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William C. Rader

William C. Rader

Psychiatre de profession qui prétend guérir un grand nombre de maladies et de troubles physiologiques à l'aide d'injections de cellules souches embryonnaires. Bien que son cabinet se trouve à Malibu, en Californie, sa clinique proprement dite est en République dominicaine. Il exige 25 000 $ US pour la première injection, et l'on sait qu'au moins une famille a payé à plusieurs reprises les 8 500 $ US que coûte chaque injection de rappel.*

Rader n'a fait paraître aucune étude à propos de sa thérapie, et même, il n'y a aucune façon d'identifier ce qu'il injecte réellement à ses patients. Il n'autorise personne à jeter un coup d'œil à ses «cellules». Les seules données disponibles à propos de son traitement sont des anecdotes.

Impossible de vérifier si ces anecdotes sont vraies, donc. Si, d'aventure, la santé d'un patient s'est améliorée après le traitement, il est tout aussi impossible de savoir dans quelle mesure la cure proposée par Rader a joué un rôle significatif dans cette amélioration. Autrement dit, Rader est un guérisseur fidéiste.

Rader ne soumet ses patients, dont beaucoup sont des enfants confiés à ses soins par leurs parents, à aucun test scientifique, ni avant ni après le traitement. Il a même reconnu n'avoir aucune idée de la façon dont sa thérapie fonctionne. Pas étonnant, car il n'y a aucune preuve scientifique qu'elle devrait le faire. Il affirme qu'il injecte tout simplement des cellules souches pluripotentielles dans les veines de ses patients, et que les cellules font le reste.

Une fois qu'elles sont injectées, dit Rader, les cellules savent exactement où aller et quoi faire, toutes seules... «Je ne dis pas aux cellules où se rendre, parce que je n'ai aucune idée de ce que devrait être leur destination. Je laisse la Nature, ou Dieu, comme vous voulez, faire son travail.»*

Il n'y a aucune preuve scientifique indiquant qu'une simple injection intraveineuse ou sous-cutanée de cellules souches embryonnaires peut avoir le moindre effet sur l'épilepsie, les lésions cérébrales, la sclérose en plaques ou n'importe quelle autre des maladies que Rader prétend traiter. (Liste partielle des maladies que Rader prétend guérir par son fameux traitement: la maladie d'Alzheimer, l'anémie, l'autisme, les lésions cérébrales, le cancer, la paralysie cérébrale, le syndrome de fatigue chronique, la dépression, le diabète, la diverticulose, l'épilepsie, l'impuissance, la dépression immunitaire, la leucémie, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la polyarthrite rhumatoïde, la drépanocytose, les lésions de la moelle épinière, les crises cardiaques, le lupus érythémateux et la colite ulcéreuse.)* Rader prétend également qu'«en renforçant le système immunitaire, les cellules embryonnaires permettent de prévenir de nombreuses maladies, y compris le cancer, les cellules embryonnaires formant une barrière anticancéreuse qui devient un facteur anti-âge supplémentaire».

Comme l'explique le Dr Stephen Barrett,

Les cellules souches possèdent la capacité de devenir toutes sortes de cellules spécialisées au sein de l'organisme. Certains types de cellules souches sont déjà employées pour restaurer les fonctions de l'hématopoïèse ou du système immunitaire après la chimiothérapie à fortes doses pour lutter contre certains types de cancer, et on a pu démontrer l'importance de plusieurs autres utilisations analeptiques. La plus grande application potentielle serait la génération de cellules et de tissus servant à réparer ou à remplacer des organes endommagés. Si les scientifiques parviennent à apprendre comment contrôler le passage des cellules souches à l'état de nouvelles cellules fonctionnellement matures, la médecine pourrait être en mesure de guérir de nombreuses maladies pour lesquelles les traitements sont pour l'instant inadéquats.
 
Afin de prouver [ce que dit Rader à propos des cellules embryonnaires], il faudrait suivre des milliers de personnes durant des essais contrôlés s'étendant sur de nombreuses années. La technologie relative aux cellules souches n'existe pas depuis assez longtemps pour que de telles études aient pu s'effectuer.*

D'après le Dr Barrett, Rader semble avoir trouvé son idée de cellules souches embryonnaires et de guérison par la foi auprès d'une entreprise ukrainienne nommée EmCell, dirigée par Alexandre Smikodub et Alexeï Karpenko.

Dans le passé, [Rader] a dirigé des entreprises nommées Mediquest Ltd., Czech Foundation et Dulcinea Institute, Ltd. Un message envoyé au groupe de discussion Yahoo sur les cellules souches indique qu'avant d'ouvrir sa propre clinique (en 1997 aux Bahamas), Rader accompagnait des patients à la clinique ukrainienne.*

À tout le moins, Rader fait une affirmation véridique à propos du traitement à l'aide de cellules souches embryonnaires. Dans le site Web de sa clinique, il écrit: Comme dans le cas de n'importe quel traitement médical, les résultats peuvent varier de façon importante, et pourraient ne pas être positifs.

Sally Struthers

Rader a obtenu son diplôme de médecine à la State University de New York à Buffalo en 1967. Il a d'abord travaillé dans le domaine de l'alcoolisme et de la toxicomanie, ainsi que dans celui des troubles de l'alimentation. Il a été mabrié à l'actrice Sally Struthers de 1977 à 1983. La chaîne de cliniques contre les troubles de l'alimentation qu'il exploitait dans le sud de la Californie, le Rader Institute, Inc., s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites en 2004 (1 279 700 $ US de dettes et aucun actif).*

Pendant plus d'une décennie, à partir de la fin des années 1970, il a donné des conseils de nature psychiatrique sur les ondes de la chaîne ABC7 dans le marché télévisuel de Los Angeles. En 1993, il a ouvert à Mexico une clinique pour le traitement des patients atteints du VIH-sida. Il dit y avoir traité plus de 1500 patients à l'aide de cellules souches embryonnaires. À 25 000 dollars par tête de pipe, il s'est ainsi fait près de 40 millions. Il a écrit un livre, Blocked in the U.S.A. : The Stem Cell Miracle, dans lequel on peut lire des témoignages «de parents qui n'ont jamais cessé de se battre pour sauver la vie de leurs enfants, même quand la médecine organisée leur a refusé davantage de traitements, en leur disant non seulement que leurs enfants n'avaient plus aucune chance, mais qu'ils ne devaient pas courir de risques à propos d'une nouvelle thérapie inédite». Ce qu'on n'y trouve pas, par contre, c'est la moindre trace de plausibilité scientifique à propos de son travail, sous la forme d'essais cliniques, ou de témoignages de la part de clients insatisfaits.

Ce que raconte Rader plaira sans doute à ceux qui se méfient de la médecine conventionnelle, ainsi qu'aux désespérés à qui elle ne semble avoir rien à offrir. Il s'attirera particulièrement les suffrages des personnes se méfiant des autorités médicales, qui imposent qu'on fasse la preuve de l'innocuité et de l'efficacité d'un traitement avant que les entreprises pharmaceutiques puissent le mettre sur le marché. Le processus est long et coûteux, malgré la croyance voulant que les grandes entreprises pharmaceutiques aient les gouvernements dans leur poche. C'est également un problème lorsque le nouveau médicament ou la nouvelle thérapie semble sûr et efficace, sans pour autant avoir franchi l'étape des essais cliniques randomisés. Exiger des preuves venant d'essais cliniques peut vouloir dire que certaines personnes devront mourir pour que d'autres bénéficient d'un nouveau remède, ce qui semble contraire à l'éthique. C'est aussi l'une des failles de la médecine scientifique d'attendre que des essais cliniques produisent des statistiques pour conclure qu'une thérapie est sans danger et efficace. Ce qu'on devrait prendre en considération, c'est plutôt l'ensemble de la preuve scientifique rendant plausible ou probable qu'une thérapie quelconque soit sûre et efficace. Rader n'a toutefois pas de données scientifiques lui permettant d'affirmer qu'il est plausible - et encore moins qu'il est probable - que son traitement par des cellules souches embryonnaires constitue une méthode sûre et efficace de traiter la série de maladies dont il parle.

Un petit coup d'œil à la vidéo suivante [en anglais] permettra de se faire une idée du personnage.

 

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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