Accueil » Ressources » Dictionnaire sceptique » Syndrome du prix Nobel

Syndrome du prix Nobel

«Anomalie comportementale associée à certains gagnants du prix Nobel qui les pousse à adopter des idées étranges ou non scientifiques, habituellement tard au cours de la vie.»*

Parmi les victimes de ce syndrome, on retrouve:

Que l'on sache, le terme a été utilisé pour la première fois dans un des blogues de médecine scientifique de David Gorski. En l'occurrence, on évoquait quelques victimes du syndrome, mais on attribuait également l'expression à «quelques petits comiques». Selon Gorski, il s'agit d'«une tendance, chez les scientifiques gagnants le prix Nobel, à s'éprendre d'idées étranges ou même carrément pseudo scientifiques plus tard au cours de leur vie».

Plusieurs facteurs expliquent que des gens pourtant intelligents finissent par croire des idioties. Plus on est malin, plus on est capable de dégager des liens, de faire cadrer des données dans une hypothèse et de tirer des conclusions. Plus on est futé, plus on a de la facilité à rationaliser, autrement dit, à retirer toute valeur aux preuves - même criantes - qui vont à l'encontre de ce que l'on croit. Souvent, qui plus est, les gens brillants se montrent arrogants et pensent à tort qu'ils sont à l'abri de l'erreur, qu'elle vienne d'autrui, des données ou d'eux-mêmes.

Le syndrome du prix Nobel est-il une maladie réelle ou touche-t-il un pourcentage anormalement élevé des lauréats? Il est à peu près aussi réel et contagieux que le syndrome de la profession médicale: anomalie comportementale de certains praticiens de la médecine qui les pousse à adopter des idées étranges ou non scientifiques, voir carrément pseudo scientifiques, à n'importe quelle époque de la vie.

Parmi ses victimes on retrouve:

Que la liste des médecins défendant des idées bizarres soit plus longue que celle des lauréats du Nobel ne saurait surprendre, puisque les premiers sont bien plus nombreux que les seconds. Le fait à souligner demeure cependant le même: être une sommité dans un domaine ne vous transforme pas en autorité dans un domaine différent. Beaucoup aiment citer un prix Nobel, un scientifique ou un médecin à l'appui de leurs positions, mais une fois qu'un expert commence à faire des affirmations à l'extérieur de son champ d'étude, son autorité ne dépasse pas celle du simple profane.

On rencontre, bien sûr, autant de «syndromes» de ce genre qu'il y a de types d'experts ou d'autorités. Laissons le soin à d'autres d'en dresser la liste, en particulier celle des détenteurs de doctorats qui défendent des idées bizarres.

 

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

Haut de page
© 2014 Robert Todd Carroll (version anglaise)
© 2014 Les Sceptiques du Québec, inc. (version française)