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Ian Stevenson (1918-2007)

Nous mourons tous d'une maladie quelconque. Mais quels facteurs en déterminent la nature? La recherche d'une réponse à cette question pourrait, je pense, nous amener à penser qu'elle résulte au moins en partie de nos vies antérieures.
Ian Stevenson, mort à 88 ans à la suite d'une pneumonie
 
Ian Stevenson

Psychiatre ayant abandonné la médecine scientifique pour rassembler des récits sur les expériences de vies antérieures, dans lesquels il voyait autant de preuves de la réincarnation. Stevenson a obtenu son diplôme en médecine de l'Université McGill, à Montréal, en 1943, en arrivant en tête de sa classe. Il a également effectué des travaux avancés en psychanalyse, même s'il en est venu à rejeter la psychologie freudienne. Il y préférait le concept d'inconscient développé par des gens comme William James, Carl Jung et Frederic Myers, qui «faisaient en sorte que les processus mentaux inconscients puissent constituer la source ou le canal de communication des plus grandes réussites créatrices de l'Homme (de même que l'origine de quelques-unes de ses aberrations pathologiques); elles permettaient en outre l'expérience de ce qu'on appelle le paranormal ou même de l'âme» (Stevenson 1989). Il restait tout de même d'accord avec les freudiens quant à «l'importance des processus mentaux dans la maladie chez l'humain. Cet élément est minimisé ou carrément nié par la plupart des chercheurs en psychologie, en génétique et en neurobiologie. Pour eux, l'esprit est un sous-produit des processus cérébraux, et le libre arbitre n'est qu'une illusion» (Stevenson 1989). Stevenson s'est souvent dépeint comme un électron libre, toujours prêt à aller à contre-courant.

Son intérêt pour le paranormal lui est venu de sa mère, fervente théosophe. Il aimait beaucoup la Society for Psychical Research, même si l'un de ses premiers leaders, Richard Hodgson, avait totalement déboulonné Madame Blavatsky, fondatrice de la théosophie. (On a remis en question le rapport de Hodgson, mais les tromperies de la Blavatsky n'en sont pas moins avérées.)

Stevenson est avant tout connu pour ses études d'enfants qui prétendaient se souvenir de leurs vies antérieures, mais il a conservé toute sa vie un intérêt pour les affections psychosomatiques et croyait que ses données sur la réincarnation pourraient servir la médecine. Selon lui, on pouvait expliquer la maladie uniquement par l'hérédité ou l'environnement; dans certains cas, il fallait examiner les expériences faites dans des vies antérieures. Le concept de la réincarnation était censé l'aider à résoudre le problème qui le préoccupait depuis des décennies: Pourquoi contracte-t-on une maladie plutôt qu'une autre? La question l'intriguait parce qu'il rejetait les explications se limitant à la génétique et à l'environnement. Stevenson était d'avis que la personne et son enveloppe charnelle existaient de façon séparée et indépendante; la génétique ne pouvait expliquer toutes les marques de naissance ou les anomalies congénitales, ni même quelques maladies internes. Dans certains cas, pensait-il, intervenait «la volonté de la personnalité antérieure» et les traumatismes qui s'étaient produits au cours de l'existence antérieure (Mills et Lynn 2000, pages 289-290; Stevenson 1997). La réincarnation elle-même dépendait peut-être de la volonté personnelle de chacun: «Il se peut que nos croyances déterminent notre sort: celui qui croit à son retour, mais uniquement parmi ses coreligionnaires, se réincarnera ainsi. Celui qui croit simplement qu'il mourra sans revenir sur Terre disparaît tout bonnement» (Shroder 1999, p. 77).

D'un point de vue philosophique, Stevenson faisait preuve d'un dualisme naïf. Il croyait que le corps et l'âme possèdent des existences différentes, qu'ils évoluent en parallèle, et il semblait peu au courant ou peu intéressé par les problèmes philosophiques que ce courant de pensée sur l'âme et le corps impliquait.

Ses expériences personnelles avec la mescaline et le LSD ont renforcé ce dualisme:

La chose peut sembler paradoxale, car si un psychotrope à petite dose peut modifier de façon marquée nos perceptions mentales, cela ne montre-t-il pas que nos pensées ne sont que la conscience subjective de l'activité cérébrale? D'après moi, non. Je reconnais, certes, que ce sont les modifications biochimiques produites dans mon cerveau par la drogue qui ont provoqué les images et sensations extraordinaires qui sont parvenues à ma conscience. Toutefois, cela n'explique pas la teneur des images mêmes, qui (à l'exception de celles qui correspondaient clairement à des souvenirs) n'avaient aucun lien avec des expériences antérieures. Je dois ajouter ici que mes expériences n'incluaient aucun élément pour lequel j'aurais pu prouver qu'il venait de l'extérieur de mon esprit ou, si vous voulez, de mon cerveau. Sous l'influence de la drogue, je n'ai eu aucune expérience extra-sensorielle vérifiable. Mon intérêt pour la perception extra-sensorielle n'est pas le résultat de mes expériences avec la drogue, même si la drogue a renforcé cet intérêt (Stevenson 1989).

Tout en admettant son incapacité à prouver que les images produites par la drogue venaient d'ailleurs que de son cerveau, il affirmait qu'il n'y avait aucun lien entre ces images et ce qu'il avait déjà vécu. Sa croyance en la nature extra-sensorielle de ses expériences avec la drogue semble donc basée sur la foi.

Stevenson a été l'un des fondateurs de la Society for Scientific Exploration et de son Journal of Scientific Exploration, qui devait, selon lui, «offrir un forum où la recherche sur les phénomènes paranormaux pourrait être présentée aux autres scientifiques sans obstacle ni dérision».* Il y a publié lui-même plusieurs articles.

En 1957, on l'a nommé à la tête de l'École de médecine de la Faculté de psychiatrie de l'Université de Virginie. En 1961, il s'est lancé dans la collecte de récits sur les expériences de vies antérieures. Il devait en réunir ainsi quelque 2500, la plupart venant d'enfants. Il a quitté le domaine de la psychiatrie en 1967 pour établir la Division of Personality Studies (maintenant la Division of Perceptual Studies) à l'Université de Virginie. Il a pris sa retraite en 2002, après avoir parcouru plus de deux millions de kilomètres pour mener ses enquêtes.*

En 1964, Chester F. Carlson (1906 - 1968), avocat et inventeur de la xérographie, a fait don d'un million de dollars à l'Université pour soutenir la recherche sur le paranormal, domaine qui l'intéressait particulièrement.* Carlson a même accompagné Stevenson durant l'une de ses expéditions en Alaska, où il a recueilli des récits auprès de membres du peuple Tlingit. Les activités professionnelles de Stevenson embarrassaient profondément certains de ses collègues, mais il travaillait au sein d'un établissement fondé par Thomas Jefferson, qui avait promis qu'elle serait «basée sur la liberté indomptable de l'esprit humain. Car ici nous ne craignons pas de suivre la vérité partout où elle pourra nous mener ni de tolérer l'erreur, tant qu'une entière liberté est laissée à la raison pour la combattre». Ainsi, non seulement Stevenson a pu continuer ses études sur le paranormal, mais il a pu s'adjoindre plusieurs parapsychologues de renom, y compris Gaither Pratt, du laboratoire de J.B. Rhine, Rex Stanford, et John Palmer. Le financement venait de la veuve de Carlson, Dorris, qui a soutenu leur travail jusqu'en 1973. Stevenson a surtout travaillé seul, quoiqu'il collaborait occasionnellement avec d'autres universitaires. Ses collègues de l'université de Virginie n'ont jamais frappé à sa porte, lui demander s'il pouvait leur faire une petite place dans son programme de recherches.

Le travail de Stevenson sur le paranormal couvrait une vaste gamme de phénomènes, y compris les apparitions, les expériences de mort imminente, et les spirites qui affirmaient recevoir des messages de l'au-delà. Il a cependant consacré le plus clair de son temps à tenter de découvrir des preuves de la survie de la personnalité individuelle après la mort. Selon lui, les plus prometteuses d'entre elles «ont été fournies par des enfants qui affirment se rappeler leurs vies antérieures» (Stevenson 1989). En outre, il pensait que la réincarnation constituait une hypothèse valable expliquant «toutes sortes de problèmes non résolus en psychologie et en médecine» (Stevenson 1989). Il n'aimait toutefois pas que des journalistes disent qu'il tentait de prouver la réincarnation. Il croyait sérieusement avoir produit un ensemble de preuves du caractère réel de la réincarnation et que cet ensemble devait être pris au sérieux. Précisons qu'il reconnaissait que «les preuves ne sont pas sans défaut, et n'emportent certainement pas l'adhésion. Même les meilleures d'entre elles demeurent ouvertes à des interprétations autres, et l'on ne peut vraiment critiquer que ceux qui affirment péremptoirement qu'il n'y a aucune preuve».*

Ce qui démontrait le mieux la réincarnation, selon lui, c'était le nombre de «cas dont les sujets présentent des marques de naissance ou des anomalies congénitales semblant provenir d'existences antérieures. Ces marques et ces anomalies correspondent étroitement, par leur taille et leur emplacement, aux blessures (et occasionnellement à d'autres marques) subies par les défunts auxquels les enfants disent plus tard s'identifier».*

En 1961, Stevenson s'est rendu pour la première fois en Inde et au Sri Lanka, où il a recueilli ses premiers récits d'enfants.

J'ai constaté que les enfants parlaient souvent de leur vie antérieure avec beaucoup d'émotion, et qu'il leur arrivait parfois de se comporter comme s'ils y vivaient encore. Pour eux, elle semblait encore faire partie du présent, pas du passé. Par exemple, un enfant de parents de basse caste qui disait se souvenir d'avoir vécu la vie d'un brahmane faisait montre d'un comportement supérieur envers sa propre famille. Il refusait même de partager ses repas: de son point de vue, leur nourriture était impure. L'enfant qui se rappelait avoir passé une vie antérieure dans la peau d'un représentant du sexe opposé en adoptait les vêtements et les jeux. Un enfant qui se rappelait avoir essuyé un coup de feu dans une vie antérieure affichait une grande peur des armes à feu et des détonations (Stevenson 1989).

Ces premières impressions devaient avoir un effet à long terme sur la méthodologie de Stevenson et ses croyances à propos de la réincarnation. Les données rassemblées au cours de ce voyage ont été colligées dans Twenty Cases Suggestive of Reincarnation (Vingt cas laissant entrevoir la possibilité de la réincarnation), dont la publication a été retardée quand l'éditeur, ayant découvert que l'interprète de Stevenson avait été accusé de malhonnêteté, s'est retiré du projet. Stevenson a reconnu la malhonnêteté de son interprète en certaines occasions, mais sans aller jusqu'à penser que l'homme l'avait trompé. Ainsi, il n'a pas rejeté les données rassemblées avec son aide. L'American Society for Psychical Research a publié la monographie en 1976. Une édition révisée a été publiée par University Press of Virginia en 1974.

Stevenson a recueilli des récits non seulement de l'Inde et du Sri Lanka, mais également de peuples du nord-ouest de l'Amérique du Nord, du Liban, du Brésil, de la Turquie, de la Thaïlande, de la Birmanie, et de l'Afrique occidentale. Il a aussi enquêté sur des cas en Europe et en Amérique du Sud. Comme on l'a dit plus tôt, Stevenson se concentrait sur les récits d'enfants. Il pensait que ceux d'enfants de deux ou trois ans étaient les meilleurs, car selon lui, il pouvait «en arriver à des conclusions raisonnablement satisfaisantes au sujet de l'information dont l'enfant aurait pu normalement prendre connaissance». Il pouvait donc éliminer des explications prosaïques, comme celle où le sujet aurait pu entendre ou lire des détails à propos de la personne qu'il était censé avoir été dans une vie antérieure.

Stevenson comparait sa méthode de travail à celle des scientifiques qui étudient la météo, les volcans, les fossiles, les séismes et les météorites. Ce genre de phénomènes ne se prête pas à des expériences contrôlées en laboratoire. La science, disait-il, est «un processus consistant à évaluer les preuves, là où elles se trouvent».* Il se voyait comme un chercheur étudiant des manifestations spontanées du paranormal. Certes, une bonne partie de la science relève de l'observation et implique la collecte de données sur des événements qui se produisent naturellement et spontanément. Les scientifiques examinent ensuite ce qu'ils ont rassemblé pour tenter d'en découvrir le sens sous-jacent. Les historiens, les journalistes et les membres de jurys agissent un peu de la même façon. Ils tentent d'en arriver à la meilleure explication possible pour les données rassemblées ou fournies, données qui comprennent des déclarations de témoins ou d'experts à propos de faits, d'observations présumées, de probabilités statistiques, et ainsi de suite. Souvent, les données sont contradictoires ou peu crédibles. Souvent, aussi, elles ne permettent pas d'en arriver à une conclusion, tout en demeurant intéressantes. On peut cependant penser que rassembler des récits sur des vies antérieures s'approche davantage du travail d'un historien ou d'un juré que de celui d'un vulcanologue ou d'un paléontologue. Les vulcanologues n'ont pas à se soucier du problème du mensonge chez les volcans. Un cas comme celui de l'Homme de Piltdown montre que les paléontologues doivent compter avec la possibilité que des fossiles soient trafiqués, mais ce genre de problème s'est produit si rarement dans cette discipline qu'il ne compte guère. L'historien, le journaliste et le juré, d'un autre côté, doivent constamment faire face à des choses comme le mensonge, le canular et la fraude. Fait encore plus important, ces trois personnes doivent évaluer les mots et les perceptions venant de personnes, plutôt que la structure ou les propriétés de choses. Le travail qu'effectuait Stevenson nécessitait une vigilance constante afin d'éviter toute tromperie venant de ses sujets. De plus, comme nous savons qu'on peut avoir des souvenirs tout en demeurant totalement inconscient de leurs sources, il devait rester sur le qui-vive afin d'identifier quels détails, dans ce qu'on lui racontait, pouvaient résulter de la cryptomnésie. Reste ensuite la difficulté centrale consistant à fournir une explication pour la façon dont la personnalité peut survivre à la mort et passer dans un autre corps, chose que Stevenson n'a jamais pu faire. En dernier lieu, le plus grand problème auquel Stevenson avait à faire face venait de sa méthode de travail, qui rendait son hypothèse de départ rigoureusement infalsifiable. Les récits rejetés parce qu'ils étaient frauduleux, douteux, peu fiables ou fondées sur des expériences s'étant produites du vivant du sujet ne comptaient pas, mais ils n'enlevaient rien à la crédibilité de la réincarnation aux yeux du chercheur. Dans le pire des cas, les preuves que Stevenson découvrirait ne rendraient pas la croyance en la réincarnation incontournable, et même ses récits les plus intéressants pourraient s'expliquer autrement. Malheureusement pour lui, c'est également ce que sa méthode pourrait obtenir de meilleur comme résultat. Peu de gens sont susceptibles d'être impressionnés par les plus de 40 ans de recherches de Stevenson quand ils se rendent compte qu'elles ont eu pour seul résultat qu'il est maintenant faux de dire qu'il n'y a aucune preuve de la réincarnation. Il n'en demeure pas moins tout à fait raisonnable d'affirmer qu'il n'y a aucune preuve absolue de la réincarnation.

Stevenson décrivait sa méthode de la façon suivante:

Dans l'étude des phénomènes paranormaux spontanés, il faut habituellement interviewer et contre-interroger les sources au sujet des événements qui se sont déroulés avant que nous n'arrivions sur les lieux. En principe, nous utilisons les mêmes méthodes que les avocats qui cherchent à reconstruire un crime, et les historiens qui tentent de comprendre le passé. Une fois qu'on a obtenu la meilleure description possible des événements en question, il faut étudier les autres explications possibles une après l'autre et tenter de les éliminer jusqu'à ce qu'il ne reste que la plus probable. Par des observations additionnelles, on tente alors de confirmer ou de rejeter l'explication privilégiée à l'origine. En outre, il faut chercher dans des séries de phénomènes apparemment similaires des caractéristiques récurrentes pouvant offrir des indices à propos des conditions causales et des processus d'occurrence (Stevenson 1989).

Stevenson cherchait des récits qu'on ne pourrait expliquer facilement par des hypothèses autres que la survie de la personnalité. Il savait que des récits censés porter sur des vies antérieures pouvaient être contaminés de nombreuses façons. Tout d'abord, il pouvait se heurter à des cas de cryptomnésie ayant pour source un film, un livre, une pièce de théâtre, une émission de radio, ou encore, un récit ou une conversation entendue par hasard. Selon lui, la meilleure forme de preuve de la réincarnation viendrait des cas où quelqu'un consignerait par écrit le récit d'une expérience de vie antérieure fait par un enfant, écrit qui se vérifierait par la suite. Imaginons, par exemple, qu'un père note que son fils de trois ans a déclaré qu'il était autrefois Joseph-le-maréchal-ferrant, de Portsmouth, en Angleterre, et que des pirates l'ont tué d'un coup de couteau à la nuque sur un quai de Hong Kong. Plus tard, un chercheur constate qu'il y a cent ans, un certain maréchal-ferrant de Portsmouth prénommé Joseph s'est fait poignarder dans le cou par des pirates à Hong Kong, la découverte d'une marque de naissance sur la nuque de l'enfant ajoutant une touche spectaculaire à toute l'histoire. Avec une telle méthode, l'ennui, c'est que le processus de vérification peut s'étaler sur une décennie entière. Et même s'il ne prend que quelques mois seulement, il faut absolument croire que le père qui a consigné le récit est d'une honnêteté irréprochable. Il nous est impossible de savoir si le père (ou un oncle), alors qu'il était sérieusement imbibé d'alcool, a lu le récit de la mort de Joseph à son fils en lui disant ensuite que la marque qu'il portait à la nuque était celle de la victime du crime. Autrement dit, il faut faire acte de foi et présumer que le récit n'est pas contaminé pour déclarer le cas «résolu» (comme le faisait Stevenson «lorsqu'on découvre des preuves de l'existence, dans le passé, d'une personne correspondant au récit de vie antérieure recueilli» [Mills et Lynn, p. 290]).

Dans un cas assez typique, un garçon de Beyrouth a raconté qu'il avait été un mécanicien de 25 ans qui était mort après avoir été éjecté d'une voiture roulant à toute vitesse sur une route longeant une plage. Selon de multiples témoins, le garçon avait donné le nom du conducteur, l'endroit précis de l'accident, le nom des sœurs, des parents et des cousins du mécanicien, ainsi que ceux des gens avec qui il pratiquait la chasse - données correspondant toutes à celle d'un homme qui était mort plusieurs années avant la naissance du garçon, et qui n'avait aucun lien apparent avec la famille.*

Comme l'écrivent Mills et Lynn: «Ce n'est pas parce qu'un cas particulier ne semble pas s'expliquer en tant que construction sociale qu'il s'ensuit automatiquement que le récit rapporté correspond véritablement au souvenir d'une vie antérieure». (302)

Stevenson menait des dizaines d'entrevues et passait des heures à fouiller les dossiers des hôpitaux et des tribunaux, tentant de vérifier s'il n'y avait pas fraude, si le récit n'était pas contaminé, s'il n'y avait aucune erreur de traduction, s'il ne s'agissait pas d'une simple coïncidence, si l'enfant n'avait pu obtenir les informations d'une autre façon parfaitement normale. Quand il était convaincu qu'il n'existait aucune explication normale de la concordance entre le récit et les faits, il déclarait le cas «résolu» et y voyait une preuve positive de son hypothèse sur la réincarnation. S'il ne pouvait corroborer les faits, il disait que le cas était «non résolu». Rien de ce qu'on pouvait découvrir par cette méthode ne pouvait falsifier l'hypothèse de départ. En fait, on se demande bien quel autre type de recherche, falsifiable, celle-là, aurait jamais pu ressortir de la technique employée par Stevenson.

Il était friand des cas pour lesquels l'explication paranormale semblait imparable. Ainsi, celui d'une petite fille de l'Idaho qui, à deux ans, montrait des photographies de sa sœur aînée, morte dans un accident d'auto trois ans avant sa naissance, et qui déclarait: «C'est moi». Le croyant pense qu'elle dit: «Dans une vie antérieure, j'étais ma sœur», et qu'elle tente de faire passer un message à propos de la réincarnation. Le sceptique pense plutôt qu'elle dit: «C'est une photo de moi», et que la petite, âgée de deux ans, commet tout bêtement une erreur.

Stevenson a également relaté le cas d'une petite fille de l'Indiana qui, lorsqu'elle parlait de sa vie antérieure, faisait souvent référence au temps où elle était un garçon, quand elle s'appelait John. Pour le chercheur, c'était un signe révélateur d'une existence antérieure. Pour le sceptique, la petite parlait de sa vie présente, et s'imaginait qu'on change de sexe en grandissant.

La méthode que Stevenson employait comportait plusieurs problèmes. Il devait souvent compter sur la collaboration d'interprètes dans des pays qu'il connaissait mal. Questionner est un art difficile, mais il se complique singulièrement quand on questionne des enfants. «Le biais chez l'intervieweur forme l'élément central qui mène à l'entrevue suggestive» (Bruck, Ceci et Helmsbrooke, 1998, cité dans Mills et Lyon, p. 303). Questionner des enfants par l'intermédiaire d'un interprète fait intervenir un élément supplémentaire d'incertitude au sujet du biais présent dans la technique d'interview. La plupart des entrevues ont eu lieu dans des pays où la croyance en la réincarnation était couramment acceptée. On pouvait donc s'attendre à ce que l'interprète soit «pétri d'attentes culturelles sur la possibilité des souvenirs de vies antérieures» (Mills et Lynn, p. 303). Stevenson, qui ne connaissait pas la langue et la culture du pays où il se trouvait, n'était pas en position d'évaluer la fiabilité des questions posées par son interprète.

On doit également tenir compte du problème très évident du préjugé de confirmation. La meilleure chose à faire, selon Stevenson, était de rechercher des récits d'expériences de vies antérieures, puis de tenter de les confirmer. Un échec à cet égard, cependant, ne remettait pas en cause la validité de son hypothèse. En fait, la méthode prônée par Stevenson ne pouvait permettre de découvrir quoi que ce fût permettant d'infirmer cette hypothèse. Aux yeux de nombreux scientifiques, ce serait là une lacune méthodologique rédhibitoire.

Qui plus est, les données qu'il a recueillies semblent pouvoir s'expliquer de façons qui ne font pas appel au paranormal. Stevenson était conscient du fait que bien des caractéristiques qu'il décrivait revêtaient un caractère culturel prononcé. Il a d'ailleurs écrit:

Des critiques ont donc fait valoir que certaines créations de l'imagination enfantine, un ami imaginaire, par exemple, peuvent avoir été récupérées par les parents ou de petits camarades, par leurs questions et leurs suggestions, jusqu'à ce que l'enfant finisse par s'identifier avec une personne décédée. De la sorte, l'enfant devient le sujet d'un faux cas de réincarnation.
 
Cet argument possède beaucoup de poids, et l'on ne saurait nier son bien-fondé, surtout si l'on songe au nombre de cas pour lesquels le sujet et le défunt auquel il s'identifie appartiennent à la même famille ou au même village. Il ne suffit pas à expliquer, cependant, le nombre plus restreint mais non négligeable de cas où les deux familles vivent à de grandes distances l'une de l'autre, sans avoir jamais eu de contacts entre elles auparavant, comme le montre les preuves qu'on a réunies. De plus, dans les cas les plus intéressants, l'enfant a donné des détails précis (parfois mis par écrit avant qu'ils soient vérifiés) au sujet du défunt; il ne peut être question, ici, d'imagination, de souvenirs se substituant à d'autres et de pseudo identification. En examinant les cas appartenant à ce groupe, nous sommes presque forcés de croire que l'enfant a acquis cette connaissance de la personne décédée par des voies autres que des moyens normaux. Il reste alors plusieurs autres explications, dont chacune implique des processus paranormaux, et la réincarnation n'est que l'une d'entre elles (Stevenson, 1989).

Mais pourquoi se cantonner dans le paranormal, quand ces cas si extraordinaires pourraient résulter de coïncidences, de maladresses au cours de l'enquête, de fraudes et d'autres facteurs tout aussi banals? «Wilson (1982) a avancé l'idée que les gens qui racontent des expériences de vies antérieures sont motivés par le désir de s'identifier avec des classes sociales supérieures» (Mills et Lynn, p. 294). Cela semble particulièrement pertinent pour les cas étudiés en Inde et au Sri Lanka. Parfois, des cas que Stevenson considérait comme «résolus» résistent mal à un examen critique de la part d'autrui. Par exemple, Stevenson a affirmé que bien des choses que racontait Sunil Dutt Saxena, de Bareilly, correspondait aux événements de la vie de Seth Sri Krishna, de Budau. Les deux villes sont situées dans le nord de l'Inde. Ian Wilson fait remarquer, cependant, qu'un médecin local avait expliqué à Stevenson que c'était Sheveti Prasad qui avait enseigné à Sunil les détails sur la vie de Krishna, dont la famille rejetait Sunil en tant que réincarnation d'un de leurs membres (Kelly, 1991; Wilson, 1989). Stevenson a laissé de côté cette preuve, qui allait à l'encontre de sa conclusion.

Il serait inutile de ressasser les 2500 anecdotes rassemblées par Stevenson pour tenter de démystifier les 100 meilleures, disons. Un tel exercice ne donnerait pas grand-chose. (Pour un exemple d'une telle démystification à propos du cas tiré de Twenty Cases Suggestive of Reincarnation que Stevenson trouvait le plus solide, voir la déconstruction du cas d'Imad Elawar par Leonard Angel). On peut admettre avant l'enquête même que la réincarnation est possible, même si l'on n'a aucune idée de la façon dont elle se fait. Mais même le meilleur récit pourrait être contaminé, et les méthodes de collecte et de validation de données de Stevenson laissaient beaucoup à désirer. Ainsi, Imad Elawar affirmait qu'il était Mahmoud Bouhamzy, chauffeur de camion mort de la tuberculose 25 ans auparavant, et qui avait une épouse nommée Jamilah.

Le meilleur candidat que Stevenson a trouvé [pour la vie antérieure] ne s'appelait pas Mahmoud Bouhamzy, n'avait pas d'épouse nommée Jamilah, et n'était pas du tout mort d'un accident, encore moins d'un accident ayant suivi une querelle avec le conducteur. Pourtant Stevenson ne donne pas au lecteur assez d'informations pour qu'il sache ce que les parents ou le garçon lui-même ont dit pour que le chercheur laisse de côté les affirmations originales, telles que les avaient interprétées les parents, et présente à la place les affirmations très différentes figurant dans son tableau (Angel, 1994).

Stevenson a produit une liste de 57 détails fournis, d'après lui, par les parents ou l'enfant avant qu'il tente de les vérifier.

Mais on n'a rien dit de la façon dont ces détails ont été consignés. Un examen du tableau qui les résume montre clairement qu'il faut établir les propos exacts qui ont été tenus à l'origine, la manière dont Stevenson a consigné ces données avant de les vérifier, et la façon dont elles ont été éventuellement réorganisées afin qu'il puisse les présenter sous forme de tableau (Angel, 1994).

La méthode de travail de Stevenson ne peut manquer d'évoquer le type de validation subjective à l'œuvre durant une lecture de personnalité à froid. Par exemple,

Sous la rubrique «Commentaires» de Stevenson, on lit: «Mahmoud Bouhamzy était l'oncle d'Ibrahim Bouhamzy». (Ibrahim Bouhamzy est l'identité qu'est censé avoir eue le garçon dans sa vie antérieure, selon Stevenson.) On présente donc comme avéré le fait que le nom mentionné par le garçon correspondait à une personne réelle de sa vie antérieure, comme s'il était clair que le sujet avait mentionné un nom en faisant référence à cet oncle.
 
...le garçon a parlé d'un puits plein et d'un puits vide à la maison où il habitait dans une vie antérieure. On considère la chose confirmée par le fait qu'on a trouvé là-bas deux cuves pour garder le jus de raisin. «Durant la saison des pluies, l'une de ces cuves se remplissait d'eau, mais l'autre, moins profonde, restait vide puisque l'eau s'en évaporait rapidement. L'une d'elle était donc vide quand l'autre était pleine.» Un petit villageois druse de cinq ans ne connaîtrait pas la différence entre une cuve et un puits? (Angel, 1994)

Stevenson lui-même reconnaissait qu'il n'avait pu trouver de preuves absolues de la réincarnation. Il pourrait être intéressant, toutefois, de jeter un coup d'œil sur ses données traitant des caractéristiques récurrentes.

Il a entre autres découvert

une incidence élevée de morts violentes chez les personnes dont les enfants se souviennent. Cette caractéristique se retrouve dans les dix cultures au sein desquelles nous avons examiné des groupes de cas; quoique l'incidence des morts violentes varie d'une culture à l'autre, elle est bien plus élevée dans les cas étudiés que dans les populations dont ils ont été tirés (Stevenson, 1989).

L'une des explications de cette particularité pourrait être qu'on se souvient plus facilement d'une mort violente que d'une mort naturelle. Si vous prétendez vous rappeler une mort antérieure, autant la rendre violente pour ajouter une petite touche dramatique à toute l'histoire. On peut également penser qu'une telle façon de mourir est plus susceptible d'être reprise par les médias, de circuler dans les bars, les boutiques et autres lieux publics, et qu'elle est ainsi plus susceptible de voyager de village en village, et de parvenir aux oreilles d'un enfant. Mais quelle que soit l'explication, il n'en reste pas moins ce fait curieux que l'on associe souvent les expériences de vie antérieure et la mort avec violence.

Stevenson s'est rendu compte que certaines caractéristiques récurrentes variaient considérablement d'une culture à l'autre, par exemple, l'occurrence de songes dans lesquels un défunt semble annoncer au rêveur son intention de renaître (habituellement dans la famille de ce dernier).* Les récits de rêves prophétiques au cours desquelles un esprit, un ange, ou un ancêtre fait des révélations se retrouvent dans de nombreuses cultures. Au lieu d'y voir une forme de pensée magique et une indication d'une vision du monde préscientifique, Stevenson prenait ces rêves littéralement et très au sérieux.

Il a également découvert que les sujets de sexe masculin rapportent beaucoup plus d'expériences de vie antérieure que les sujets de sexe féminin: 63 % contre 37 % (Mills et Lynn, p. 292). En outre, les adultes et les enfants plus âgés oublient en général les expériences dont ils ont fait le récit durant leur enfance (Mills et Lynn, p. 293).

Non seulement Stevenson était d'avis que les peurs, les attirances et les incompatibilités pouvaient s'expliquer par la personnalité ou les expériences des vies antérieures, mais il croyait aussi que les marques de naissance et les anomalies congénitales se retrouvent avec une fréquence inhabituelle chez les enfants qui se souviennent avoir déjà vécu dans la peau d'un autre. Dans 43 de ces 2500 études de cas, Stevenson a découvert «un document de nature médicale, tel qu'un rapport post-mortem, indiquant l'emplacement de la blessure du défunt, qui semblait parfois étonnamment près de l'emplacement de la marque de naissance ou de l'anomalie congénitale de l'enfant» (Mills et Lynn, p. 293). Stevenson a créé une grille correspondant au corps adulte moyen qui divisait la peau en 160 cases de 10 cm chacune. Il a ensuite établi les probabilités de trouver une tache de naissance correspondant à une blessure subie dans une vie antérieure à 1 sur 160. Deux blessures correspondantes présenteraient une probabilité de 1 sur 25 600, et dix-huit de ses cas se rangeaient dans cette catégorie. Il aurait pourtant sans doute admis que ce genre de mesures n'ont rien d'exactes, mais relèvent plutôt de la conjecture. Les données sont intéressantes, mais comme on n'a rien à quoi les comparer, on ignore ce que ces faits bizarres signifient. Stevenson lui-même ne pouvait pas expliquer comment des blessures corporelles se transmettraient avec la personnalité au cours de la réincarnation, ni pourquoi certaines expériences au cours d'une vie antérieure produiraient des phobies ou des attirances dans la vie suivante. Aux yeux de l'observateur désintéressé, de telles idées relèvent clairement de la pensée magique.

Vient enfin la question de la xénoglossie, dans laquelle Stevenson voyait une preuve de la réincarnation. Nous avons déjà remarqué qu'il n'était aucunement expert relativement au problème du parti pris de l'expérimentateur et du biais prévisible durant les interviews, pas plus qu'il ne l'était à propos des langues et des cultures d'où venaient les récits qu'il recueillait, ce qui signifiait qu'il devait compter sur des interprètes dont il ne pouvait évaluer les erreurs éventuelles. Embaucher un linguiste, comme Stevenson l'a fait, pour écouter les enregistrements de ses meilleurs cas de xénoglossie était une bonne idée. Mais il aurait dû songer au fait qu'Uttara Huddara, une Marathe de Mumbai qui pouvait parler le bengali, aurait pu acquérir cette capacité par des moyens naturels. D'ailleurs, il n'est pas inhabituel d'être polyglotte dans un pays où se côtoient des locuteurs de tant de langues différentes. La linguiste Sarah Thomason a fait remarquer que le bengali et le marathi sont deux langues étroitement liées, qu'Uttara s'intéressait depuis longtemps à la culture et la langue bengalies, elle avait de nombreuses connaissances parlant cette langue, et des films en langue bengalie sont souvent projetés à Mumbai. Le reste des cas de Stevenson, toujours selon Thomason, concernait des personnes n'utilisant des langues étrangères que de façon minimale, et n'affichant que des connaissances susceptibles d'être acquises très facilement (Thomason, 1987; Kelly, 2004). N'importe qui peut ânonner une centaine de mots d'une langue étrangère, sans toutefois pouvoir affirmer parler ou comprendre cette langue. Après avoir écouté l'enregistrement d'une femme qui bredouillait quelques mots d'allemand sous hypnose, mais sans pouvoir répondre à une question dans cette langue ni en donner de signe de compréhension, Stevenson y a vu une preuve de la réincarnation, en mettant sa mauvaise connaissance de la langue sur le fait qu'elle était pauvre et analphabète dans sa vie antérieure. Une linguiste, après avoir écouté le même enregistrement, a fait remarquer que même les pauvres et les illettrés utilisent un minimum de grammaire. Selon elle, la femme ne comprenait que très peu d'allemand et ses minces connaissances avaient pu lui venir de façon tout à fait habituelle (Kelly 2004, p. 95).

Qu'est-ce qui peut pousser un homme de l'intelligence de Stevenson à poursuivre des chimères et à produire des milliers de pages de rapports détaillés qui ne contiennent, en fin de compte, que de la rationalisation? Comme Michael Shermer l'a expliqué de manière succincte: «Les gens intelligents croient des choses bizarres parce qu'ils sont habiles à défendre les croyances auxquelles ils sont arrivés pour des raisons non intelligentes».* Stevenson a passé environ la moitié de sa vie à tenter d'étayer sa foi en la réincarnation et sa relation avec la médecine. Ses croyances passaient en premier, et il y subordonnait son intelligence. Une telle situation n'a rien d'unique. Les sceptiques se diront sans doute immunisés contre une telle erreur, parce qu'ils exercent davantage de jugement critique et qu'ils ont choisi d'être objectifs et désintéressés. N'importe quel d'entre eux, pourtant, aurait pu se retrouver dans la même situation que Stevenson, s'il avait possédé la même intelligence, et si sa vie avait passé par les mêmes événements imprévisibles. On ne peut que spéculer sur la voie que Stevenson aurait suivie si l'American Society of Psychical Research avait rejeté son essai en 1958, quand il a participé à l'appel de travaux sur la survie de la personnalité après la mort (Wilson 1982, p. 2). Si, au lieu de lui décerner le premier prix pour son travail, basé sur la collecte de récits d'expériences de vies antérieures faite par d'autres chercheurs, la Société lui avait dit que ses recherches étaient futiles, et qu'il se fourrait le doigt dans l'œil en pensant que de tels récits constituaient des preuves crédibles de la vie après la mort, aurait-il eu envie de passer le reste de ses jours à courir après de telles histoires?

Peu de critiques voudront perdre leur temps à compulser les anecdotes détaillées et les rapports fastidieux de Stevenson. (Un journaliste, Tom Shroder, du Washington Post, a passé un an à le suivre un peu partout, l'aidant au cours de ses enquêtes, pour ensuite écrire un livre sur son travail et la façon dont lui-même a fini par se convaincre de la réalité de la réincarnation. Old Souls est intéressant, mais l'auteur n'est pas très critique dans ses observations. Il accepte beaucoup de choses sans se poser de questions et sans comprendre, apparemment, les dangers du préjugé de confirmation. Mary Roach, pour sa part, a suivi l'un des assistants de Stevenson durant sa collecte de récits, pour ensuite se demander: «Étudie-t-il la réincarnation, ou ne fait-il que rechercher ce qui la confirme? Comment peut-il éviter d'être biaisé?» (2005, p. 48).)

Ceux qui désirent croire en la survie de la personnalité feront sans doute fi des faiblesses méthodologiques de Stevenson et loueront son travail méticuleux, son souci du détail, son ardeur à confirmer ou infirmer la moindre affirmation. Mais ne vaut-il pas mieux reconnaître la véracité de l'évaluation qu'il faisait lui-même de ses recherches, à savoir qu'il avait trouvé des preuves, mais aucune preuve absolue de la réincarnation? On ne voit aucun progrès possible à l'aide de ses méthodes et de ses données, ce qui rend son travail complètement inutile. D'un côté plus positif, Stevenson a bien vu comment les thérapies par régression aux vies antérieures, qui emploient l'hypnose, regorgeaient de problèmes méthodologiques, dont le moindre n'était pas la contamination des preuves éventuelles par la suggestion. Cette prétendue thérapie ne peut fournir de bonnes preuves de la réincarnation, pas plus que les récits de petits enfants qui disent qu'ils ont vécu des vies antérieures, tant qu'il n'y aura pas de meilleures façons de réunir la documentation, d'interviewer les témoins et de vérifier les affirmations faites.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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