Karma

« …bonne ou mauvaise fortune touche aussi bien les gens honnêtes que les félons. ..»
(Spinoza)
 

Le karma est une loi spirituelle, tirée de l'hindouisme, qui affirme que tout acte, grand ou petit, va éventuellement revenir affecter son auteur avec la même force que celle de I'action initiale. Le bien viendra récompenser le bien, le mal sera rendu pour le mal. Comme les hindous croient à la réincarnation, le karma transcende les limites de la naissance et de la mort. S'il vous arrive de bonnes ou de mauvaises choses, c'est que vous avez fait quelque chose pour le mériter, dans cette vie-ci ou dans une vie antérieure.

On dit souvent que le karma est « une loi morale de cause et d'effet ». Cette loi incite à faire le bien et à éviter le mal, tout en fournissant une explication des maux et bienfaits pouvant toucher une personne.

D'une certaine façon, le karma sert à expliquer pourquoi de bonnes choses arrivent à de vilaines gens, alors que des malheurs frappent du monde bien honnête. Les injustices qu'il y a dans le monde, la répartition apparemment arbitraire du bonheur et du malheur ne sont qu'une apparence. En réalité, tout un chacun reçoit ce qu'il mérite. Même l'enfant battu par des parents drogués mérite son malheur. Le malade mental, le retardé, les homosexuels et les millions de Juifs tués par les Nazis ont mérité leur sort, à cause du mal qu'ils ont dû faire par le passé. L'esclave que l'on bat à mort ou presque, l'a mérité, sinon pour ce qu'il a fait aujourd'hui, du moins pour ce qu'il a fait dans d'autres vies. Même chose pour la victime d'un viol. Elle cueille ce qu'elle a semé. Toute souffrance a été méritée, selon la loi du karma.

Quoique la notion de karma reste une croyance métaphysique non confirmée par les faits, elle a gagné en popularité dans bien des endroits du monde occidental, ou elle s'est cependant coupée de ses racines hindoues. Par exemple, les théosophes croyaient au karma et à la réincarnation. Même chose pour James Van Praagh, qui prétend être un lien médiumnique avec des milliards de personnes décédées depuis des siècles :

Supposons qu'un individu tue quelqu'un… à un guichet automatique… De deux choses l'une. On peut penser que l'auteur du crime a agi librement. Ou encore, et même si ça semble bizarre, le geste a pu résulter d'une situation karmique dans laquelle la victime a dû payer une vieille dette pour avoir tué l'autre, l'assassin, dans une vie antérieure.

Van Praagh laisse voir clairement qu'il pense que c'est le karma, et non une libre décision, qui mène les gens à se tuer les uns les autres. S'il a raison, nous pourrions aussi bien renoncer à nos systèmes de morale et de justice criminelle. II n'y aurait plus ni victime ni criminel, et tous ne feraient que vivre leur karma. Personne ne serait responsable de ses actes. Nous ne serions que des pions karmiques en train de valser sur leur destinée.

Pourquoi se pavaner avec un principe amoral comme le karma, comme s'il servait à expliquer la justice ultime d'un univers indifférent? Pour la raison, dit Van Praagh, que « nous sommes sur terre pour apprendre des choses. C'est notre école, ici. Nous devons apprendre des leçons pour arriver à grandir. » Selon Van Praagh, la vie sur terre est en fait une vie au purgatoire. Nous sommes ici pour racheter nos péchés, pour évoluer spirituellement, pour épuiser du karma négatif. Ce sont les mêmes faibles arguments que l'on fournit pour expliquer l'existence du mal dans un monde qui est censé avoir été fait par un Dieu tout-Puissant et infiniment bon. La conception du karma de Van Praagh n'est pas de nature a être acceptée par les hindous et les bouddhistes. Ces gens diraient que la personne qui fait le mal agit en toute liberté, et que, lorsqu'un être subit du malheur, cela est causé par du mal qu'il a fait par le passé.

Tel que conçu par Van Praagh, le karma fait paraître la vie humaine bien insignifiante. Le simple fonctionnement d'une « loi » spirituelle cosrnique servirait à réduire les humains à l'état de créatures déshumanisées, vidées de toute moralité, de toute responsabilité, à l'état de simples causes et effets dans un système dépourvu de sens. Le karma interdit de croire que le mal qui fond sur nous puisse être non mérité. Pas d'innocence possible.

Le karma est une loi pour des hommes-moutons. Pas étonnant que les bergers l'adoptent volontiers. C'est une règIe de vie pour les gens passifs, pour ceux qui ne vont pas bousculer le statu quo, qui acceptent tous les maux comme étant naturels et inévitables C'est une règIe pour des esclaves, une loi pour des vaincus.

Les chrétiens se sont déjà demandé si Adam et Ève avaient un nombril. Les hindous, eux, se demandent si les premiers hommes avaient un karma.

 

Voir aussi: Réincarnation.

 

Traduit par Jacques Pelletier

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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