Salut Panzermeister,
D'abord, bienvenue sur le forum.
Je suis d'accord avec toi que les questions sur le
"comment" (ou sur la cause) et celles sur le
"but" sont différentes. C'est d'ailleurs une tragédie que les deux questions se posent de la même façon par un même
"pourquoi ?".
Ça serait tellement plus clair si on disposait de deux mots :
-
"pourquoi", quand on demande le but (et qu'on réclame une réponse commençant par
"pour ...").
-
"parcequoi", quand on demande la cause (et qu'on réclame une réponse commençant par
"parce que ...").
Il m'arrive même de penser que l'introduction du
"parcequoi" règlerait 50% des problèmes métaphysiques.
Bien sûr, quand on traite des activités humaines, la distinction s'estompe car la
cause d'une action est presque toujours le désir d'atteindre un
but. Mais, pour les phénomènes naturels (ex. un volcan), se soucier du
but n'a pas beaucoup de sens.
Plutôt que deux "magistères", j'en verrais trois : les axes
vrai-faux,
beau-laid et
bien-mal. Ils relèveraient respectivement de la science, de l'art et de la morale.
Des propositions cristallines et robustement concrètes, comme
« ce rhinocéros et cet homo sapiens ont des ancêtres communs », qui jouent manifestement dans l'axe
vrai-faux, relèvent uniquement de la science. L'art et la morale n'y ont aucun mot à dire.
Bien sûr, la science n'a pas réponse à tout. Ça a toujours été le cas et ça l'est encore. Il est donc naturel que, quand on ne
sait pas, on essaye de boucher le trou. C'est ce que faisaient les hommes de Cro-Magnon qui expliquaient la foudre par la colère d'un psi alien (d'un dieu) plus ou moins à leur image. Aujourd'hui, concernant la foudre, on a de meilleures explications.
Pareil pour la diversité des espèces. Les anciens mythes explicatifs faisant intervenir un psi alien (plus ou moins à notre image) qui aurait créé
séparément chacune des espèces, sont dégommés. Le concert des sciences a trouvé mieux.
Mais ça, les biblistes littéralistes ne l'ont pas encore compris, et encore moins admis.

Denis