Xénoglossie

La xénoglossie est la prétendue capacité, pour un locuteur donné, de parler ou d'écrire dans une langue qui lui est totalement inconnue. La probabilité à ce sujet est environ zéro.

Des histoires extraordinaires n'en circulent pas moins sur des cas supposés de xénoglossie. Le philosophe C.J. Ducasse, par exemple, examine en détail le cas Rosemary. Il ne se base toutefois que sur le travail du Dr Frederic H. Wood, auteur de plusieurs livres dans lesquels il affirme avoir connu personnellement une jeune fille qui canalisait une princesse de l'Égypte ancienne. Les événements rapportés se seraient déroulés en 1931 à Blackpool, en Angleterre. Malheureusement, aucune étude indépendante n'a été menée à ce sujet, et nous n'avons sur lui que ce qu'en dit le Dr Wood.

Selon Ducasse:

Les recherches menées par le Dr Wood peu de temps après le décès de son frère, en 1912, sur les phénomènes paranormaux l'ont convaincu de la véracité de la survie de la personnalité individuelle après la mort. Par hasard, et grâce à un intérêt commun pour la musique, il fit la connaissance d'une jeune fille qu'il désigne dans ses livres sous le nom de «Rosemary». Vers la fin de 1917, elle s'est mise spontanément à produire de l'écriture automatique. La chose lui inspira d'abord beaucoup de crainte et de méfiance; connaissant l'intérêt du Dr Wood pour les sujets de ce genre - intérêt qu'elle ne partageait pas - elle se tourna vers lui pour obtenir son aide (After Thirty Centuries, Rider & Co. Londres, 1935, pages 19-20).

Il est surprenant que le Dr Wood, qui a intitulé l'un de ses livres sur Rosemary «Egyptian Miracle» [Le miracle égyptien] ne se soit pas donné la peine de faire examiner les prouesses de la jeune fille par un groupe d'experts indépendants. N'étant pas égyptologue, il a fait appel à A.J. Howard Hulme pour l'aider à reconnaître les paroles prononcées par Rosemary et les rattacher à des mots de la langue égyptienne. Où les deux hommes ont-ils appris comment sonnait l'égyptien de l'antiquité, et que signifiaient les paroles recueillies de la bouche de la jeune fille? On l'ignore. Il faut les croire sur paroles quand ils affirment que les sons produits par Rosemary «constituent des communications cohérentes, qui manifestent un objet, une intelligence et une capacité d'adaptation à la conversation du moment».

Ducasse voyait cinq explications possibles au cas de Rosemary. Malheureusement, la liste ne comprend pas le canular, l'idée que Wood ait fabriqué l'histoire de Rosemary de toutes pièces pour faire la promotion de son livre, ou pour justifier sa croyance à propos de la réincarnation. Il est également possible que Rosemary ait été un cas de glossolalie, et que Wood et Hulme aient été dupés par elle, ou encore qu'ils aient entendu ce qu'ils voulaient bien entendre, trouvant dans son baragouin l'illusion d'une langue aujourd'hui éteinte.

 

Source: Skeptic's Dictionary Retour à l'index

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