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Médecine pionnière

Pendant que l'attention du public est prise par les attentats terroristes, les guerres et les scandales financiers ou autres, l'intégrité de la médecine moderne s'efface peu à peu, victime du mysticisme Nouvel Âge, d'idées quasi religieuses, de toutes sortes d'idéologies, et du charlatanisme classique, le tout présenté de façon trompeuse sous le vocable de «médecine parallèle».
Une fois que la médecine énergétique a été reléguée du côté des chamanes et des mystiques, le NCCAM y a vu une forme de «médecine pionnière»...*
 

Ensemble de pratiques médicales complémentaires et parallèles «pour lesquelles n'existe aucune explication biomédicale plausible». C'est ainsi que le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) des États-Unis a décrit la chose dans le cadre d'un programme de subvention lancé en juin 2000. Le NCCAM est une division des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis. S'il y a «pauvreté relative de données capables de démontrer de façon convaincante» quoi que ce soit de positif à propos des pratiques médicales complémentaires et parallèles,* la faute doit en être attribuée à un manque de financement, ont tranché les NIH. Prouver que des choses comme le toucher thérapeutique ou l'homéopathie ont quoi que ce soit de réel aurait sans doute l'effet positif de permettre aux millions de personnes qui ont gaspillé des milliards de dollars là-dedans ces dix dernières années de se rengorger grandement. Malheureusement, les NIH ont consacré plus de 200 millions de dollars à la recherche dans ce domaine sans qu'on puisse découvrir la moindre preuve qu'une thérapie parallèle soit véritablement efficace.*

Gary Schwartz a été l'un des premiers chercheurs à venir chercher sa part du gâteau. En partenariat avec l'Université de l'Arizona, il a établi le Center for Frontier Medicine in Biofield Science (CFMBS), grâce à la coquette somme de 1,8 million de dollars avancée par les NIH. Schwartz est une espèce d'alchimiste qui sait s'y prendre pour donner des airs de science en bonne et due forme à n'importe quelle bouillie pour les chats, pour peu qu'on n'y regarde pas de trop près. Quand on y regarde de près, par contre, on repère bien vite la foutaise sous les dehors mirobolants. D'après sa demande de subvention, le CFMBS

facilite la recherche sur les effets des champs de basse énergie et en collige les résultats. La recherche se concentre sur le développement d'épreuves biologiques standardisées (en biologie cellulaire), ainsi que de marqueurs psychophysiologiques et biophysiques des effets des biochamps, de même que sur l'application des marqueurs ainsi développés pour mesurer les résultats obtenus dans le rétablissement des patients qui ont subi une intervention chirurgicale.*

Apparemment, ce genre de charabia est assez clair pour ce type de travail parrainé par le gouvernement.

Dans leur appel de propositions en médecine pionnière, les NIH ont précisé que les études devaient mettre en œuvre les éléments suivants:

  • La thérapie bioélectromagnétique (soit l'application diagnostique et thérapeutique de champs électromagnétiques (EM), y compris les champs EM pulsés, les champs magnétiques, les champs de courant direct, la thérapie par lumière artificielle, etc. Nota: Cette catégorie n'inclut pas l'étude de champs électromagnétiques en tant que facteurs de risques pour les maladies).
  • Les biochamps (soit la guérison par l'énergie, etc. Nota: Cette catégorie comprend les systèmes qui utilisent des champs d'«énergie subtile» à l'intérieur et autour du corps à des fins médicales. Les exemples comprennent le toucher thérapeutique, le reiki, le huna, l'imposition des mains, le Qi-Gong en traitement externe, etc.)
  • L'homéopathie, ou

De tous ces domaines, seule la thérapie électromagnétique a démontré un potentiel quelconque pour un traitement plausible et efficace de certains troubles. La guérison par l'énergie, l'homéopathie, la guérison à distance par la prière ou d'autres moyens magiques se sont révélés non testables, inefficaces ou tout simplement explicables par l'effet placebo ou la réduction du stress.

La médecine «pionnière» étudie en bonne partie de supposées énergies, champs, forces ou puissances que la science ou la technologie moderne ne peuvent détecter. En d'autres termes, la médecine pionnière n'a rien à voir avec un travail de pionnier ni avec la médecine; elle traite plutôt d'un domaine imprécis et nébuleux où règne la pensée magique.

Parmi les recherches en médecine pionnière financées par les NIH, on retrouve celle menée par Karen Prestwood, m.d., du Centre d'étude sur le vieillissement de l'Université du Connecticut. Elle s'est penchée sur les effets du toucher thérapeutique sur le métabolisme osseux des femmes post-ménopausées présentant des fractures du poignet. Sa subvention devait également servir à étudier l'effet du toucher thérapeutique sur la fonction immunitaire dans les cas de cancer avancé du col de l'utérus.*

Il y a également l'étude de Beverly Rubik sur les effets du toucher thérapeutique sur la croissance et le mouvement des cellules bactériennes dans les cultures en laboratoire. Ou encore, celle de Gary Schwartz, sur les effets du Johrei (une prétendue «énergie divine») et du yoga sur les mécanismes du cerveau et du cœur. Ou bien celle d'Allan Hamilton, sur les effet du Johrei sur la récupération après une herniotomie ou un pontage coronarien. Sans compter l'étude sur la guérison à distance d'Elisabeth Targ et autres.

Étrange médecine pionnière que celle qui se tourne aussi résolument vers une époque révolue, celle de la magie et de la superstition.

 

Médecine pionnière
Pendant que l'attention du public est prise par les attentats terroristes, les guerres et les scandales financiers ou autres, l'intégrité de la médecine moderne s'efface peu à peu, victime du mysticisme Nouvel Âge, d'idées quasi religieuses, de toutes sortes d'idéologies, et du charlatanisme classique, le tout présenté de façon trompeuse sous le vocable de «médecine parallèle».
Une fois que la médecine énergétique a été reléguée du côté des chamanes et des mystiques, le NCCAM y a vu une forme de «médecine pionnière»...*
 

Ensemble de pratiques médicales complémentaires et parallèles «pour lesquelles n'existe aucune explication biomédicale plausible». C'est ainsi que le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) des États-Unis a décrit la chose dans le cadre d'un programme de subvention lancé en juin 2000. Le NCCAM est une division des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis. S'il y a «pauvreté relative de données capables de démontrer de façon convaincante» quoi que ce soit de positif à propos des pratiques médicales complémentaires et parallèles,* la faute doit en être attribuée à un manque de financement, ont tranché les NIH. Prouver que des choses comme le toucher thérapeutique ou l'homéopathie ont quoi que ce soit de réel aurait sans doute l'effet positif de permettre aux millions de personnes qui ont gaspillé des milliards de dollars là-dedans ces dix dernières années de se rengorger grandement. Malheureusement, les NIH ont consacré plus de 200 millions de dollars à la recherche dans ce domaine sans qu'on puisse découvrir la moindre preuve qu'une thérapie parallèle soit véritablement efficace.*

Gary Schwartz a été l'un des premiers chercheurs à venir chercher sa part du gâteau. En partenariat avec l'Université de l'Arizona, il a établi le Center for Frontier Medicine in Biofield Science (CFMBS), grâce à la coquette somme de 1,8 million de dollars avancée par les NIH. Schwartz est une espèce d'alchimiste qui sait s'y prendre pour donner des airs de science en bonne et due forme à n'importe quelle bouillie pour les chats, pour peu qu'on n'y regarde pas de trop près. Quand on y regarde de près, par contre, on repère bien vite la foutaise sous les dehors mirobolants. D'après sa demande de subvention, le CFMBS

facilite la recherche sur les effets des champs de basse énergie et en collige les résultats. La recherche se concentre sur le développement d'épreuves biologiques standardisées (en biologie cellulaire), ainsi que de marqueurs psychophysiologiques et biophysiques des effets des biochamps, de même que sur l'application des marqueurs ainsi développés pour mesurer les résultats obtenus dans le rétablissement des patients qui ont subi une intervention chirurgicale.*

Apparemment, ce genre de charabia est assez clair pour ce type de travail parrainé par le gouvernement.

Dans leur appel de propositions en médecine pionnière, les NIH ont précisé que les études devaient mettre en œuvre les éléments suivants:

  • La thérapie bioélectromagnétique (soit l'application diagnostique et thérapeutique de champs électromagnétiques (EM), y compris les champs EM pulsés, les champs magnétiques, les champs de courant direct, la thérapie par lumière artificielle, etc. Nota: Cette catégorie n'inclut pas l'étude de champs électromagnétiques en tant que facteurs de risques pour les maladies).
  • Les biochamps (soit la guérison par l'énergie, etc. Nota: Cette catégorie comprend les systèmes qui utilisent des champs d'«énergie subtile» à l'intérieur et autour du corps à des fins médicales. Les exemples comprennent le toucher thérapeutique, le reiki, le huna, l'imposition des mains, le Qi-Gong en traitement externe, etc.)
  • L'homéopathie, ou

De tous ces domaines, seule la thérapie électromagnétique a démontré un potentiel quelconque pour un traitement plausible et efficace de certains troubles. La guérison par l'énergie, l'homéopathie, la guérison à distance par la prière ou d'autres moyens magiques se sont révélés non testables, inefficaces ou tout simplement explicables par l'effet placebo ou la réduction du stress.

La médecine «pionnière» étudie en bonne partie de supposées énergies, champs, forces ou puissances que la science ou la technologie moderne ne peuvent détecter. En d'autres termes, la médecine pionnière n'a rien à voir avec un travail de pionnier ni avec la médecine; elle traite plutôt d'un domaine imprécis et nébuleux où règne la pensée magique.

Parmi les recherches en médecine pionnière financées par les NIH, on retrouve celle menée par Karen Prestwood, m.d., du Centre d'étude sur le vieillissement de l'Université du Connecticut. Elle s'est penchée sur les effets du toucher thérapeutique sur le métabolisme osseux des femmes post-ménopausées présentant des fractures du poignet. Sa subvention devait également servir à étudier l'effet du toucher thérapeutique sur la fonction immunitaire dans les cas de cancer avancé du col de l'utérus.*

Il y a également l'étude de Beverly Rubik sur les effets du toucher thérapeutique sur la croissance et le mouvement des cellules bactériennes dans les cultures en laboratoire. Ou encore, celle de Gary Schwartz, sur les effets du Johrei (une prétendue «énergie divine») et du yoga sur les mécanismes du cerveau et du cœur. Ou bien celle d'Allan Hamilton, sur les effet du Johrei sur la récupération après une herniotomie ou un pontage coronarien. Sans compter l'étude sur la guérison à distance d'Elisabeth Targ et autres.

Étrange médecine pionnière que celle qui se tourne aussi résolument vers une époque révolue, celle de la magie et de la superstition.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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© 2014 Robert Todd Carroll (version anglaise)
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