Glossolalie

Discours composé de sons ou de mots dénués de sens.

Selon William T. Samarin, professeur d'anthropologie et de linguistique à l'université de Toronto,

la glossolalie consiste en une suite non signifiante de syllabes créées de sons familiers pour l'orateur, qui les assemble plus ou moins au hasard… Elle évoque le langage parce que l'orateur désire inconsciemment qu'elle en revête les caractéristiques. Mais malgré cette ressemblance superficielle, la glossolalie n'a rien d'une véritable langue.

 Chez les schizophrènes, la glossolalie est considérée comme un signe de confusion mentale. Dans les milieux chrétiens charismatiques, par contre, il arrive qu'on la prenne pour quelque chose de sacré, le "don des langues". Dans les Actes des Apôtres, on décrit comment des langues de feu ont conféré le Saint-Esprit aux disciples de Jésus, leur permettant de se faire comprendre de gens de toutes les nations, même s'ils continuaient de parler leur langue natale. Dans les cas de glossolalie, au contraire, on se retrouve devant une langue véritablement étrangère, puisque personne ne la comprend.

Ceux qui prétendent posséder ce fameux don des langues se comportent de différentes façons, selon les attentes sociales du groupe dont ils font partie. Certains entrent en convulsions et perdent connaissance, mais les cas ne sont pas toujours aussi spectaculaires. On assiste parfois à des états de transe, suivis d'amnésies. Tous se croient emplis du Saint-Esprit et pensent que leurs bredouillement possède un sens. Seuls ceux qui ont la foi et qui possèdent le don d'interprétation sont en mesure de comprendre ce flot de paroles apparemment insensées, ce qui confère aux "interprètes" une confortable marge de manoeuvre. Nicholas Spanos remarque que "de façon typique, l'interprétation donnée ne déroge jamais des principes fondamentaux de la communauté religieuse" [Spanos, 147].

Balbutier des paroles incohérentes qu'on interprète ensuite comme des enseignements mystiques d'une grande profondeur est une pratique ancienne. En Grèce antique, même le prêtre d'Apollon, dieu de la lumière, s'y adonnait. Elle n'était pas inconnue non plus des anciens israélites, des jansénistes, des quakers, des méthodistes et des shakers.

 

Voir également: Xénoglossie.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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