Voyage astral

(Expériences de sortie hors du corps, OBE)

“Une enquête a montré que 15% à 20% des gens ont déjà éprouvé la sensation de quitter leur corps”

 

Voyage astral

Expérience durant laquelle le sujet croit quitter son enveloppe charnelle et voir son propre corps et son environnement de l'extérieur. De telles sensations se produisent parfois au cours de rêves ou d'états de rêverie, mais sont également associés à certains souvenirs, où l'on adopte souvent une perspective extérieure. Les voyages astraux surviennent quelquefois sous l'influence d'anesthésiques ou dans les états de demi-conscience produits par des traumatismes. Chez certaines personnes, la consommation de drogues peut également provoquer des voyages astraux. Des chercheurs ont pu les produire en laboratoire en stimulant à l'aide de courants électriques le gyrus angulaire droit (située au point de contact du lobe temporal et du lobe pariétal).* Enfin, certaines personnes éprouvent la sensation de quitter leur corps lorsqu'elles approchent de la mort (voir Expérience de mort imminente).

Susan Blackmore, ancienne parapsychologue possédant un fort penchant sceptique, est considérée comme l'une des sommités mondiales en matière de voyages astraux et d'expériences de mort imminente. Elle-même a fait l’expérience d’un voyage astral quand elle étudiait à Oxford dans les années 1970. Elle a reconnu qu'elle passait alors «beaucoup de temps complètement givrée, à essayer différentes drogues» (Shermer, 1998). Au cours de sa première année à Oxford, elle a fait un voyage astral après avoir passé plusieurs heures à jouer au ouija tout en fumant de la marijuana. Autre fait important, à l'époque, elle se privait fréquemment de sommeil. Elle a dit en outre qu'elle se trouvait «dans un état d'esprit assez particulier» lors de son expérience (ibid.)

Blackmore a entamé son «voyage» en descendant un tunnel bordé d'arbres au bout duquel brillait une lumière, pour ensuite flotter au plafond de la pièce où elle se trouvait, tout en observant son corps, resté en bas, auquel elle demeurait reliée par un fil d'argent. Son corps astral a ensuite survolé Oxford et l'Angleterre, avant de traverser l'Atlantique jusqu'à New York. (Dans le livre An Unquiet Mind, Kay Redford Jamison, qui souffre de trouble bipolaire, décrit un périple semblable vers Jupiter, pendant qu'elle se trouvait dans la phase maniaque de sa maladie mentale.)

Après avoir flotté dans le ciel de New York, Blackmore a regagné sa chambre d'Oxford, où elle est devenue très petite, jusqu'à pouvoir pénétrer dans ses orteils. Elle est ensuite devenue aussi grosse que la planète, puis le système solaire, et enfin, l'univers.

Elle attribue son expérience à des processus cérébraux particuliers pouvant produire «une désinhibition neuronale dans le cortex visuel», ce qui explique, d'après elle, les hallucinations en général et les expériences de mort imminente. À l'époque, cependant, elle ne s'est pas tournée du côté de la psychopathologie, qui lui aurait permis de découvrir des cas d'Alice au pays des merveilles semblables aux siens. Elle dit qu'elle s'est plutôt mise à l'étude des projections astrales et de la théosophie, en espérant trouver des réponses à ses questions. Le fil d'argent qu'elle évoque se trouve justement dans le droit-fil des écrits occultes sur les projections astrales.

Certains expliquent les voyages astraux par l'idée que la conscience constitue une entité distincte du corps (voir Dualisme) et que l'une et l'autre peuvent exister indépendamment. La conscience désincarnée peut «voir», «entendre», «sentir», «écouter» et «ressentir». On a même avancé que l'«esprit» ou la «conscience» peuvent opérer et percevoir sur de vastes distances grâce à une mystérieuse force que nul n’a encore découverte. D'autres évoquent, plus simplement, des états de conscience inhabituels provoqués par la maladie ou le stress.

Voyage astral

Si l'esprit pouvait véritablement quitter l'accord, on s'attendrait à voir des esprits traîner un peu partout. Quelques corps astraux pourraient aussi se tromper de destination et se retrouver dans les mauvais corps physiques, ou alors, leurs fils argentés finiraient par s'emmêler. Certains esprits pourraient se perdre et errer à tout jamais dans l'éther, et quelques corps deviendraient fatalement des coquilles vides. Pensons également au drame de ces pauvres esprits qui se retrouveraient dans des corps de la mauvaise pointure.

Il est sans doute plus raisonnable de penser que les scientifiques sont sur la bonne voie et qu'ils vont finir par mettre le doigt sur les causes pathologiques des voyages astraux. Ce qui ne veut pas dire que ces expériences ne sont pas réelles. À titre d'exemple, l'auteur a déjà enseigné à une étudiante de 19 ans qui effectuait des voyages astraux depuis qu'elle en avait 7. Elle affirmait en faire au moins six par année. Ils arrivaient de nuit, quand elle était couchée, toujours spontanément. Elle était – et demeure – terrifiée par ces expériences (qui évoquent pour elle la mort, le moment où l'âme quitte la corps), et croyait que tout le monde subissait ce genre d'épreuves. Elle s'était rendue au ciel et y avait rencontré Jésus et ses anges gardiens (chaque personne en possède deux). Ils étaient tous très grands et portaient du blanc, quoique Jésus avait également une large ceinture pourpre. Elle se définissait comme très religieuse et disait souffrir de migraines, mais elle n'avait jamais consulté de médecins parce que dans sa famille, on ne le faisait que lorsqu'on était à l'article de la mort. Était-ce son âme qui quittait son corps, où son cerveau qui lui jouait des tours? La seconde explication paraît plus raisonnable, mais même si on arrivait à établir que des conditions physiologiques quelconques causaient à la fois ses migraines et ses voyages astraux, il demeurerait théoriquement possible que son esprit quittait vraiment son corps et que ses expériences n’étaient pas des hallucinations. Il est également possible, en théorie, que ses expériences relevaient du paranormal. Peut-être recevait-elle des messages télépathiques de sa mère, elle-même très religieuse. Quoiqu'il en soit, ses «voyages» semblaient jouer un rôle capital dans son existence.

 

 

Autres lectures: 

 

OBE, Out of Body Experiences, Expériences de Sortie hors du Corps, par Nicolas Vivant.
Dossiers de lObservatoire Zététique

 

France  Université de Strasbourg (Ethologie).
Les états non ordinaires de conscience.
Essai d'anthropologie expérimentale.

 
Chapitre V. OBE - Transe ecsomatique
Thèse de Doctorat de Sciences Humaines.
Michel NACHEZ  (1999)

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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