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Sophisme du pragmatique

Le sophisme du pragmatisme est commis lorsqu'on prétend que quelque chose est vrai parce que ça marche. Par exemple, l'astrologie marche, la numérologie marche, le toucher thérapeutique marche. Ce que marcher signifie ici n'est pas clair. Au minimum, cela signifie qu'on perçoit un bénéfice concret à croire que cela est vrai, malgré le fait que l'utilité d'une croyance soit indépendante de sa véracité. À ce niveau, marcher paraît signifier J'en suis satisfait, ce qui veut peut-être dire Je me sens mieux ou ça m'explique des choses. Au mieux, marcher signifie a des effets bénéfiques même si les preuves sont très minces pour établir la causalité.

Le sophisme du pragmatisme est fréquent dans les prétentions des médecines parallèles et souvent fondé sur un raisonnement post hoc. Par exemple, quelqu'un a mal au dos, se met la nouvelle ceinture magnétique ou tachyonique, se sent mieux peu après et déclare que la ceinture magique a fait partir la douleur. Conmment le sait-il? Parce que ça marche!

Il y a une réponse classique pour le sceptique qui ferait remarquer que la satisfaction client n'a aucun rapport avec le fait que l'appareil, la médecine ou la thérapie en question est vraiment un facteur causal significatif d'un effet donné. Qui se soucie de pourquoi ça marche, du moment que ça marche? Vous pouvez discuter sur la théorie du pourquoi, mais vous ne pouvez pas nier que les clients sont satisfaits. Il se sentent mieux après l'utilisation du produit. C'est tout ce qui compte.

Ce n'est pas tout ce qui compte. Les recommandations ne remplacent pas les études scientifiques, qui sont là pour nous éviter de nous illusionner sur ce qui paraît vrai. Il est particulièrement nécessaire de faire des études contrôlées des prétendus anti-douleurs pour éviter l'aveuglement dû à l'effet placebo, le raisonnement post hoc ou le sophisme de régression. Nous pouvons ne pas vouloir trop remettre en question le soulagement ressenti, mais nous devons nous interroger sur la cause de ce soulagement.

Il est facile de comprendre comment quelqu'un ayant un cancer en phase terminale, qui cherche un traitement parallèle et se retrouve en rémission peu après, peut attribuer une efficacité miraculeuse à ce traitement parallèle. Néanmoins, si le traitement parallèle n'est pas vraiment la cause de la rémission, les autres qui suivront ce traitement auront de faux espoirs. Bien sûr, les patients qui suivent ce traitement et meurent ne sont pas là pour raconter leur histoire. Leurs proches qui sont en vie pourront même prétendre que si le traitement n'a pas marché, c'est seulement parce qu'il a été appliqué trop tard. Le seul moyen de savoir avec certitude si le traitement a une efficacité causale est d'étudier son application dans des conditions contrôlées. Les recommandations sur l'efficacité du traitement peuvent être de bonne foi, mais elles peuvent être dangereusement trompeuses.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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