme adjuvant ont un profil d'innocuité démontré depuis plus de six décennies d'utilisation et n'ont été associés qu'exceptionnellement à de graves réactions locales10 ».*

Une autre tactique des militants antivaccination pour susciter la peur est de mettre en garde contre la présence d'antibiotiques dans les vaccins antigrippaux. Ce qu'ils ne vous disent pas, c'est que les antibiotiques sont employés durant la fabrication pour prévenir la contamination bactérienne. Ils ne vous disent pas non plus que « les antibiotiques les plus susceptibles de provoquer des réactions allergiques graves (par exemple, les pénicillines, les céphalosporines, et les sulfamides) ne sont pas utilisés pour la production des vaccins, et que par conséquent ceux-ci n'en contiennent pas ».*

Une autre tactique des militants antivaccination pour susciter la peur est de mettre en garde contre la présence de sucres et de gélatine11. Ce qu'ils ne vous disent pas, c'est que ces produits sont utilisés comme agents stabilisants pour le transport et le stockage. Ni qu'ils n'existent pas uniquement dans les vaccins, mais se rencontrent quotidiennement dans l'alimentation et qu'ils existent physiologiquement dans l'organisme.

Vers la même époque du fiasco d'Andrew Wakefield, les détracteurs des vaccins ont commencé à jouer leur carte maîtresse, la peur des maladies neurologiques en rapport avec le mercure contenu dans les vaccins. Le thiomersal, qui est métabolisé chez l'homme en éthylmercure12, est utilisé depuis les années 1930 comme agent conservateur pour empêcher la contamination microbienne dans les vaccins. Actuellement :

Aux États-Unis, les seuls vaccins pédiatriques prescrits régulièrement qui contiennent du thiomersal sont les vaccins antigrippaux en flacons multidoses. Ceux-ci contiennent de très faibles quantités de thiomersal comme agent de conservation. C'est indispensable, parce qu'à chaque prélèvement d'une dose individuelle d'un flacon multidose avec une seringue et une aiguille neuves, il y a un risque de contamination du flacon par des micro-organismes pathogènes.
 
Il n'existe pas de preuves d'une quelconque nocivité provoquée par les faibles quantités de thiomersal des vaccins antigrippaux, à l'exception de réactions bénignes, telles rougeur et tuméfaction au point d'injection. Bien que rien n'indique qu'il y ait des problèmes de sécurité liés au thiomersal, les fabricants de vaccins ont cessé de l'utiliser par mesure de précaution. Il existe des vaccins antigrippaux sans thiomersal (en flacon unidose).

Les militants antivaccination soutiennent également que le vaccin contre la grippe n'est pas efficace, mais ils ne vous disent pas qu'il y a une abondance de preuves scientifiques démontrant son efficacité. Comme le lecteur peut l'imaginer, l'évaluation de l'efficacité du vaccin antigrippal n'est pas chose aisée, étant donné toutes les variables qui interviennent dans le comportement du virus et dans l'élaboration des vaccins. On l'a déjà mentionné, le CDC estime que l'affirmation d'une efficacité vaccinale de 60 % est étayée par des preuves scientifiques. On a expliqué pourquoi la quantification est discutable dans ce domaine. On pourrait ajouter que la quantification ouvre la porte à des astuces statistiques à la fois des défenseurs ou des opposants aux vaccins. Quoi qu'il en soit, une étude récente est à signaler : Maladies liées à la grippe et hospitalisations évitées par la vaccination antigrippale aux États-Unis entre 2005 et 2011. Les scientifiques confirment l'efficacité du vaccin, de façon similaire à celle du CDC. Pour ceux qui aiment les extrapolations tirées des données numériques, cela se traduit par 1,1 à 5 millions d'infections grippales évitées à chaque grippe saisonnière en six ans. Un article dans The Lancet (Efficacité du vaccin antigrippal : revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés et d'études observationnelles) constate même une plus grande efficacité vaccinale chez les enfants et chez la plupart des adultes. Un résultat intéressant est l'absence de preuves pour la protection des adultes de 65 ans et plus, confirmant une autre étude, bien que les personnes âgées soient particulièrement exposées aux complications mortelles de la grippe et soient la cible première des responsables de santé publique. La meilleure efficacité (83 %) se retrouve chez les jeunes enfants (âgés de 6 mis à 7 ans).

Les militants antivaccination affirment aussi (à tort) que les vaccins n'ont pas entraîné de diminution des maladies infectieuses comme la rougeole, la rubéole, les oreillons, etc. Ils présentent comme preuve le graphique hors sujet de la mortalité avant et après l'introduction généralisée des vaccins en affirmant que les améliorations de l'alimentation, de l'hygiène et des conditions sanitaires expliquent la diminution de la mortalité. Il suffit de dire ici que la question de l'efficacité des vaccins n'est pas la même que celle de la mortalité : l'incidence d'une maladie n'est pas équivalente à un décès. Personne n'a jamais prétendu que les vaccins ont sauvé la vie de toutes les personnes qui se sont fait vacciner. Quoi qu'il en soit, cette rhétorique fallacieuse des détracteurs des vaccins a été complètement réduite à néant par David Gorski et il n'est pas nécessaire d'en reprendre ici les arguments.

Enfin, il n'existe pas de pas d'affection appelée « grippe intestinale », bien qu'il soit courant d'utiliser l'expression pour décrire une maladie associant nausées, vomissements ou diarrhée13. La grippe est une maladie respiratoire, et non une maladie digestive. La grippe est souvent confondue avec le rhume, mais celui-ci est provoqué par d'autres virus. Il n'existe pas de vaccin contre le rhume.

 

 

Notes du traducteur.

 

1 - Syndrome de détresse respiratoire aiguë, autrefois appelé grippe maligne.*

2 - Appelées gouttelettes de Pflügge.

3 - Dénommé scientifiquement A/California/04/2009(H1N1)*, ce virus est apparu par réassortiment de gènes d'origine porcine, aviaire et humaine.*

4 - L'article relate le cas d'une jeune femme enceinte, atteinte de la grippe, victime d'une fausse couche à 20 semaines de grossesse, et hospitalisée en réanimation pour un syndrome de détresse respiratoire aigu.

5 - Aux États-Unis, programme de surveillance des effets indésirables imputés aux vaccins.

6 - Avis des allergologues américains, partagé par leurs confrères québécois.

7 - Au 15 mars 2014, on dénombrait en Californie 342 décès de patients de moins de 65 ans, dus à la grippe et à ses complications, quasi exclusivement de type A, confirmé par laboratoire (page 7 de ce document).

8 - Pour la grippe saisonnière 2013-2014 aux États-Unis, un premier bilan recense 9 598 hospitalisations (avec diagnostic virologique), dont 57,3 % de patients entre 18 et 65 ans.*

9 -Une dose de 200 µg, (dose maximale retrouvée dans quelques vaccins) est métabolisée presque entièrement au site d'injection en trente minutes.*

10 - La myofasciite à macrophages est une affection à l'existence controversée, dont la majorité des cas sont décrits en France.*

11 - Comme les protéines de l'œuf, la gélatine peut provoquer des réactions allergiques graves* ; elles sont exceptionnelles, approximativement un cas pour deux millions de doses.*

12 - À la différence du méthylmercure, l'éthylmercure est éliminé très rapidement de l'organisme.*

13 - C'est une gastro-entérite d'origine virale.*

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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