| Enfants indigo |
Terme inventé par la médium Nancy Ann Tapp, qui classait la personnalité des gens d’après la couleur de leur aura.
Selon Tappe,
Selon Peggy Day et Susan Gale, l’apparition des enfants indigo avait été prédite par Edgar Cayce bien avant que Tappe commence à voir le bout de leur aura. De leur côté, Lee Caroll, qui affirme canaliser une entité nommée Kryon, et sa femme, Jan Tober ont écrit le livre The Indigo Children.
Kryon a déjà révélé des messages capitaux, du genre «l’amour est la force la plus puissante de l’univers entier». Carroll et Tober offrent des séminaires Kryon partout dans le monde. D’ailleurs, Kryon s’intéresse à bien des choses, y compris le Réseau universel de calibration et l’équilibrage EMF (la responsabilitation par la connaissance de notre nature électro-magnétique, ou Comment gérer son réseau d’énergie, constitué «de fibres de lumière et d’énergie»). L’une des thèses que l’on retrouve dans The Indigo Children veut que bien des enfants chez qui on diagnostique le trouble déficitaire de l'attention ou l’hyperactivité avec déficit de l'attention constituent «une nouvelle étape dans l’évolution de l’humanité».* Ce qu’il faut à ces enfants, ce ne sont pas des médicaments comme du Ritalin, mais une attention et une formation personnalisées. Le livre renferme des dizaines d’articles par des auteurs de tous les horizons de la société, ce qui le rend quelque peu erratique et inégal dans ses analyses et ses conseils. Nancy Ann Tappe est l’un de ces auteurs, de même que Robert Gerard, Ph.D., qui a intitulé son chapitre «Emissaries from Heaven» («Émissaires du ciel»). Il est persuadé que sa propre fille est un enfant indigo. Il pense également que «la plupart des indigo voient des anges et d’autres êtres du monde éthérique». Il dirige en outre la Oughten House Foundation, Inc. et vend des cartes sur les anges. Ailleurs dans le livre, on retrouve le chapitre de Doreen Virtue, grande partisane de la thérapie par les anges, qui a découvert qu’une génération d’enfants encore plus évoluée était en train d’émerger: les enfants de cristal. Ce ne sont pas tous les auteurs du livre qui viennent des marges du Nouvel Âge. Par exemple, le Dr Judith Spitler McKee est une ancienne enseignante préscolaire et élémentaire, ainsi qu’une professeure à la retraite de l’université Eastern Michigan. Elle passe son temps à tenter d’intéresser des enfants à la lecture. Comment reconnaître un enfant indigoOn reconnaît l’enfant indigo à son aura, ainsi qu’à certains autres traits caractéristiques, d’après un site web dédié aux enfants indigo (propriété de Kryon Writings).
(Pour avoir quelques exemples de parents de la région de Houston, aux États-Unis, qui ont identifié leurs enfants comme indigo, voir Krider, 2002. Les enfants ne sont pas nécessairement d’accord avec l’évaluation des parents.) On comprend très bien pourquoi beaucoup de parents rejettent l’idée que leurs enfants soient atteints du trouble déficitaire de l'attention ou d’hyperactivité avec déficit de l'attention. Un tel diagnostic est synonyme d’anormalité, voire de retard mental. De façon bien précise, il signifie que le comportement particulier de l’enfant résulte d’un problème neuro-biologique. Pour certains, la chose équivaut à une maladie mentale; pas étonnant que la question soit chargée d’émotions. Le traitement des enfants présentant de tels problèmes ne manque jamais d’attirer l’attention des médias, des avocats, des animateurs vedettes à la télé et des éditorialistes, tous des gens dont on ne saurait dire qu’ils savent rendre limpides les questions scientifiques ou médicales compliquées. Beaucoup d’entre eux ne demandent qu’à se mettre dans le sens du vent et vitupérer contre l’industrie pharmaceutique et les psychiatres qui droguent nos enfants. Inutile d’objecter quoi que ce soit: prendre la défense de ceux qui «maltraitent» des enfants n’est pas particulièrement populaire. On ne se bousculera pas non plus pour chercher à savoir si les critiques savent véritablement de quoi ils parlent. D’après l’Institut national de la santé mentale des É.-U., de tous les troubles infantiles, c’est l’hyperactivité avec déficit de l'attention qui est le plus souvent diagnostiqué. Il toucherait 3 % à 5 % des enfants d’âge scolaire. (David Kaiser, lui, affirme qu’on l’a diagnostiqué chez 10 % des enfants d’âge scolaire, et que dans certaines partie du pays, ce chiffre monte à 50 %.) Avec de telles statistiques, il ne faut pas s’étonner qu’on découvre des cas de diagnostics erronés, de traitements inappropriés, de réactions indésirables aux traitements, etc. Mais des histoires semblables ne devraient pas se substituer aux études scientifiques ou aux observations cliniques par des professionnels qui traitent les enfants au quotidien. Malheureusement, nous savons tous comment une anecdote relatée aux heures de grande écoute à la télévision par une personnalité connue prend bien plus de poids qu’une étude scientifique contrôlée. Il n’en demeure pas moins que ces études doivent être effectuées. Le Ritalin est arrivé sur le marché dans les années 1950, pourtant on ne voit aucune étude à long terme sur son innocuité, son efficacité, sa supériorité sur des solutions de rechange, etc. Ce sont surtout les praticiens qui travaillent sur le terrain, ceux qui traitent les millions d’enfants et d’adultes souffrant du trouble déficitaire de l'attention, qui appuient l’utilisation du Ritalin. Le fabricant du médicament, la Novartis Pharmaceuticals Corporation, du New Jersey, l’appuie également, bien sûr, et affirme que le Ritalin «a été utilisé de façon efficace et sûre pour le traitement de millions de personnes souffrant du trouble déficitaire de l'attention depuis plus de 40 ans», en citant les résultats de 170 études (Donohue). On peut difficilement croire que Novartis est impartiale et désintéressée, toutefois. Quoi qu’il en soit, peu importe le nombre d’études à long terme qui ne trouvent rien qui cloche avec le Ritalin, il demeurera toujours possible qu’une étude à venir lève le voile sur une véritable histoire d’horreur. Par exemple, «des chercheurs de l’Université de Californie ont affirmé que leur étude, dans laquelle ils suivaient des jeunes souffrant du trouble déficitaire de l'attention jusqu’à l’âge adulte, établit un lien entre l’utilisation du Ritalin et la consommation, plus tard, de tabac, de cocaïne et d’autres stimulants» (Donohue, 2000). Ce lien est-il assez fort pour qu’on s’inquiète? Comment peut-on être sûrs que ce n’est pas le trouble déficitaire de l'attention qui est principalement responsable du problème, plutôt que le Ritalin? Le battage médiatique et la quasi hystérie entourant l’utilisation du Ritalin ont fini par produire une atmosphère telle qu’on accorde du sérieux à un livre comme The Indigo Children. Évidemment, qui n’aimerait pas mieux que son enfant, au lieu de souffrir d’un trouble comportemental, soit en fait l’avant-garde d’une nouvelle humanité, choisie spécialement pour une mission de la plus haute importance? Par chance, Kryon n’appuie pas l’utilisation de cyanobactéries, solution de rechange «populaire» au Ritalin, même s’il n’existe aucune étude sur les effets à long terme qu’elles pourraient avoir sur le cerveau en plein développement des enfants (voir à ce sujet «The Algae AD/HD Connection: Can Blue Green Algae Be of Help with Attention Deficit/Hyperactivity Disorder?» par John Taylor, Ph.D.). Voir également: Enfant des étoiles.
Source : skepdic.com |
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