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Procera AVH® et Ceraplex

Procera AVH

Produits de santé aux qualités sans doute vantées avec exagération. Le Procera est un « supplément diététique » à très grande distribution dont on dit qu'il « renforce la mémoire ». Les comprimés, en vente sans ordonnance, sont censés « favoriser le fonctionnement du cerveau ». De quelle manière? Apparemment, ils aiguisent la mémoire et les facultés mentales, et redonnent au « cerveau paresseux, léthargique, toute sa netteté ». Quant au Ceraplex, on dit qu'il s'agit d'« une puissante formule de désintoxication du cerveau... conçue pour le débarrasser des toxines environnementales et améliorer la mémoire et la capacité de concentration ». Dans une annonce parue dans le Sacramento Bee le 15 avril 2013, on promettait aux 500 personnes qui commanderaient du Procera en premier une « provision GRATUITE » de Ceraplex. On prévient bien le lecteur que « les quantités sont limitées »; il faut donc « appeler maintenant ». Comme tout sur Terre est en quantité limitée à part la capacité à s'illusionner, les vendeurs du produit disent sans doute la vérité, mais peut-être pas toute la vérité. La même histoire à propos de quantités limitées de Ceraplex figurait dans une annonce de Procera AVH qui est parue il y a quatre ans dans le même journal.

L'auteur des présentes lignes a déjà écrit au sujet de ce produit dans un bulletin en 2009. Harriet A. Hall, md, surnommée The SkepDoc, a lu la même annonce dans son journal local l'an dernier et a écrit un commentaire là-dessus dans son blogue sur la médecine scientifique. Joe Cannon, de Supplement-Geek.com, a également écrit sur le Procera. On trouvera dans ces pages d'excellents exemples de l'application de la pensée critique à des affirmations controversées au sujet des avantages que présenteraient certains suppléments pour la santé. (Le lecteur qui cherche de tels produits n'a qu'à se rendre à la pharmacie du coin, au rayon des suppléments alimentaires. Pour des exemples d'annonces à leur sujet, voir la circulaire de Costco, qui regorge de publicités sur toutes sortes de suppléments visant ceux d'entre nous qui cherchent des façons sûres et efficaces de se débarrasser de la douleur et d'améliorer des facultés mentales en déclin.)

Dans bien des cas, on se fonde sur le même plan de marketing, ce qui devrait mettre la puce à l'oreille du lecteur. Les annonces ressemblent à des articles de journaux. Le texte est rempli de paroles creuses du genre « aide », « favorise », « contribue à », ainsi que d'expressions d'allure positive mais vagues et non scientifiques comme « revitalise » ou « renforce ». Les annonces font allusion à des études scientifiques publiées dans des revues approuvées par des pairs, mais disent rarement où on peut les trouver. Quand on réussit à les retracer, on est déçu par la taille négligeable de l'échantillon, la conception bancale de l'étude, la mauvaise utilisation (sinon l'absence) de groupes témoins, le taux d'abandon important, la publication dans des journaux de troisième ordre, ou d'autres caractéristiques rédhibitoires. Les témoignages de clients satisfaits forment la base de tout le système des soins de santé complémentaires, mais ils occupent une place essentielle dans les annonces concernant les suppléments. Jamais on ne verra de témoignages de clients insatisfaits; jamais on ne lira que l'amélioration de la santé d'un client quelconque n'est venue qu'après un enchaînement de causes étrangères les unes aux autres, tel que décrété par un soi-disant expert.

Les autorités invoquées dans ces publicités sont souvent décrites de façon inappropriée. On dit, par exemple, qu'elles ont été « mises en nomination pour le prix Nobel ». (Il n'existe aucun processus de nomination du genre qui prenne au sérieux les recommandations de groupes de particuliers.) Dans l'annonce sur le Procera, on parle, de façon fort étrange, d'un « US Surgeon General Candidate » qui aurait déclaré que cette fameuse pilule pour la mémoire « favorise le travail du cerveau ». Que peut bien être un « candidat » de ce genre? Dans l'annonce qui est parue dans le Bee, on ne donne pas son nom, mais le Dr Hall dit que dans la version de l'annonce qu'elle a vue, il s'agissait du Dr Paul Nemiroff. Une recherche par Google révèle que le Dr Nemiroff est « l'inventeur et promoteur de son propre supplément alimentaire, Joint Formula 88 ». Google permet également d'apprendre que Nemiroff est un chirurgien au curriculum vitae impressionnant. Du coup, plusieurs lecteurs se demandent sans doute pourquoi leur médecin ne leur a jamais parlé de cet incroyable médicament?

Habituellement, les annonces pour ces suppléments contiennent quelques détails que tout esprit critique se doit de rechercher, soit des autorités aux titres pertinents, comme le Dr Nemiroff, œuvrant dans des domaines leur permettant de témoigner de la validité des affirmations qui accompagnent le produit. Malheureusement, la plupart des lecteurs n'auront aucune idée de qui sont ces personnes. La publicité qui figurait dans le Bee à propos du Procera citait (en l'accompagnant d'une photo) un certain Robert Heller, md, et faisait référence au travail du Dr Con Stough, du Brain Sciences Institute. Les principaux témoignages du genre venaient cependant d'un expert, le Dr Joshua Reynolds, « chercheur de premier plan sur le cerveau » et « concepteur principal du Procera AVH ». Dans le site Web de Brain Research Labs, on dit plutôt qu'il s'agit de « l'inventeur du Procera AVH ». Le site Web présente également la photo d'un pharmacien aux cheveux blancs vêtu d'une blouse, un certain Gene Steiner. Steiner se fend lui aussi d'un témoignage dans l'annonce du Bee. Juste au-dessus, on montre la photo de ce qui ressemble vaguement à l'entrée d'un hôpital. La légende précise qu'une étude scientifique a été « menée dans ce centre de recherche universitaire » sur « ce qui pourrait être le premier produit au monde permettant d'améliorer la mémoire ». Le centre en question n'est pas nommé, mais au bas de l'annonce, on peut lire la mise en garde suivante: « L'Université de Californie à Los Angeles n'a aucun lien avec le produit décrit dans la présente annonce. La référence au Dr Heller ne doit pas être considérée comme un appui de la part de l'Université de Californie à Los Angeles ». Curieusement, on ne parle pas du tout de cette université dans la publicité. Heller, en passant, figure dans le site Web de Brain Research Labs comme cofondateur de l'institution avec Reynolds. Il serait un « interniste agréé et un professeur clinicien émérite de médecine au Centre médical de l'Université de Californie à Los Angeles ».

Avant de se pencher sur les affirmations que présentent les inventeurs du Procera et du Ceraplex, il y a une chose sur laquelle un esprit critique devrait s'intéresser: la mise en garde. On ne retrouve pas qu'un avertissement à propos de l'Université de la Californie à Los Angeles dans la publicité sur ces deux produits. On y emploie aussi une autre forme de mise en garde bien connue dans le domaine des pseudo sciences.

Le présent produit n'est pas conçu dans un but de diagnostic, de traitement, ou de prévention. Les énoncés précédents n'ont pas été évalués par la FDA [Federal Drug Administration].
Ceraplex

Aux États-Unis, la FDA tient compte de l'utilisation prévue d'un produit donné pour déclarer s'il s'agit ou non d'un médicament. Le médicament est « un produit devant servir à des fins de diagnostic, de traitement, d'atténuation ou de prévention d'une maladie ». Ni le Procera ni le Ceraplex ne servent à traiter ou atténuer de maladies. La publicité ne mentionne aucunement la démence, la maladie d'Alzheimer, la dépression ni aucune autre affection. Le supplément est censé agir sur la mémoire, la concentration et l'humeur. Le comprimé « facilite le transport d'oxygène et de glucose au cerveau ». Il « contribue à restaurer les neurotransmetteurs affaiblis, ce qui peut accroître la vigilance, la concentration et la mémoire ». On n'en conseille pas l'usage pour traiter une maladie quelconque; il ne s'agit donc pas d'un médicament -- du moins, pas selon la réglementation de la FDA. Il s'agit d'un composé de substances chimiques, une première provenant de la pervenche, la deuxième de la viande rouge, et la troisième, d'un type d'Huperzia. Même là, Reynolds et Heller n'affirment pas que le Procera est un produit naturel. Il montrent bien qu'il ne s'agit pas d'un médicament, toutefois. Pour beaucoup, ne pas être un médicament équivaut à être un produit naturel.

La grande question

La grande question que devraient se poser tout bon lecteur de ces publicités devrait être: Si le Procera et le Cerebrex sont si extraordinaires, pourquoi ne sont-ils pas recommandés par tous les médecins de la planète? Reynolds et Heller, et c'est tout à leur honneur, n'imitent pas les promoteurs de suppléments alimentaires qui évoquent des complots ourdis par les grandes entreprises pharmaceutiques ou la mafia médicale. En fait, ils évitent tout bonnement d'aborder le sujet. Tout de même, la question est légitime. Pourquoi nos médecins restent-ils silencieux à propos de produits aussi sensationnels? Sont-ils dangereux? Comportent-ils des effets indésirables dont les inventeurs ou les vendeurs préfèrent ne pas parler? Sont-ils trop onéreux? Les vante-t-on exagérément? Est-ce que la recherche à leur sujet n'est pas aussi fiable que ce qu'affirment les inventeurs ou les vendeurs?

La vérité sous les mots

Qu'est-ce que le Procera AVH? Selon le Dr Hall, le produit contient de l'acétyl-L-carnitinine (ALC), de la vinpocétine et de l'huperzine-A. À en croire l'annonce du Bee, il s'agit de « trois nutriments renforçant l'activité du cerveau » pour lesquels on a démontré qu'ils « redonnent toute sa vigueur d'antan au cerveau âgé ». Mais où est la démonstration?

D'après Google University, l'ALC imite un neurotransmetteur, l'acétylcholine. Pour cette raison, il a fait l'objet de plusieurs essais cliniques sur des personnes âgées présentant des problèmes de mémoire. La publication la plus récente sur le sujet semble remonter à une décennie. Un examen de onze essais cliniques conclut:

L'impression clinique globale semble indiquer que l'ALC est avantageuse, mais on ne retrouve aucune preuve à partir d'évaluations objectives dans d'autres domaines. Étant donné le nombre important de comparaisons, les résultats statistiquement significatifs pourraient résulter du hasard. Pour l'instant, aucune preuve ne permet d'en recommander l'utilisation habituelle dans la pratique clinique... rien ne montre que l'ALC est susceptible de devenir un agent thérapeutique d'importance.

La vinpocétine est largement répandue comme vasodilatateur et on l'utilise dans le traitement de la démence vasculaire, surtout en Europe de l'Est. La dernière étude qu'on peut trouver dans PubMed a été effectuée en Hongrie, et la traduction en anglais (qui date de 2012) ne mentionne pas combien de sujets elle comportait. Les auteurs recommandent la vinpocétine pour « la déficience intellectuelle légère ». Selon le Dr Hall, le Réseau Cochrane donne trois études sur les effets de la vinpocétine sur les adultes atteints de démence. Les résultats ne sont pas concluants. L'une des études était certainement trop modeste pour permettre d'en arriver à des conclusions sur l'efficacité de la vinpocétine sur la mémoire de sujets en bonne santé.

L'huperzine-A, selon Joe Cannon, « inhibe l'action de l'acétylcholinestérase, l'enzyme qui scinde l'acétylcholine. En tant que telle, la substance peut faire monter les niveaux d'acétylcholine dans le cerveau, mais provoque, de ce fait, toute une série d'effets indésirables comme une hausse de la tension artérielle, des crampes musculaires, des vomissements, de la sudation, et parfois des crises d'épilepsie et des problèmes de vision ». Le Dr Hall a découvert qu'« une petite étude portant sur des étudiants chinois a mis en relief une amélioration de la mémoire et des résultats plus élevés aux tests administrés. Certaines études à propos d'adultes atteints de démence montraient des résultats favorables, mais un examen du Réseau Cochrane montre que les preuves sont inadéquates, et qu'on ne peut en tirer de conclusions.

Les examens indépendants menés par le Dr Hall et M. Cannon donnent des résultats bien différents du tableau enthousiaste dépeint par Heller et Reynolds, fondateurs de Brain Research Labs. Étrangement, aucune des études publiées sur les composantes du Procera AVH ne venait de leur laboratoire. Encore plus étrange: d'après Cannon, Brain Research Labs est situé dans une zone résidentielle de Murfreesboro, au Tennessee. Une vérification à l'aide de NetWorkSolutions montre que le site Web de Brain Research Labs appartient à Key View Labs, Inc., 1680 Fruitville Road, Sarasota, Floride 34236. Une recherche par Google Map indique qu'un cabinet d'avocat, pas un laboratoire, occupe cette adresse. Un article de journal du 16 janvier 2013 nous apprend que des investisseurs ont mis 11,4 millions de dollars US dans Key View Labs inc., une entreprise de produits de santé de Sarasota. Le magazine Business Week décrit Key View Labs comme « un détaillant en ligne de produits de santé pour le cerveau, la longévité et la performance cognitive ». Autrement dit, ni Brain Research Labs ni Key View Labs ne sont des laboratoires.

Alors, où l'a-t-on effectuée cette recherche en laboratoire dont parle la publicité sur le Procera en termes triomphaux? À la fois dans la publicité imprimée et l'annonce en ligne, les promoteurs du Procera se fient sur un seul et même homme à ce sujet: le Dr Con Stough, du Brain Sciences Institute, Swinburne University, Melbourne, Australie. Le site Web du Brain Sciences Institute n'a pas de Dr Stough sur sa liste de chercheurs, mais il figure bel et bien comme enseignant associé de la Swinburne University. Sa liste de publications est impressionnante, mais une seule d'entre elles est liée au Procera AVH: « Étude randomisée en double aveugle avec groupe de contrôle placebo sur les effets d'une combinaison de formules de nutraceutiques sur le fonctionnement cognitif et l'humeur » JANA, 12, 12-19. Selon la publicité du Procera, le JANA serait une importante publication scientifique révisée par des pairs. Le Dr Hall a découvert que JANA est l'abréviation de Journal of the American Nutraceutical Association, « obscure publication qui a paru de façon erratique (une à quatre fois l'an) de 1996 à 2009. Il ne figure même pas dans PubMed. L'article même est disponible gratuitement en ligne.

La grande étude de validation par Stough et autres durait peu de temps (30 jours), et ne comptait que peu de sujets: 43 dans le groupe prenant la formule nutraceutique, et 31 dans le groupe de contrôle. L'étude avait commencé avec 45 sujets dans chaque groupe, le taux d'abandon a donc été beaucoup plus élevé dans le groupe de contrôle (31% contre 4% dans le groupe expérimental), ce qui pourrait résulter d'une série de hasards, ou d'une fuite d'information qui est parvenue aux oreilles des participants. L'âge moyen du groupe expérimental était de 49,5 ans, contre 47,1 ans pour le groupe placebo. « Le dosage était de 1,515 mg par jour, et chaque participant devait prendre 3 comprimés par jour. La formule de nutraceutiques, connue sous le nom de Procera AVH, était fournie par 20/20 Brain power Partners, LLC (fondateurs de Brain Research Labs), Laguna Beach, Californie. La moitié du financement de la recherche venait des fournisseurs du produit.

Les chercheurs ont évalué « une gamme de fonctions cognitives, y compris l'attention, le traitement de l'information, les sous-boucles de la mémoire de travail, le raisonnement, la mémoire secondaire et la coordination spécialisée ». L'étude a permis de découvrir « des changements non significatifs dans le temps de réaction simple, la vigilance relative aux chiffres et le temps de réaction de choix, la mémoire de travail spatiale, et la reconnaissance des images (consolidation des objets de la mémoire à long terme) ». Comme on pourrait s'y attendre dans n'importe quelle étude mesurant des dizaines de variables, quelques changements étaient significatifs, par exemple, ceux qui concernaient  la mémoire de travail numérique et la vitesse de performance au cours des tâches de reconnaissance des mots. Il y a également eu plusieurs différences entre les deux groupes qui ne sont pas allées au-delà de p<.05, ce à quoi on peut s'attendre lorsqu'un grand nombre de facteurs sont mesurés et comparés entre eux. En gros, le mieux qu'on puisse dire à propos de cette étude, c'est qu'elle était bien conçue, qu'elle a employé un nombre raisonnable de techniques de tri, et qu'on n'a pas tenu à tout prix à recommander le Procera AVH en tant que nouveau médicament miracle.

Avant de tirer des conclusions à propos des avantages du Procera AVH, mieux vaudrait cependant voir d'autres études, portant sur un plus grand nombre de participants, pendant plus de temps. Il faudrait aussi justifier comment les fabricants du Procera en sont arrivés à cette formule de 1,515 mg pour chaque comprimé à prendre trois fois par jour. (Quelqu'un du service à la clientèle de Procera a dit à Cannon que les comprimés contenaient des quantités égales de chacun des trois ingrédients.)

Faut-il se désintoxiquer le cerveau?

Il semble bien qu'il n'y ait pas beaucoup de données scientifiques en faveur du Procera AVH. Mais quant au Ceraplex? Selon BRL, Ceraplex est « une formule naturelle à action multiple, anti oxydante, détoxifiante et neuroprotectrice, spécialement conçue pour protéger le cerveau contre l'assaut quotidien d'une vaste gamme de « toxines » et d'éléments de stress, y compris les radicaux libres, les hormones de stress et le vieillissement ». Qu'est-ce que le « labo » peut nous dire à ce sujet? Quand Joe Cannon a enquêté sur le Ceraplex, l'adresse de BRL avait changé. Elle était passée à Spokane, dans l'État de Washington. Ce nouveau « labo » se trouve aussi dans un quartier résidentiel.

Le Ceraplex compte six ingrédients, dont chacun est un anti oxydant ou un anti-inflammatoire. Pour autant qu'on sache, il n'y a pas eu pour le Ceraplex une étude semblable à celle du Dr Stough et autres. Les inventeurs du produit se disent peut-être que puisqu'il existe des preuves que ces ingrédients, pris séparément, aident certaines personnes de certaines façons, les mettre tous les six ensemble pourrait aider le cerveau de certains. Peut-être, en effet. Mais peut-être aussi que non.

Y a-t-il des preuves scientifiques claires que la quantité de toxines qui se retrouvent dans le cerveau de la plupart d'entre nous causent des pertes cognitives importantes? Si elles existent, on aimerait les voir. Selon le site Web de BRL:

Des milliers d'études cliniques, ces vingt dernières années, ont montré que les ingrédients du Ceraplex sont efficaces pour réduire les radicaux libres (stress oxydatif), les marqueurs inflammatoires (par ex.: les cytokines, le COX-2 et le 5-LOX), ainsi que les sous-produits neurotoxiques de la respiration cellulaire et de l'oxydation (entre autres, les débris métaboliques), spécialement dans la mitochondrie.

Ce qu'on raconte au sujet des ingrédients du Ceraplex peut être vrai, mais rien ne nous dit qu'ils fonctionnent en synergie ni à quelle dose. Les résultats de la recherche sur d'autres produits, faite par d'autres laboratoires, est présentée comme preuve scientifique qu'un produit non testé est sûr, efficace et validé. Dans de telles conditions, mieux vaut considérer l'argent dépensé pour le Procera ou le Ceraplex comme gaspillé. Malheureusement, on ignore où s'adresser pour se plaindre, quelque part au Tennessee, dans le Washington, en Californie ou en Floride?

Enfin, le lecteur devrait réfléchir à ce que les promoteurs du Procera et du Ceraplex eux-mêmes proposent aux consommateurs de rechercher en matière de suppléments alimentaires pour le cerveau:

L'étude clinique a-t-elle été menée sur le produit en tant que tel, ou le promoteur du produit ne fait-il que citer des études cliniques sur les ingrédients de son produit?
 
Si oui, le produit comprend-il au moins la dose minimale ressortant comme efficace d'un consensus obtenu par des études cliniques qualifiées?
 
L'échantillon de l'étude était-il d'une taille significative, par exemple, 75 à 100 sujets?
 
Enfin, l'étude a-t-elle été menée sur des personnes en bonne santé, normales d'un point de vue cognitif, représentant un groupe assez large d'hommes et de femmes, ou alors, sur des sujets aux facultés cognitives altérées?

À toutes ces questions, la réponse est « non » pour le Ceraplex. Le Procera a été étudié par Stough et autres, mais on ignore comment on en est arrivé au dosage proposé. L'étude a commencé avec 90 sujets en bonne santé, mais environ un tiers du groupe de contrôle a abandonné en cours de route. L'étude a été menée sur des sujets en santé de divers âges, mais le plan de marketing pour le produit semble viser le consommateur qui pose lui-même son diagnostic, et qui croit souffrir de problèmes de mémoire ou d'autres problèmes cognitifs. Un jour, on trouvera sûrement un comprimé substitut à l'exercice physique, mais pour l'instant, la meilleure manière d'entretenir son cerveau, c'est d'éviter les dangers les plus courants (l'alcool, les méthamphétamines, etc.), de faire de longues promenades et de l'exercice aérobique.

 


 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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