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Fuite sensorielle

Dans une étude sur le psi, les défauts de conception aux plus grandes répercussions potentielles sont ceux qui permettraient au récepteur d’obtenir l’information cible dans un mode sensoriel normal, soit par inadvertance ou par tricherie. C’est ce qu’on appelle le problème de la fuite sensorielle.
 

Terme employé pour désigner le transfert d’information à l’aide des cinq sens au cours d’une expérience contrôlée sur le psi. Une telle expérience est censée mesurer d’éventuels transferts d’information ou d’énergie par des moyens supra sensoriels, actuellement inexpliqués par les mécanismes physiques ou biologiques connus. Une fuite sensorielle est donc un transfert d’information qui se fait d’une façon non métapsychique. La chose peut arriver de différentes manières. Par exemple, les participants ou les expérimentateurs pourraient, de façon non intentionnelle, donner des indices aux sujets. Des contrôles inadéquats pourraient permettre aux participants de voir ou d’entendre des choses censées demeurer cachées d’une manière tout à fait prosaïque.

Comme la plupart des expériences en parapsychologie dépendent d’analyses statistiques de données – plutôt que de l’observation directe d’un sujet choisissant, par exemple, le numéro gagnant à la loto cinq minutes avant le tirage – il faut être absolument certain que ce qu’on mesure au cours de l’expérience n’est pas un transfert d’information platement conventionnel.

Par exemple, au cours d’une expérience de télépathie ou de clairvoyance à l’aide de cartes Zener, un émetteur regarde une carte et tente d’envoyer l’information à son propos à un récepteur par des moyens télépathiques. Il est important, ici d’établir des contrôles pour différents types de fuites sensorielles. Ainsi, les cartes ne devraient pas être visibles du récepteur. S’il est en mesure de voir à travers la carte que tient l’émetteur, ou d’en apercevoir le reflet dans un miroir, une vitre ou les lunettes de l’émetteur, il pourrait y avoir transfert indu d’information.

Dans les expériences ganzfeld ou les expériences de vision à distance, avant de montrer la cible et les contrôles au récepteur, il faut s’assurer que personne ne les a manipulés auparavant, qu’on ne les a ni datés ni marqués de la moindre façon pouvant permettre un transfert d’information au sujet. En outre, l’expérimentateur qui présente la cible et les contrôles au récepteur doit ignorer quelle est la véritable cible, de peur qu’il ne donne par inadvertance des signaux, mêmes subtils, au récepteur. Comme l’a dit Jeffrey Mishlove:

Autant les juges que les sujets peuvent déceler des plis, des marques, des taches, des différences de température ou d’autres artéfacts produits par diverses manipulations des cibles réelles avant qu’on les mêle à d’autres cibles. On peut également donner des indices quand des cibles placées dans des enveloppes en sont retirées, puis scellées à nouveau dans d’autres enveloppes, comme on l’a parfois vu.

Durant certaines expériences, il est essentiel que les pièces où se trouvent l’émetteur et le récepteur soient insonorisées afin de prévenir tout transfert d’information par des mécanismes physiques ou biologiques, comme lorsqu’on entend une conversation ou une bande vidéo.

Mishlove remarque que

Dès 1895, des psychologues ont parlé de «murmures inconscients» en laboratoire et ont pu montrer que des émetteurs, lors d’expériences sur la télépathie, pouvaient donner des signaux sonores tout à fait à leur insu... L’utilisation ingénieuse de réflecteurs de sons paraboliques en a rendu la démonstration possible. De nombreux chercheurs des années héroïques de la psychologie ou de la parapsychologie ont rapidement lancé des avertissements à propos des dangers de la divulgation non intentionnelle d’indices... Les indices subtils décrits par ces défricheurs correspondent exactement à ce qui infléchit, comme l’ont constaté les psychologues contemporains, les effets de prévision des chercheurs en laboratoire.

Mishlove donne aux parapsychologues quelques précautions à respecter pour prévenir les fuites sensorielles.

Lorsqu’ils conçoivent leurs expériences, les chercheurs ne doivent pas présumer qu’aucun fraudeur ne se dissimule parmi leurs sujets. Il faut prendre des précautions afin d’empêcher les plus habiles des fraudeurs ou des magiciens d’obtenir de l’information sur les cibles par des voies sensorielles normales.

Bref, les parapsychologues compétents doivent prendre toutes les mesures raisonnables pour prévenir le transfert d’information, intentionnellement ou non, entre les expérimentateurs ou les sujets.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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