Effet nocebo

La recherche a (...) montré que l’effet nocebo peut faire passer de positif à négatif la réaction du corps à des traitements médicaux véritables.

Du latin «je nuirai». Médicament ou geste médical en principe sans effet, mais qui produit néanmoins des symptômes. L’effet nocebo est causé par la suggestion ou la croyance qu’un médicament ou un geste médical est nuisible. Le terme est devenu populaire dans les années 1990; auparavant, on parlait d’effet placebo autant pour désigner les effets désirables et indésirables attribués au pouvoir de suggestion.

Pour des raisons d’éthique, on utilise peu souvent le nocebo dans le cadre d’études ou de pratiques médicales, ce qui explique pourquoi le sujet n’est pas souvent abordé dans les publications scientifiques. Par contre, quelques études et certaines preuves anecdotiques semblent en confirmer l’existence.

  • Plus des deux tiers d’un groupe de 34 étudiants de niveau collégial ont souffert de céphalées après qu’on leur eut fait croire qu’on faisait traverser leurs crânes par un courant électrique susceptible de causer des maux de tête.
  • Selon la Framingham Heart Study, les femmes qui se croyaient susceptibles d’être atteintes de maladies cardiaques étaient quatre fois plus susceptibles de mourir de telles maladies que celles qui, tout en présentant des facteurs de risque semblables, ne le croyaient pas.*  (Volker, Rebecca. «Nocebos Contribute to a Host of Ills». Journal of the American Medical Association, 275, no 5 (1996), pages 345 à 347). [Évidemment, on peut toujours affirmer que l’intuition des femmes des deux groupes était très bonne. Les facteurs de risque objectifs étaient les mêmes pour tout le monde, mais chaque femme connaissait son propre corps mieux que ce que pouvaient révéler les tests objectifs.]
  • Selon C.K. Meador, les adeptes du vaudou peuvent contracter des maladies et même mourir en raison de leurs croyances («Hex Death: Voodoo Magic or Persuasion?» Southern Medical Journal, 85, no 3 (1992), pages 244 à 247).
  • «Au cours d’une expérience, on a fait respirer à des patients asthmatiques un gaz censé contenir un irritant ou un allergène chimique. Près de la moitié des patients ont eu des problèmes respiratoires, et une dizaine d’entre eux ont même subi de véritables crises d’asthme. On les a «traités» à l’aide de ce qui devrait être un bronchodilatateur, et ils se sont immédiatement rétablis. En fait, autant l’«irritant» que le «médicament» n’était qu’une solution d’eau salée en aérosol.»*
     

Arthur Barsky, psychiatre à l’Hôpital Brigham et à l’Hôpital pour femmes de Boston, a découvert, dans un tour d’horizon récent des recherches sur le nocebo, que l’attente des patients à l’égard des effets indésirables d’un traitement ou des effets secondaires possibles d’un médicament avait un effet physiologique important (Barsky et autres, 2002).

Comme à peu près n’importe quoi peut produire des craintes chez un patient ou l’amener à croire certaines choses, il est fort possible que certains détails auxquels très peu, sinon aucun médecin ne songe, comme la couleur des comprimés qu’ils distribuent, le type de sarraus qu’ils portent, les termes avec lesquels ils donnent des explications, le genre de pièces où séjourne le malade, etc. peut revêtir une riche signification pour le malade, et avoir un profond effet, positif ou négatif, sur sa réaction au traitement.

 

Voir aussi: Effet placebo.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

Haut de page
© 2017 Robert Todd Carroll (version anglaise)
© 2017 Les Sceptiques du Québec (version française)