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Carburant végétal

Ramar Pillai, de l'État de Madras, en Inde, prétend avoir découvert la pierre philosophale de l'Ère du pétrole. Il dit avoir trouvé une plante qui peut transformer l'eau en kérosène ou en diesel quasi non polluant pour environ 23 cents le gallon. Ses disciples voient en lui un nouvel Isaac Newton; les sceptiques, un escroc de plus. Ils affirment qu'au cours d'une démonstration de son procédé de fabrication, l'agitateur qu'il utilisait était creux et contenait de l'essence. En le plongeant dans le liquide chauffé, il a fait fondre un bouchon de cire au bout de l'agitateur, permettant ainsi à l'essence de se mêler au liquide.

Pillai, un décrocheur de l'école secondaire, a réussi à attirer l'attention des scientifiques de l'Indian Institute of Technology (IIT) par ses affirmations et démonstrations. Il dit ne pas vouloir beaucoup d'argent. Tout ce qu'il demande, c'est qu'on construise une usine de traitement près de son village natal situé non loin de Rajapalayam, et qu'on protège sa famille. En effet, il affirme qu'on l'a enlevé et torturé pendant plusieurs jours parce qu'il refusait de révéler son secret de fabrication. Apparemment, ses tortionnaires l'ont suspendu à un ventilateur de plafond et l'ont brûlé avec des cigarettes.

Pour produire son carburant, Pillai fait bouillir les feuilles et l'écorce de sa fameuse plante dans de l'eau pendant une dizaine de minutes. Il ajoute ensuite un peu de sel, de l'acide citrique et quelques pincées de produits chimiques non identifiés, agite et laisse refroidir. Après quelque temps, le carburant liquide, plus léger que l'eau, est récupéré par filtrage. L'ensemble du processus prend moins de 30 minutes.

Selon la section des sciences et de la technologie de l'IIT, des tests en laboratoire ont montré que le carburant végétal était un hydrocarbure pur, semblable au kérosène ou au diesel. Les ingénieurs de l'IIT ont effectué des essais statiques à l'aide de moteurs à deux temps et en ont conclu que le carburant végétal était plus économique que l'essence. Selon eux, il présenterait donc «un excellent potentiel pour les moteurs à essence à quatre temps et les moteurs diesel».

S'il n'a pas recours à la poudre de perlimpinpin, comment Pillai s'y prend-il? Ratna Choudhury, du IIT, y est allée d'une théorie: le dioxyde de carbone de l'atmosphère est aspiré par la réaction chimique et se combine à l'hydrogène libérée par l'eau pour former un hydrocarbure. Ratna a cependant dû reconnaître qu'elle ne faisait que conjecturer. Le Times of India, quant à lui, avait une hypothèse différente, mais tout aussi intéressante. M. Pillai servirait de couverture à une opération de vente illégale d'essence et de diesel volés à des sociétés pétrolières de Rajapalayam.

Pas de magie, pas de plante miracle.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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