| Essai clinique promotionnel |
(seeding trial)Pseudo essai clinique conçu par une compagnie pharmaceutique pour faire la promotion d'un produit récemment approuvé par les autorités. «On cherche à faire passer de tels essais comme des tentatives de répondre à des questions scientifiques, mais en vérité, ce à quoi ils répondent avant tout, ce sont des objectifs de marketing» (Hill et autres, 2008). Il s'agit en fin de compte d'une campagne publicitaire ciblée déguisée en essai clinique. On vise la promotion d'un produit tout en donnant l'impression d'effectuer de la recherche scientifique. Les essais cliniques promotionnels ne permettent pas de découvrir si un produit donné est sûr et efficace, mais cherchent à amener les médecins à prescrire ce produit. Dans le cadre de tels essais, la direction du marketing d'une compagnie pharmaceutique enrôle des médecins dans ce qu'on leur présente comme une recherche clinique. La compagnie les rémunère pour leur participation, conçoit l'étude, collige et analyse les données. Tout ce que le médecin doit faire, c'est prescrire le médicament à ses patients. L'essai promotionnel typique, cependant, diffère du véritable essai clinique en ce qu'il n'est pas effectué en aveugle, qu'il ne comporte aucun contrôle, que les sujets ne donnent pas leur consentement, et qu'on ne compare pas le produit avec un placebo.
Dans le New England Journal of Medicine de 1994, l'ancien commissaire de la Food and Drug Administration des États-Unis, David Kessler, et d'autres auteurs écrivaient:
La FDA a eu beau révéler le caractère véritable de ces essais cliniques, qui n'ont rien pour raffermir la confiance du grand public envers les compagnies pharmaceutiques, les essais promotionnels se poursuivent. Comme Merck and Co., Inc., accusée d'avoir tu le danger pour la santé humaine que comportait son médicament, le Vioxx, s'est fait traîner en cour, on a pu prendre connaissance de documents qui, selon Hill et autres, montrent qu'une étude menée par l'entreprise et qui était censée porter sur la différence entre le Vioxx et le Naproxen, avait pour véritable objectif de faire la promotion du Vioxx.* Merck a tout nié.
Kevin Hill a pourtant fait remarquer que certains des documents produits par l'entreprise devant les tribunaux, alors qu'elle faisait l'objet de poursuites au sujet des crises cardiaques qu'aurait causées le Vioxx, révélaient le véritable objectif de l'étude de ADVANTAGE. Ils montraient en effet que c'était le service de marketing de Merck qui avait conçu ADVANTAGE et qui s'était occupé de la collecte et de l'analyse des données. En outre, dans une note interne de l'entreprise, deux de ses dirigeants mettent l'étude en nomination pour un prix de marketing de Merck. Comme on le dit en toutes lettres, «L'étude avait pour objectif de présenter le produit à un groupe important de médecins, afin d'accélérer l'adoption du Vioxx comme deuxième arrivant au sein d'une nouvelle classe à concurrence élevée» (Silverman). Si l'étude ADVANTAGE a été créée par la division du marketing, et si l'un de ses objectifs était de pousser les médecins à prescrire le Vioxx, l'étude était promotionnelle, peu importe son concept ou ses autres objectifs. À ce titre, de telles études n'incitent guère le public à avoir confiance en la façon dont les entreprises pharmaceutiques mènent la recherche clinique sur leurs produits. Parce qu'on ne s'y soucie même pas de répartition aléatoire des sujets, de consentement éclairé ni de groupe de contrôle, on peut même les juger encore plus nocives que des recherches clairement boiteuses. Source : skepdic.com |
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