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Pseudo-science

Du grec pseudês, «menteur». Fausse science. Ensemble d’idées que l’on cherche à faire passer pour scientifiques quand, au contraire, elles ne le sont pas.

Les théories scientifiques répondent à des critères précis:

  • elles se fondent sur l’observation empirique plutôt que sur l’autorité de quelque texte sacré;  
  • elles expliquent toute une gamme de phénomènes empiriques;  
  • elles sont vérifiées empiriquement, suivant une méthode rationnelle, ce qui implique la confirmation de prédictions précises, déduites de la théorie;  
  • elles sont confirmées plutôt qu’infirmées par des épreuves empiriques ou la découverte de nouveaux faits;  
  • elles sont impersonnelles, et par conséquent vérifiables par n’importe qui, peu importe la religion ou les croyances métaphysiques;  
  • elles sont dynamiques et fécondes, et mènent les chercheurs à de nouvelles connaissances, à une meilleure compréhension de l’interdépendance des éléments du monde naturel, plutôt que statiques et stériles, n’entraînant aucune nouvelle recherche ni meilleure compréhension du monde naturel;  
  • elles sont abordées avec scepticisme plutôt qu’avec crédulité, surtout en ce qui a trait à d’hypothétiques forces paranormales ou puissances surnaturelles, et considérées comme des propositions faillibles, plutôt que comme des vérités absolues et dogmatiques.

Certaines théories pseudo-scientifiques se fondent sur des textes sacrés, faisant autorité dans des milieux donnés, plutôt que sur l’observation et l’étude empirique. Les créationnistes, par exemple, ne font des observations que dans le but de confirmer des dogmes infaillibles, et non pour découvrir la vérité sur le monde naturel. De telles théories sont statiques et ne mènent à aucune découverte scientifique, à aucune amélioration de notre compréhension du monde naturel.

Certaines théories pseudo-scientifiques expliquent ce que les non-croyants ne peuvent même pas observer, par exemple, l’énergie orgone.

Dans certains cas, il est impossible de les vérifier, car elles sont compatibles avec à peu près tout ce qu’on peut trouver dans le monde empirique, par exemple, la théorie des engrammes de L. Ron Hubbard.

D’autres théories sont strictement invérifiables parce qu’elles sont si vagues et si malléables qu’on peut y intégrer à peu près n’importe quoi et s’en servir ensuite comme preuve, comme pour l’ennéagramme, l’iridologie, la théorie du trouble de la personnalité multiple, l’indicateur de type psychologique Myers-Briggs, les théories qui sous-tendent une bonne partie des psychothérapies du Nouvel-Âge et la réflexologie.

Certaines théories ont fait l’objet d’études empiriques, qui les ont falsifiées plutôt que confirmées; on a dû faire appel à de nombreuses hypothèses ad hoc pour en prolonger l’existence. C’est le cas de l’astrologie, des biorythmes, de la communication facilitée, de la perception des plantes et de la perception extra-sensorielle. Malgré les preuves incontournables de leur non-viabilité, elles continuent de compter des adhérents.

Certaines théories pseudo-scientifiques comptent davantage sur d'anciennes légendes ou de vieux mythes que sur des preuves matérielles, même lorsque leur interprétation de ces légendes se fonde sur des croyances contraires aux lois connues de la nature ou aux faits établis. Il en est ainsi des théories de Velikovsky, von Däniken et de Sitchin.

Certaines, encore, ne reposent que sur une utilisation sélective d'anecdotes, d'intuitions et de tout ce qui peut servir à confirmer la théorie, comme l'anthropométrie, l'aromathérapie, la crâniométrie, la graphologie, la métoposcopie, la personnologie et la physiognomonie.

Certains pseudo-scientifiques confondent la métaphysique et l'empirisme. Ce sont, entre autres, les partisans de l'acupuncture, de l'alchimie, de la mémoire cellulaire, du lyssenkoïsme, de la naturopathie, du reïki, du rolfing, du toucher thérapeutique et de la médecine ayûr-védique.

Enfin, non seulement certains d'entre eux confondent métaphysique et empirisme, mais ils maintiennent des idées contredisant les lois scientifiques et doivent recourir à des hypothèses ad hoc pour expliquer leurs croyances. C'est le cas des homéopathes.

Les pseudo-scientifiques prétendent fonder leurs théories sur des preuves empiriques, et utilisent parfois des méthodes scientifiques, quoique souvent, ils comprennent mal ce qu'est une expérience contrôlée. Beaucoup d'entre eux aiment rappeler que leurs théories correspondent aux faits connus ou à des conséquences déjà prédites, sans toutefois comprendre qu'une telle caractéristique ne prouve rien. Correspondre aux faits connus est une condition nécessaire mais non suffisante pour une bonne théorie scientifique. La théorie contredite par les faits ne tient de toute évidence pas debout, mais la théorie qui correspond aux faits n'est pas nécessairement saine. Par exemple, «le caractère véridique de l'hypothèse selon laquelle la peste est due à des esprits malins n'est pas établie par la déduction, correcte en soi, qu'on peut éviter la maladie en se prémunissant contre les esprits malins» (Beveridge 1957, page 118).

 

 

 

► Quatre textes sur le problème des relations entre science et pseudo-sciences écrit par Serge Larivée, professeur de psychoéducation à l'Université de Montréal et gagnant de notre Prix Sceptique 2002. 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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