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Sophisme du Concorde

Concorde

Lorsqu'on fait un investissement sans espoir, on raisonne parfois de cette façon : « Je ne peux pas m'arrêter maintenant, sinon tout ce que j'ai investi jusqu'à présent serait perdu. » C'est exact, bien sûr, mais sans rapport avec le fait de continuer à investir dans le projet. Tout ce qu'on a investi sera de toutes façons perdu. S'il n'y a pas d'espoir de gain futur pour un investissement, alors le fait d'avoir déjà perdu gros devrait conduire à la conclusion qu'il serait raisonnable de se retirer du projet.

Continuer à investir dans un projet sans espoir est irrationnel. Ce comportement peut être une pitoyable tentative pour retarder le moment où nous aurons à faire face aux conséquences de notre manque de bon sens. L'irrationalité est un moyen de sauver la face, d'apparaître bien informé, alors qu'on agit en fait comme un imbécile. Par exemple, nous savons maintenant que Lyndon Johnson a continué d'envoyer des milliers et des milliers de soldats américains au Vietnam après qu'il ait compris que la cause était sans espoir et que l'Amérique ne pourrait jamais battre le Viet Cong.

Ce sophisme est parfois appelé le sophisme du Concorde, en l'honneur de la méthode de financement de l'avion à réaction supersonique créé conjointement par les gouvernements français et britannique. Malgré le fait que le Concorde soit beau et aussi sûr que n'importe quel autre avion à réaction, son coût de production était très élevé et il avait de graves problèmes de marketing. Il n'y a pas eu beaucoup de commandes. Même s'il était clair qu'il n'y aurait pas moyen de gagner de l'argent avec cet avion, la France et la Grande Bretagne ont continué sans arrêt à investir, au grand dam des contribuables des deux pays.

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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