| Conscience planétaire |
(Champ de conscience)Croyance selon laquelle un groupe de personnes qui se concentrent sur une même idée peuvent influencer par leur esprit «le monde dans son ensemble» (Radin 1997, chapitre 10). Selon Dean Radin, il y existe peut-être une espèce d'«esprit planétaire», fruit de l'interconnexion d'un grand nombre d'esprits individuels. Quelles preuves y a-t-il à ce sujet? Des preuves de nature statistique, soit la comparaison de données provenant de générateurs d'événements aléatoires (aussi appelés générateurs de nombres aléatoires) avec les prédictions sur ce que devraient être ces résultats. D'une suite d'événements véritablement aléatoires, on ne devrait pouvoir dégager aucune tendance. On trouverait les preuves de l'existence d'une conscience planétaire en rapprochant les tendances se dégageant au sein de la production de générateurs de nombres aléatoires et des événements dont on croit qu'ils ont attiré l'attention de millions de personnes partout sur la planète. Roger Nelson, collègue de Robert Jahn lors des expériences PEAR, est à l'origine du concept du «champ de conscience». Nelson est à la tête du Global Consciousness Project, un rejeton du PEAR qui rassemble des données de générateurs d'événements de partout dans le monde afin de prouver que la conscience planétaire est bien réelle. L'une des études de Nelson, «Wishing for Good Weather» («Du beau temps à souhait»), a été publiée dans le Journal for Scientific Exploration (1997, vol. 11, no 1). Voici quelques lignes du résumé de ce travail:
D'après Nelson, l'intention mentale des braves gens de Princeton éloigne la pluie de chez eux. Pourquoi leur intention l'emporte-t-elle sur celle d'autres collectivités tout aussi méritoires, qui cherchent également à éloigner la pluie de sur leurs têtes (ou, au contraire, qui veulent l'attirer) demeure un mystère que seuls les parapsychologues du futur sauront percer. Selon Radin, «L'expérience de base relative au champ de conscience mesure les fluctuations dans l'attention d'un groupe par rapport aux fluctuations dans le comportement d'un ou de plusieurs systèmes physiques» (Radin 1997, p. 161). Par exemple, les données de générateurs d'événements aléatoires sont rassemblées juste avant, pendant et après un «événement planétaire» - comme la télédiffusion des funérailles de la princesse Diana. Les chercheurs tentent alors de détecter des fluctuations dans l'ordre des résultats donnés par les générateurs. Les fluctuations d'ordre aléatoires sont comparées à d'autres fluctuations d'ordre au cours de ces événements ou d'autres, lorsqu'un très grand nombre de personnes sont susceptibles de se concentrer sur un même objet. Les probabilités cumulatives par rapport à la chance pour les données aléatoires réunies avant, pendant et après les événements planétaires sont ensuite calculés. D'après Nelson, pour les funérailles télévisées de la princesse Diana
Mais pour les funérailles de Mère Térésa
L'explication que Nelson fait de la différence entre les résultats des générateurs pour les deux funérailles provient des tréfonds de son imagination, et en tant que tel, il est impossible de les tester, mais elle est conforme à son hypothèse:
D'un autre côté, la différence dans les résultats indique peut-être que les fluctuations dans les résultats produits par les générateurs n'a rien à voir avec des gens qui regardent la télé. Toujours à en croire Radin, plusieurs autres expériences ont donné des résultats et des graphiques semblables (1997, pages 161-162). Il affirme que de telles «anomalies» viennent étayer «les idées à propos de l'interconnexion mises de l'avant par des physiciens, théologiens et mystiques» (p. 172). Ces chercheurs ont trouvé des différences statistiques, qu'ils appellent des anomalies, mais ces anomalies permettent-elles de fonder la croyance relative au psi ou à la conscience planétaire? Le présumer, c'est penser qu'il y a transfert d'information des humains aux machines, mais c'est justement la question sur laquelle se penchent les chercheurs. Il est vrai qu'ils ont prédit certains résultats si leur hypothèse était correcte. Il est vrai que les résultats qu'ils ont prédits sont arrivés. Toutefois, il n'est pas clair que ces expériences couronnées de succès valident leur hypothèse parce que nous n'avons aucune façon de savoir que leurs prédictions doivent nécessairement découler de l'hypothèse. (Voir Hypothèse de l'existence du psi.) Comment pouvons-nous être sûrs que, s'il y a vraiment un champ de conscience, les pensées d'un groupe de personnes auront un effet sur des générateurs d'événements aléatoires dans certains cas mais pas dans d'autres? Si les pensées d'un groupe de personnes peuvent avoir une espèce d'effet unifié sur des générateurs, comment pouvons-nous savoir a priori que l'effet serait davantage d'ordre? Pour autant qu'on le sache, s'il y a une relation causale entre les pensées et les générateurs d'événements, elle pourrait très bien produire davantage de désordre (et comment le mesurer si le caractère aléatoire en est la base?) ou davantage d'ordre à certaines occasions, et davantage de désordre à certaines autres. Autre problème: d'après Nelson et Radin, parfois l'ordre survient avant que la présumée conscience planétaire entre en action. Par exemple, ils affirment que des déviations significatives de la production des génératrices se sont produites avant des événements importants comme les attentats du onze septembre 2001 ou le tsunami de 2004, qui a tué des centaines de milliers de personnes. La chose implique que la conscience planétaire est capable de précognition. Si un effet se faisait constater après une catastrophe importante, on peut supposer que la chose deviendrait une preuve de rétrocognition... Cela ne laisse pas grand place pour la réfutabilité. Tout ce que l'on sait sur ces expériences, c'est que selon des gens comme Nelson et Radin, les données contiennent des anomalies. Ces anomalies pourraient être intéressantes du point de vue scientifique, mais elles pourraient aussi être dépourvues d'intérêt. En fait, elles sont très certainement dépourvues d'intérêt pour la plupart des scientifiques. C'est tout un acte de foi de présumer que le moindre petit bout de statistique un peu étrange constitue une preuve de psi ou d'une mystérieuse entité quelconque, comme une conscience planétaire. Les statistiques bizarres attirent l'attention, mais ne prouvent rien. En fin de compte, ces statistiques semblent moins bizarres que ceux qui les rassemblent. Le physicien Bob Park a eu une bonne idée: la façon définitive de tester la conscience planétaire serait de demander à un groupe de personnes de faire osciller une microbalance par leurs pensées (Park 2008, pages 138 et 139). Une microbalance peut faire des mesures très précises de l'ordre du millionième de gramme. Concentrons-nous tous ensemble et peut-être réussirons-nous à influencer Radin et Nelson pour qu'ils tentent le coup. Mais n'y comptons pas trop.
Source : skepdic.com |
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