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Rama (alias Frederick Lenz)

 (1950-1998) 

Frederick Lenz

Maître zen, docteur en littérature anglaise et homme d’affaire, fondateur d’Advanced Systems, Inc. Féru d’hindouisme et de bouddhisme, Lenz a profité ses connaissances pour constituer une secte dont il a pris la tête. Au début des années 1980, il a commencé à se faire appeler Rama, dernière incarnation du dieu hindou Vishnou. En 1982, il s’est mis à donner des conférences à Malibu, en Californie. Bientôt, des milliers de personnes se sont fendues d’importantes sommes (jusqu’à 5 000 $) pour entendre l’enseignement du soi-disant gourou, médium et thaumaturge. Mais en quoi consistait cet enseignement? L’un de ses disciples en a donné un exemple: «Les gens avancés sur le plan spirituel emploient des ordinateurs parce qu’ainsi, ils peuvent gagner beaucoup d’argent. Plus on fait d’argent, mieux on médite» (Clark et Gallo 1993, p. 102).

Rama employait toutes sortes de prétendues techniques de contrôle de l’esprit pour se gagner des disciples. Il exigeait d’eux qu’ils le fixent du regard pendant de longues heures jusqu’à ce qu’ils se mettent à halluciner et à «voir» Lenz se mettre à luire et changer de forme. Le gourou affirmait ensuite que de telles «visions» signifiaient qu’ils étaient des médiums.

Rama a séduit beaucoup de ses suivantes en leur disant qu’il ne couchait qu’avec celles qui possédaient une forme très rare de karma. Les élues pouvaient accéder à un niveau plus élevé de conscience. Un truc à tenter la prochaine fois que vous irez prendre un verre dans un bar...

Le gourou s’est permis une grande licence avec la religion et le tantrisme dans son livre Surfing  the Himalayas: A Spiritual Adventure (1997), dans lequel il contait ses aventures de «néviplanchiste dans le myétiolem tantrique» et lançait des perles de sagesse du genre:

En fin de compte, la réflexion est un moyen très inefficace de traiter de l’information...

et

La façon relationnelle de faire les choses consiste à élever son esprit à un quatrième état, un état de conscience supérieur. Dans un tel état, on amène l’esprit conscient au-dessus du flot de données extérieures – hors des dimensions du temps et de l’espace, pour ainsi dire – et l’on se fond dans l’intelligence pure de la conscience universelle.

Bob Frankenberg, P.D.G. de Novell, affirme que le livre «divertit et éclaire», et qu’il «met en opposition de merveilleuse façon la spiritualité orientale et le pragmatisme de l’Occident». Phil Jackson, entraîneur des Bulls de Chicago, dit pour sa part que le livre «introduit légèreté et humour dans un domaine souvent traité de façon terre-à-terre et ennuyeuse». Comment s’étonner qu’il ait fait un tabac en librairie? Moins d’un an plus tard, Rama récidivait avec un autre classique du genre: Snowboarding to Nirvana.

Malheureusement, sa sagesse tantrique n’a pu le sauver lorsque, le jour avant qu’il doive s’acquitter de ses impôts au fisc en 1998, Rama s’est noyé dans les eaux de Conscience Bay, près de sa résidence du quartier chic de Old Field, à Setauket, dans le Long Island. Des rumeurs affirment qu’il était complètement défoncé quand il est tombé du quai. Une femme non identifiée, que la police a décrite comme «incohérente», a été trouvée chez Lenz au moment où l’on repêchait son corps. L’expert en matière de sectes, Joe Szimbart, dit que Lenz, qui avait 48 ans à son décès, souffrait d’un cancer du foie et qu’il s’est suicidé par surdose de phénobarbital (Skeptical Inquirer, juillet-août 1998). Selon le Bureau du médecin légiste du comté de Suffolk, il s’agissait plutôt de Valium. Quoi qu’il en soit, Rama fait maintenant de la planche à neige avec les poissons.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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