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Négation de l'Holocauste

L'extermination de juifs et d'autres «indésirables» par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale est considérée de nos jours comme l'un des plus grands symboles contemporains du Mal. Comme bien des symboles, l'Holocauste est devenu sacro-saint. Il représente dans toute son horreur le génocide perpétré contre les juifs d'Europe, tant aux yeux des juifs que des non-juifs. Certains antisémites modernes ont découvert que s'en prendre à l'Holocauste causait autant de souffrances chez certains juifs que les attaques antisémites elle-mêmes. On appelle négationnisme toute tentative de réfutation de l'Holocauste, ou toute attaque contre son aspect symbolique.

Le négationnisme semble une des principales raisons d'être d'organismes comme l’Institute for Historical Review et sa publication, le Journal of Historical Review. Depuis 1980, ce périodique publie des articles qui remettent en question l'exactitude de diverses affirmations à propos de l'Holocauste. Lorsqu'une publication se consacre presque exclusivement à faire passer un événement historique pour une exagération commise par des historiens biaisés, on ne peut qu'en tirer les conclusions qui s'imposent. Si la vérité et l'exactitude historique étaient les seuls objectifs de ce groupe, il mériterait toute notre considération. Malheureusement, les adhérents de cet «institut» se préoccupent davantage de haine que de vérité, et même lorsqu’ils identifient de véritables inexactitudes, leurs découvertes sont accueillies avec mépris. En effet, jamais ils ne parlent de la question au coeur même de l'Holocauste, et ne s'intéressent plutôt qu'à des détails et des questions techniques: est-ce que six millions de juifs sont morts, ou quatre millions? Est-ce que tel type de douche aurait pu être utilisé comme chambre à gaz? Est-ce que ces morts peuvent s’expliquer par des causes naturelles ou non? Est-ce que Hitler a ordonné la solution finale ou pas? Et si oui, où en trouve-t-on la preuve? Du point de vue de l'historien, il s'agit de questions légitimes. Cependant, les négationnistes ne traitent absolument pas des lois raciales qui ont mené à l'arrestation et à l'emprisonnement de millions de juifs dans plusieurs pays pour des «crimes» raciaux. Ils ne s'intéressent pas aux politiques qui ont permis que l'on transporte des gens comme du bétail jusqu'à des camps où ils sont morts de maladies ou de malnutrition, quand on ne les a pas assassinés. Ils ne parlent pas des questions morales reliées à l'expérimentation médicale sur des êtres humains ni de la persécution des homosexuels et des handicapés. Pourquoi?

Michael Shermer consacre deux chapitres de Why People Believe Weird Things (1987) aux arguments des négationnistes. (Dans Denying History: Who Says the Holocaust Never Happened and Why Do They Say It [2000], Shermer et Alex Grobman consacrent neuf chapitres à la question.) Shermer prend de nombreux arguments des négationnistes et les réfute l'un après l'autre. Par exemple, les négationnistes passent beaucoup de temps à réclamer la preuve que Hitler a donné l'ordre d’exterminer les juifs (ou les déficients mentaux, les aliénés et les handicapés). Ils citent les notes téléphoniques de Himmler du 30 novembre 1941 comme preuve qu'il n'y a pas eu liquidation des juifs. Cette note disait: «Évacuation des juifs de Berlin. Pas de liquidation». Peu importe ce que signifiait la note, on ne peut en conclure que Hitler ne voulait pas que les juifs soient liquidés. On peut ajouter incidemment que les évacués en question ont été liquidés le soir même. En outre, la directive de Hitler signifie forcément que des liquidations se déroulaient bel et bien, et qu'il était au courant. D'ailleurs, Hitler avait rendu ses intentions publiques dès ses premiers discours. Même à la fin de son régime, il proclamait: « Contre les juifs, j'ai lutté les yeux ouverts et devant le monde entier... J'ai dit clairement que cette vermine parasitaire serait enfin exterminée d'Europe». Au cours de sa triste carrière, Hitler a déjà comparé les juifs au bacille de la tuberculose. Il n'y avait rien de cruel à abattre ceux qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas travailler. «La chose n'a rien de cruel si l'on se souvient que même des créatures innocentes, comme des lièvres ou des cerfs doivent être abattus lorsqu'ils sont infectés, pour empêcher qu’ils ne contaminent les autres. Pourquoi devrait-on épargner les animaux qui voulaient nous infecter du Bolchevisme davantage que ces créatures innocentes?»

 

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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