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Effet mouton-chèvre

 

Nom donné au fait que, dans les expériences où l'on tente de mesurer le psi, les personnes qui croient à son existence tendent à obtenir des résultats supérieurs au hasard, tandis que ceux qui n'y croient pas, ou qui ne croient pas qu'il joue le moindre effet dans ces expériences tendent à obtenir des résultats inférieurs au hasard.

L'expression remonte à 1942, quand Gertrude Schmeidler, professeure de psychologie de la City University de New York*, a demandé à ses étudiants s'ils croyaient au psi avant de leur faire passer un test de perception extrasensorielle à l'aide de cartes, en appelant «moutons» ceux qui croyaient au psi, et «chèvres» ceux qui n'y croyaient pas. Les moutons ont obtenu des scores supérieurs au hasard de façon statistiquement significative, tandis que ceux des chèvres étaient inférieurs au hasard de façon statistiquement significative. Ces résultats ont été reproduits de nombreuses fois, selon Mario Varvoglis.

Certains en concluent qu'il faut croire au psi pour qu'il fonctionne. Par exemple, Varvoglis affirme:

... dès le départ, l'attitude de chacun à propos du psi a un effet sur la probabilité qu'un tel phénomène se produise. Plus une personne affiche une vision réductionniste du monde, moins il y aura de chances que des phénomènes psi émergent (et encore moins qu'ils y assistent); plus une personne s'intéresse à l'interrelation entre les choses, plus elle est ouverte aux expériences psi, plus il y aura de chances que le monde «réagisse» en suscitant de telles expériences.

La chose lui paraît peut-être évidente, mais on cherchera en vain en vertu de quoi...

On est facile de comprendre comment les croyants peuvent obtenir des scores supérieurs au hasard (grâce à des indices subtils, des fuites sensorielles, en comptant des cartes, en trichant, etc.) On peut aussi comprendre comment les chercheurs qui croient au psi tendent à obtenir des résultats positifs, tandis que les non croyants tendent à obtenir des résultats négatifs (effet de l'expérimenteur, tricherie, différences dans la compétence et la rigueur appliquées à la conception d'une expérience, etc.) Mais pourquoi diable les non-croyants, en tant que groupe, obtiendraient constamment des résultats inférieurs à la chance dans les expériences de perception extrasensorielle à l'aide de cartes, phénomène connu sous le nom de manque de psi. J.B. Rhine croyait que c'était parce que les non-croyants ne l'aimaient pas. Peut-être bien, mais on a de la difficulté à penser que les croyants l'aimaient, lui.

 

Voir également: Déplacement; Effet inhibiteur; Parapsycholgie; Psi; et A Short History of Psi Research par Robert Todd Carroll.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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© 2017 Robert Todd Carroll (version anglaise)
© 2017 Les Sceptiques du Québec (version française)