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Hologramme quantique

Note d'introduction du traducteur:

L'hologramme quantique, en physique, est un hologramme réalisé à l'échelle quantique, en utilisant par exemple des électrons. Toutefois, le terme hologramme quantique est utilisé par des parapsychologues pour décrire une entité fictive dont il est question dans cet article. Cette traduction comprend d'importantes modifications par rapport à l'article original. Des passages sarcastiques interminables et pour la plupart liés à des évènements étatsuniens ont été omis et remplacés par un résumé de l'information qui en découle. D'autres précisions sont apportées en bas de page.

 


 

Un hologramme quantique est une entité postulée (imaginaire) supposément émise par tous les objets physiques de taille supramoléculaire et contenant de l'information sur toute l'histoire de l'objet l'émettant. Edgar Mitchell, ancien astronaute et adepte de la théorie du psi en décrit le concept et l'utilité en parapsychologie :

Les quantas émis par chaque objet, que nous avons découverts, colportent de l'information sur sa nature physique. L'hologramme quantique est une structure informationnelle d'un objet physique qui n'est pas locale, c'est-à-dire qui n'est pas restreinte dans le temps ni dans l'espace. L'hologramme quantique semble être un bon mécanisme pour expliquer pratiquement toutes les manifestations psychiques connues par l'humain. Nous commençons à comprendre ce qu'est la conscience, et ce que nous semblons en comprendre jusqu'à maintenant est que c'est l'empreinte holographique quantique qui survit. Elle contient notre histoire, elle enregistre notre passage, ce que nous faisons, et demeure disponible à travers l'avenir. Elle semble être la façon dont la nature préserve nos expériences, c'est en fait la partie non-locale. Elle est la partie informationnelle de chacun de nous, donc tout ce que nous faisons en tant qu'être physique est enregistré dans cette empreinte holographique quantique éphémère, un gigantesque disque dur dans le ciel, si vous voulez.

En d'autres mots, l'hologramme quantique est la toute dernière version des chroniques Akashiques: un régistre imaginaire de tout ce qui est déjà arrivé ou qui va arriver, accessible par des moyens psychiques.

Selon Mitchell, le concept de l'hologramme quantique est "la structure informationnelle qui sait expliquer la résonance morphique de [Rupert] Sheldrake", ainsi que d'autres phénomènes psychiques. Ainsi nous avons un postulat qui en explique un autre, duquel aucun n'est nécessaire pour expliquer quoi que ce soit, comme une étude détaillée de l'histoire de la recherche sur le psi le démontre.

Si l'hologramme quantique existait, Edgar Mitchell pourrait sans doute retrouver ce qui a été effacé des enregistrements du Watergate. Cette information plânerait à quelque part dans l'univers holographique et serait accessible par des moyens psychiques. Tous les mystères pourraient ainsi être résolus, à condition d'avoir un esprit adéquat sachant accéder à cet hologramme.

L'auteur Dean Radin a écrit un ouvrage intitulé Entangled Minds (non-traduit en français, le titre veut dire : "Esprits intriqués") dans lequel il propose quatre explications du fonctionnement du psi qui ne sont pas vraiment crédibles. Radin tente de s'appuyer sur l'autorité de David Bohm (1917-1992), physicien de renom qui a fait intervenir les notions d'ordres expliqué et impliqué pour décrire l'univers (Wholeness and the Implicate Order, 1980). L'ordre impliqué serait enroulé dans l'ordre expliqué. Les notions de temps, d'espace et de matière seraient perçues par nous dans l'ordre expliqué mais auraient leur origine dans l'ordre impliqué. Pour illustrer ce concept, Bohm a donné entre autres1 une métaphore où l'ordre impliqué serait en quelque sorte la plaque photographique et l'ordre expliqué, l'hologramme2. Cela n'a toutefois rien à voir avec les prétentions de Dean Radin et David Bohm n'a jamais prêté d'applications surnaturelles à sa théorie3. Dean Radin semble, étrangement, considérer que beaucoup de soi-disant voyants sont des charlatans, mais que l'hologramme quantique est une méthode scientifique permettant vraiment de voir les images d'objets cachés, à l'aide de photons intriqués. Radin accuse l'Association Américaine des Physiciens d'avoir un préjugé défavorable face au psi pour des raisons d'image. En effet, il a raison sur un point: les physiciens ne veulent rien savoir de la pseudoscience.

 

 

Notes du Traducteur:

1. Même si son modèle sert entre autres à résoudre certains paradoxes de l'interprétation de la physique quantique, l'hologramme de son analogie n'est pas nécessairement quantique. Bohm donne d'ailleurs deux autres analogies, ce qui montre clairement que l'hologramme n'est qu'une métaphore parmi d'autres.

2. Un hologramme est une image en trois dimensions qui apparaît lorsqu'une plaque photographique dans laquelle est encodée adéquatement l'information de l'image est éclairée par une source de lumière cohérente tel un laser. Le phénomène physique de diffraction permet de constituer pour notre oeil des zones d'ombres et de lumière qui font paraître l'image (hologramme) en trois dimensions. Pour y parvenir, on encode l'information de l'image entière dans chaque "morceau" de la plaque. De ce fait, toute section du film contient de l'information sur l'objet au complet et avec une seule partie de celui-ci l'image peut être générée (mais avec une définition et précision moindre).

3. Dans l'article original, monsieur Carroll ajoute que Karl Pribram et Ken Wilber ont relié les théories de David Bohm à des phénomènes spirituels et psychiques. C'est faux. Le neurologue Karl Pribram, a développé une théorie appelée communément théorie holonomique du fonctionnement du cerveau. Le terme holonomique fait référence au fait d'étabir des relations entre coordonnées différentes. Sa théorie se base sur le fait qu'il y a des zones fibreuses du cerveau qui semblent montrer une activité ressemblant à une transformée de Fourier4 du stimuli nerveux. Pour certains, cette théorie permet une analogie séduisante avec l'holographie. Si le cerveau fonctionnait de façon holographique, chaque morceau du cerveau contiendrait l'ensemble de la pensée et il serait impossible de comprendre le fonctionnement de celui-ci en appliquant la méthode réductionniste, qui consiste à regarder ce qui se passe dans différentes parties. De plus, cela suggérerait un fonctionnement ondulatoire du cerveau, dans lequel on ne pourrait pas localiser différents phénomènes comme la pensée, les émotions, etc. La science du Dr. Pribram, fondée sur des observations et mesures, ne suppose aucunement quoi que ce soit du genre, ni ne conclue quoi que ce soit de spirituel ou de psychique (autrement qu'au sens cognitif du terme). Pribram, comme Bohm, ne soutient pas que le cerveau est comme un hologramme, c'est-à-dire comme une plaque photographique où toute notre mémoire serait encodée mutiples fois. Et à aucun moment Pribram ne parle de quantique dans le cadre du fonctionnement du cerveau.

Quant à Ken Wilber, auteur de livres à saveurs philosophique et psychologique, il a publié un recueil intitulé Le paradigme holographique (1982) où il présente différents articles, dont un de Bohm et un de Pribram, décrivant des phénomènes qui présentent certaines analogies avec l'holographie. Wilber décrit l'émergence d'un nouveau paradigme, lequel serait en rupture avec le matérialisme localisé. Il ne prête pas aux hologrammes des manifestations surnaturelles. Wilber a même critiqué, plus tard, (dans Eye to Eye, 1996) le paradigme holographique en disant que celui-ci avait sombré dans une sorte de mysticisme pop.

Le physicien Fritjof Capra en est en partie responsable, notamment par l'introduction de son livre Le Tao de la Physique (1975). Le modèle holographique appliqué un peu n'importe comment se rapproche de l'holisme et donc d'une certaine vision mystique. Toutefois, ni Wilber et ni Pribram n'ont fait de lien avec le surnaturel, contrairement à ce que suggère monsieur Carroll. Un auteur ayant tenté de présenter les théories de Pribram et Bohm comme liées entre elles est Michael Talbot; on retrouve beaucoup de références suspectes sur internet qui suggèrent que Pribram et Bohm ont conçu ensemble le modèle holonomique du cerveau. Cela n'est pas prouvé. Bohm avait une conception du cerveau humain très proche des connaissances en neurologie contemporaine comme le démontrent plusieurs de ses affirmations dans le recueil Thought as a system (1994, posthume).

4. La transformée de Fourier est un outil mathématique qui représente, lorsque appliqué à une fonction donnée, la distribution des variations de cette fonction selon différents espacements de la coordonnée de référence. Elle permet entre autres, lorsqu'appliquée à une fonction qui décrit la variation de l'amplitude en fonction du temps (coordonnée de référence) d'obtenir ces variations en terme de fréquence (inverse du temps; 1 Hertz = 1 s-1). Un exemple de transformée de Fourier est la visualisation de type égalisateur des systèmes de son (amplitude en fonction de la fréquence) ; cette visualisation est une transformée de Fourier continue des vibrations acoustiques qui produisent la musique que nous entendons dans le temps (représentées par une série temporelle de valeurs numériques en format numérique tel que WAV, etc).

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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