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Combustion humaine spontanée

Combustion Humaine Spontanée

La combustion humaine spontanée (CHS) est prétendument un phénomène par lequel un corps humain prendrait feu à cause d'une chaleur générée par une action chimique interne. Bien que personne n'ait jamais assisté à une CHS, plusieurs décès lui ont été attribués par des enquêteurs ou des conteurs.

Dans la documentation, la combustion humaine spontanée est presque exclusivement réservée aux cadavres. Une légende du 17ième siècle, cependant, prétend qu'un Allemand se serait auto-enflammé, à cause de sa consommation excessive de brandy. Si le fait de boire de grandes quantités de brandy pouvait causer l'auto-combustion, il y aurait beaucoup plus de cas que ce seul fait isolé provenant d'Allemagne.

Plusieurs des histoires de CHS tirent leur origine d'enquêteurs de police, perplexes devant des corps partiellement brûlés, malgré des tapis ou du mobilier intacts. "De quoi d'autre pourrait-il s'agir?" se demandaient-ils. Plusieurs des cas attribués à la combustion spontanée sont des cadavres de personnes âgées qui auraient pu être assassinées ou auraient mis le feu accidentellement à leur propre personne. Cependant, l'hypothèse de l'incendie causé par une cigarette allumée ou par l'intervention d'une autre personne est rejetée par les enquêteurs. Même lorsque des chandelles ou un foyer pourraient présenter une explication rationnelle de l'incendie, les enquêteurs favorisent parfois une explication qui implique la croyance dans un phénomène qui n'a jamais été observé par qui que ce soit de toute l'histoire de l'humanité et dont la vraisemblance est extrêmement douteuse.

Possibilité matérielle de la CHS

Les possibilités réelles de la combustion humaine spontanée sont restreintes. Non seulement le corps humain est-il constitué surtout d'eau, mais à part de la graisse et du méthane, il ne contient pas grand'chose qui puisse brûler facilement. La crémation d'un corps humain requiert une énorme quantité de chaleur pendant une longue période*. Obtenir d'un corps humain une réaction chimique qui mènerait à la combustion ne serait pas une sinécure. Si le défunt avait ingurgité une énorme quantité de foin infesté de bactéries, une chaleur suffisante pourrait être générée pour enflammer le foin, mais fort peu de choses, à part une partie des intestins, pourrait effectivement brûler. Ou bien, si le défunt avait mangé du papier journal et bu de l'huile et qu'on le laissait faisander quelques semaines dans une pièce bien chauffée, ses intestins finiraient peut-être par s'allumer.

Il est vrai que le point d'inflammation du gras humain est plutôt bas, mais le feu aurait besoin, pour demeurer actif, d'une source externe. Une fois enflammé, cependant, certains chercheurs pensent que le gras pourrait agir comme une mèche et faire brûler certains endroits suffisamment pour détruire aussi les os. Pour prouver qu'un corps humain pourrait brûler comme une chandelle, le docteur John de Haan du California Criminalistic Institute a enveloppé un porc mort dans une couverture, puis a versé un peu d'essence sur la couverture avant d'y mettre le feu. Les os ont fini par brûler après cinq heures de combustion continue. La quantité de gras d'un porc est très similaire à celle d'un être humain. Le dommage causé au porc, selon le Dr. De Haan " est exactement le même que celui qu'on attribue à la combustion humaine spontanée ".

En enquêtant sur certains cas de CHS, les docteurs Joe Nickell et John Fisher ont réalisé que lorsque le corps n'était que partiellement détruit, la seule source de combustible significative était les vêtements de l'individu, alors que lorsque la combustion était considérable, des sources additionnelles de combustibles avaient augmenté la combustion. Certains matériaux sous le corps pouvaient retenir le gras qui s'échappait du corps et en maintenir la combustion.

 

 

Traduit par Francine Labrie

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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