Wooden Ali a écrit:
Deus (tu permets que je t'appelle Deus ?).
Tu m'appelles comme tu veux mais je réagis assez mal à "carotte" et "pâté en croûte"
Mais vous pouvez m'appelez "Dieu", je le prends bien.
Ildefonse a écrit:
Ce qui conduit à la question suivante, jusqu'où peut on faire remonter les actes pour lesquels il serait légitime de demander des réparations ?
Etant français, voyons ce que nous pouvons demander:
A l'Italie, pour la colonisation romaine ? A la Belgique, pour la colonisation franc-salienne ? A l'Angleterre pour les guerres qu'elle a conduit sur le sol français ? A l'Allemagne pour les mêmes raisons ? A la Turquie pour les guerres maritimes qu'elle a soutenu en Méditerranée ? Aux pays arabes, pour les invasions arabes dans le sud ? Je suis certain qu'on peut en trouver d'autres.
Je reconnais tout à fait la validité de la question et je me la pose aussi. Surtout que comme tu le fais remarquer, ça ouvre la porte à un "
reducto ad absurdum". Mais un
redcuto pousser à l'extrême, je trouve qu'on tombe dans la fausse analogie : je pense que certaines des conséquences de la colonisation sont encore observables de nos jours et qu'elles sont positives pour l'État français et une partie (pas la majorité) de la population française et négatives pour les pays colonisés et une grande partie de leur population (sous-développement économique et social... ). Je ne suis pas sûr que de tel différentiels de développement puissent être observés dans les exemples que tu donnes. Je ne sais pas.
Wooden Ali a écrit:
-L'évaluation des dommages, amha, est impossible à de multiples points de vue. Dans le cas de la colonisation, faudrait-il réparer jusqu'à rendre les pays dans leur état d'origine ? On ne peut pas réparer quelque chose sans savoir où doit arrêter la réparation.
J'entendais le terme "réparations" en terme financier. Bien sûr que évaluer le montant de réparations est toujours problématique et difficile. Mais c'est quelque chose qui ce fait de manière quotidienne quand on dédommage quelqu'un pour un préjudice subit, non ? Il est bien sûr impossible de rendre le pays dans son État d'origine.
Wooden Ali a écrit:
-Même si on savait le faire, comme tu l'as dit, ceux qui répareraient et paieraient ne seraient pas ceux qui ont commis la faute.
Ouaip, j'avoue que poser comme ça me gêne. À moins qu'on se mette à parler de responsabilité collective...
Wooden Ali a écrit:
Une sorte de délit de sale race, à l'envers. Admettre l'hérédité de la faute* est du ferment à racisme. Elle enferme les gens dans une structure historique parfaitement aliénante alors qu'ils n'en ont aucune responsabilité et ne font que la subir. En quelque sorte, elle fait perdurer l'erreur qu'on prétend corriger.
Si on a commis une faute, on la reconnaît clairement, on modifie ses principes pour ne plus la rendre possible, on indemnise les vivants qui en ont subit un dommage direct ... et on passe à autre chose.
Pourquoi paierais-je pour un négrier nantais du 18ème siècle ou un colon malgache ? Je n'ai rien à voir avec lui et mon pays a changé ses lois pour abolir l'esclavage et la colonisation. Que demander de plus ?
J'avoue être assez partagé et d'un côté bien entendre ce que tu dis mais aussi me poser la question de comment justifier d'un point de vue éthique que la qualité de vie dont je jouis aujourd'hui est en partie historiquement liée au fait que dans un autre pays, aujourd'hui, d'autres vivent dans la misère ? Je sais que ça sonne un peu comme l'aliénation dont tu parles mais je trouve que c'est quand même une vrai question...
Tout ceci dit, comme pour l'Église, il est mieux et plus simple de se pencher sur des questions actuelles comme : dans quels pays se trouvent l'armée française ? Qu'y fait elle ? Quelles grandes compagnies françaises sont dans quels pays et profitent d'un large soutien de l'État français ? Quelles sont les conséquences sociales, économiques et environnementales pour les populations locales ?