Kraepelin a écrit:
Il y a des "valeurs" qui sont souvent agglomérées, par grappes, et qu'on associe à la gauche ou à la droite. Mais, c'est purement conjoncturel.
Très bien dit.
En même temps, je vois un fil conducteur entre certaines positions de gauche ou de droite. Je pense que le
locus de contrôle (c-à-d la mesure dans laquelle on perçoit que les individus sont en contrôle de leur sort) d'un individu a un impact considérable sur son positionnement politique.
Par exemple, si j'ai un locus de contrôle fortement interne, alors je considère que ma réussite ou mes échecs me sont directement attribuables. Sans nécessairement impliquer une égalité des chances, ça implique que chacun est responsable et en contrôle jusqu'à un certain niveau de sa réussite. Dans cette logique, à part pour protéger une très petite minorité d'individus objectivement défavorisés (ex.: handicapés), les programmes sociaux égalitaires devraient être gardés au strict minimum. Puisque dans cette optique, si tu n'as pas de job, c'est de
ta faute et
tu peux changer les choses. Au contraire si tu réussis, c'est
grâce à toi et l'idée de devoir partager obligatoirement une partie substantielle de tes gains avec ceux qui réussissent moins est un non-sens. Toujours dans cette logique, on peut vouloir plus de fermeté dans les sentences données aux criminels. En effet, si tu es coupable d'un crime, c'est de
ta faute. Il fallait y penser avant.
D'un autre côté, si j'ai un locus de contrôle fortement externe, alors je considère que ma réussite ou mes échecs sont en grande partie attribuables à des facteurs externes, à l'environnement. Si quelqu'un réussit ou échoue, c'est en grande partie à cause de
ceci et de
cela. Dans cette logique, les riches ne méritent pas plus leur sort que les moins riches. Ce n'est donc pas
leur argent, mais plutôt
notre argent qu'il faut redistribuer plus également dans la société. Pour les criminels, il ne faut peut-être pas s'acharner sur leur cas. Bon nombre d'entre-eux viennent probablement de milieux défavorisés et ont été entraînés dans le crime, ce n'est pas tant
leur faute.
Je pense que savoir où on se positionne entre ces deux pôles donne une bonne idée du "fond" de notre positionnement politique. Évidemment, après ça, il reste une tonne de questions sur des enjeux indépendants à répondre...