Hulda Clark

(1928-2009)

Tous les cancers se ressemblent. Tous sont causés par un parasite. Un seul parasite: la douve de l'intestin humain! Tuez-le, et le cancer disparaît instantanément... Il faut cinq jours pour guérir un cancer, peu importe le type dont le patient est atteint. On peut oublier les opérations, la radiothérapie et la chimiothérapie, car une fois qu'un cancer a été guéri par la méthode Clark, il ne revient plus.
Hulda Clark
 
Il s'agit, bien entendu, de pures sornettes.
Hulda Clark

Naturopathe (diplômée de Clayton College), détentrice d'un doctorat en zoologie (de l'Université du Minnesota, 1958)* qui prétendait guérir tous les cancers par des traitements comme le «nettoyage hépatique». Elle est morte d'un myélome multiple, forme de cancer du sang et des os, en 2009.

Clark a rédigé plusieurs livres, dont The Cure For All Cancers [Le remède contre tous les cancers], The Cure for All Advanced Cancers [Le remède contre tous les cancers à l'état avancé], et The Cure For All Diseases [Le remède contre toutes les maladies]. À l'en croire, à peu près toutes les maladies sont causées par des vers et des toxines provenant de notre environnement pollué. (Elle n'en a pas moins affirmé que «toutes les formes de cancer sont provoquées d'une façon ou d'une autre par le fréon qui fuit de nos réfrigérateurs»).* En guise de «remèdes», elle offrait des trucs comme des teintures faites à partir de l'écale encore verte du fruit du noyer noir (faites macérer les écales pendant trois jours dans de l'alcool éthylique à 50 %), des feuilles de grande absinthe séchées et des clous de girofle.

Clark a lancé toutes sortes d'affirmations aussi fausses que fantaisistes en matière de santé, entre autres, que tous les cancers, le sida et la maladie d'Alzheimer étaient causés par un ver plat, le Fasciolopsis buski. Les ankylostomes, quant à eux, causaient la dépression.

Elle a fait la promotion de divers appareils médicaux bidon, y compris le ParaZapper (pour électrocuter les parasites), qu'elle présentait comme moyen de guérir le pied d'athlète, la diarrhée, le VIH/sida et d'autres affections.* (On peut maintenant s'en procurer un modèle nouveau et amélioré.) Le bidule est censé générer des «fréquences positives décalées» qui «tuent les bactéries, virus et parasites simultanément» en sept minutes.

Elle vantait également les vertus du Syncrometer, censé détecter les parasites, virus, bactéries et toxines au sein du corps:

Elle affirmait que son appareil permettait d'identifier les organes malades et les substances toxiques en interprétant les sons qu'il faisait quand des «substances tests» étaient placées sur un plateau. Le bidule n'était qu'un galvanomètre mesurant la résistance de la peau à un courant de faible voltage qui passe de l'appareil à la main du patient par l'intermédiaire d'une sonde, tenue par celui-ci.*

Après quelques petits ennuis avec la loi américaine, Clark a transporté ses pénates à Tijuana, au Mexique.

Hulda Clark pouvait compter sur l'appui de nombreux partisans, malgré le fait qu'elle n'y connaissait à peu près rien sur le cancer et d'autres formes de maladie. Le commentaire critique accompagnant cette entrevue révèle son ignorance dans toute sa splendeur.

Les raisons pour lequelles on devient partisan - quasi disciple, parfois - de charlatans du genre ne sont pas vraiment difficiles à comprendre. Le regretté Barry Beyerstein donne une explication aussi intéressante que concise du phénomène dans son essai maintenant devenu classique: Why Bogus Therapies Seem to Work [Pourquoi les fausses thérapies semblent efficaces]. Hulda Clark s'appuyait exclusivement sur des témoignages pour démontrer l'efficacité de ses conseils et de ses appareils. Même sa propre «recherche» semble n'avoir été rien de plus qu'une interprétation toute personnelle de ses données, qu'elle n'a jamais testées de façon scientifique.

L'expérience personnelle et l'intuition ne sont pas les meilleurs guides lorsqu'il s'agit de comprendre des questions de causalité complexes relatives au cancer et à son traitement. L'une des erreurs de raisonnement les plus courantes que nous commettions consiste à confondre corrélation et causalité. Le moyen de défense le plus fréquemment invoqué dans les cas de charlatanisme est: «J'ai vu ce truc marcher de mes propres yeux». Il faut être conscient du fait que ce que les gens voient et ce dont ils se souviennent résulte toujours d'un choix. Les morts quittent rarement leurs tombes pour venir se porter à la défense des charlatans, et l'on a aucune idée du nombre de décès que les vendeurs de remèdes miracles laissent dans leur sillage. Les personnes qui servent de «preuve vivante» de l'efficacité des charlatans ne démontrent aucunement la validité de leur traitement. Il est toujours possible qu'un patient ait reçu un diagnostic erroné au départ. Le retour à la santé qu'il ressent peut ne résulter que d'un regain d'enthousiasme temporaire à l'idée d'être enfin guéri. Il peut avoir été atteint d'une maladie qui a suivi son cours et qui s'en est allée toute seule, indépendemment du traitement. Les encouragements et l'optimisme du charlatan, fondés sur une absence quasi-totale de faits, renforce la croyance du patient envers sa thérapie. Il est toujours concevable que la patient exagère l'efficacité ressentie du traitement pour plaire à son thérapeute, ou pour se convaincre que son espoir de guérison est justifié. Peut-être reçoit-il en même temps les soins véritablement efficaces d'un médecin (on n'est jamais trop prudent), tout en accordant tout le crédit de sa guérison au charlatan. L'effet placebo peut expliquer une bonne partie du soulagement ressenti. Le charlatan lui-même peut être conscient du fait qu'il dispense un placebo.

Enfin, ne jamais se fier aux longues années de pratique du charlatan. Bien des gens du cru finissent par disparaître, mais bien peu se font poursuivre, et ceux qui font l'objet de poursuites ne font le plus souvent que payer une amende dérisoire. Ils n'ont qu'à changer l'emballage de leur produit pour récidiver au bout de quelques mois.

 


Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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