| Hypersensibilité environnementale |
Terme créé par un groupe de professionnels de la médecine pour désigner ce qu'ils croient être une nouvelle maladie résultant du mode de vie contemporain. À leurs yeux, il s'agit d'un mal écologique ou environnemental. Ainsi, certains d'entre nous seraient particulièrement sensibles à l'eau traitée, à l'air pollué, aux vêtements en tissus synthétiques, aux produits nettoyants, à la peinture, aux parfums et à une foule d'autres choses susceptibles de se retrouver dans la vie de tous les jours. Seuls les comportements et les symptômes évoqués par les personnes particulièrement sensibles à certains éléments de notre environnement moderne permettent d'identifier ces facteurs. Il n'y a apparemment aucune cause organique à leurs malaises, ce qui rend impossible la conception d'un test sanguin ou allergique. Il semble bien que Theron Randolph, m.d. (1906-1995) soit à l'origine du concept. En 1965, il a co-fondé la Society for Clinical Ecology (aujourd'hui, l'American Academy for Environmental Medicine). La communauté médicale n'accorde guère d'attention à cet organisme ni à l'«écologie clinique».* En effet, la plupart des médecins et des associations médicales ne reconnaissent pas l'hypersensibilité environnementale comme maladie organique, causée par des produits chimiques. Malgré tout, les gens qui se croient atteints de ce trouble, ou qui se le font diagnostiquer par des écologistes cliniques souffrent bel et bien de symptômes réels. Le docteur Stephen Barrett écrit:
Même si Barrett a sans doute raison d'exiger qu'on surveille davantage les écologistes cliniques, il demeure fort possible que la plupart des spécialistes médicaux qui se penchent sur l'hypersensibilité croient sincèrement qu'il y a dans l'environnement des facteurs qui ont un effet négatif sur certaines personnes particulièrement sensibles. Les réactions vont du simple inconvénient à des symptômes si graves qu'ils en sont incapacitants. La sincérité des écologistes cliniques n'a toutefois rien à voir avec la véracité de ce qu'ils pensent, et ne saurait servir d'excuse à l'absence d'études contrôlées adéquates pour valider leurs théories. Comme il n'existe aucun test médical relatif à l'hypersensibilité, des individus sans scrupules peuvent facilement poser un diagnostic facilitant la fraude de ceux qui cherchent à obtenir des aménagements spéciaux ou des prestations d'invalidité, ou qui entament des poursuites sans fondement contre des restaurants, des propriétaires d'immeubles et autres. On a bien mené des études contrôlées pour tenter de cerner la relation entre certains produits chimiques et les symptômes que rapportent les victimes d'hypersensibilité. Elles ont montré que les sujets étaient aussi susceptibles de réagir à des placebos qu'aux produits chimiques incriminés.* La chose ne prouve nullement que les symptômes sont feints, par contre; ils peuvent être tout à fait réels. Ils varient toutefois énormément, tout comme leurs causes présumées. Entre autres signes du syndrome, on retrouve:
Le docteur William J. Rea prétend avoir traité plus de 20 000 victimes d'hypersensibilité environnementale. Selon lui, elles peuvent manifester «n'importe quel symptôme tiré d'un manuel de médecine». Rien de moins. Les écologistes cliniques attribuent l'hypersensibilité environnementale à des facteurs comme
Le docteur Ronald E. Gots, Ph.D., a examiné les dossiers de plus d'une centaine de victimes d'hypersensibilité. Selon lui, ce syndrome serait «une étiquette apposée aux personnes qui ne se sentent pas bien pour toutes sortes de raisons, et qui croient toutes que les produits chimiques en sont responsables. C'est une maladie défiant toute classification, sans caractéristiques cohérentes, sans causes uniformes, sans traits objectifs ni mesurables. Elle existe parce qu'un patient y croit, et qu'un médecin valide sa croyance».*
Voir également: Électro-hypersensibilité.
Source : skepdic.com |
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