| Médecine scientifique |
Manière d'envisager la médecine selon laquelle il faut évaluer les médicaments et traitements à la lumière des meilleures preuves scientifiques.* Au cœur du concept, on retrouve ce qui distingue avant tout la médecine scientifique de la médecine fondée sur l'expérience clinique, à savoir l'existence de la science en tant qu'ensemble de théories, de connaissances et de lois interdépendantes. La médecine fondée sur l'expérience clinique considère comme preuve scientifique tout résultat obtenu au cours d'un essai clinique (et par conséquent, par des méta-analyses ou des examens méthodiques d'essais cliniques), que ces essais reposent ou non sur le concept de plausibilité scientifique. Les auteurs d'un blogue sur la médecine scientifique expriment la chose ainsi:
Il faut jauger les affirmations dépourvues de plausibilité, comme celles que l'eau possède une mémoire (homéopathie) ou qu'il faut débloquer le chi pour restaurer la santé (acuponcture) en relation avec l'ensemble de nos connaissances scientifiques. En soi, ces idées n'ont aucune plausibilité, ce dont il faut tenir compte lorsqu'on évalue les essais cliniques reposant sur elles. Certains partisans de la médecine fondée sur l'expérience clinique s'élèvent contre le fait que certaines procédures médicales ne sont pas fondées sur des essais cliniques. Dans certains cas, pourtant, on peut déterminer la plausibilité scientifique sans recourir à des expériences sur des échantillons aléatoires et contrôlés. Inutile de demander à deux personnes, l'une munie d'un parachute et l'autre pas, de sauter d'un avion en vol afin de savoir quelle façon de faire est la plus sûre. De même, on peut très bien recommander certaines pratiques médicales à partir de nos connaissances scientifiques et du facteur de plausibilité sans exiger d'essais cliniques. Exigeriez-vous des essais cliniques avant de laisser un secouriste appliquer un tourniquet à votre bras en cas d'hémorragie? Pour la médecine scientifique, les essais sur des échantillons aléatoires et contrôlés sont la meilleure façon de réduire au maximum l'effet de biais éventuels, sans toutefois constituer la seule norme applicable. Kimball Atwood, du blogue sur la médecine scientifique insiste sur ce fait:
Selon la médecine à caractère scientifique, il est nécessaire, avant de mettre à l'essai un traitement médical, qu'il y ait une «probabilité raisonnablement élevée» que le traitement en question fonctionne. Il y a quelque chose d'illogique et de contraire à l'éthique de mener des essais cliniques pour savoir si, par exemple, le pollen d'abeilles guérit du cancer ou si le cartilage de requin est utile contre l'arthrite. Pourquoi? Parce qu'il n'y a aucune indication scientifique solide montrant que la chose servirait à qui que ce soit. Agir ainsi, au gré de la fantaisie d'un politicien, par exemple, qui attribue la guérison de son chien au pollen d'abeilles est illogique. Exposer des gens ou des animaux à des substances quelconques pour tester des effets dépourvus de plausibilité scientifique n'est pas conforme à l'éthique. En outre, comme le fait remarquer Kimball Atwood:
Il est illogique d'accorder plus de poids à un ensemble d'essais cliniques de valeur douteuse conférant un soutien minimal au traitement concerné qu'à un corpus de connaissances scientifiques montrant que le traitement ne jouit d'aucune plausibilité. La médecine fondée sur l'expérience clinique ne tient pas compte de la plausibilité scientifique comme facteur important dans l'évaluation d'un traitement comme le fait la médecine scientifique. Pour cette dernière, la plausibilité scientifique est une condition nécessaire, quoique non suffisante, au passage à l'essai clinique et à l'application du traitement. Enfin, la médecine scientifique soutient que la probabilité bayésienne constitue une mesure supérieure des données obtenues durant un essai clinique par rapport à la valeur p des «statistiques fréquentielles».
Source : skepdic.com |
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