Hallucigenia a écrit:
Jean-Francois a écrit:
Peu importe si ses allégations sont aberrantes au regard du même corpus de connaissances qui a permis sa greffe (donc sa survie), il me semble que le lui faire remarquer serait perçu comme une "attaque".
Tu as sans doute raison.

En plus, elle s'est avouée séropositive et elle admet que même si son récit se révélait une pure invention elle s'y tiendrait pareil:
"
Même si je ne porte pas le coeur de cette femme, ce n'est pas grave, parce que j'ai décidé, moi, que tous les indices convergeaient. Ça m'arrange : c'était quelqu'un de bien ; médecin dans l'humanitaire, elle vivait une très belle histoire d'amour."
Disons que les possibilités de faire passer les critiques pour de grands méchants qui s'acharnent sur une pauvre victime parce qu'ils ne comprennent pas la
licence poétique ne sont pas négligeables. Par contre, je pense que ce Pr Gérard Helft, qui a préfacé le livre de Valandrey (voir lien), devrait être questionné sur pourquoi il encourage la pseudoscience. Mais, j'imagine qu'il peut tourner les choses de manière très vague, sans trop se commettre (et pouvoir lui aussi se réfugier dans la "liberté d'expression" ou "la science ne connait pas tout et on peut se poser des questions").
Citer:
Je serais bien curieux de connaître le nom de cette chercheuse, et la nature exacte de ses travaux
Il existe effectivement des formes de "mémoire" cellulaire: les cellules d'un organisme se modifient en fonction de leurs interactions avec d'autres cellules et/ou composés chimiques, et peuvent garder la traces "historique" de ces interactions. Par exemple, on peut considérer que les cellules impliquées dans les réactions immunitaires possèdent une sorte de "mémoire" de ces réactions. Les neurones aussi sont très sujets à ce genre de modifications "historiques": un des plus étudiés est la
potentialisation à long terme. Souvent, par soucis de vulgarisation - mais pas seulement car on retrouve parfois le terme "mémoire cellulaire" dans la littérature - on utilise ce terme pour des phénomènes cellulaires. C'est pourquoi il n'est pas totalement faux de dire des trucs comme (dans l'article dont l'url est donné plus haut):
"[c]es neuropeptides, d'après ce que je sais, sont des "émetteurs" de messages qui permettraient le stockage d'informations dans nos cellules, concernant notamment les particularités de notre personnalité ou le souvenir d'un choc. Les neuropeptides du coeur et d'autres organes vitaux pourraient communiquer avec ceux du cerveau, comme en mode Wi-Fi."
Il est vrai que les neuropeptides influencent l'activité neuronale et il est vrai que si le coeur en contient, cela peut affecter le cerveau. C'est vrai aussi pour une greffe de rein, de foie de pénis, d'implants mammaires, etc.
Le problème est que si on utilise le terme "mémoire" dans ces cas-là, c'est seulement pour prendre une image. Il n'existe pas de ressemblance réelle entre ce type de "mémoire" et la mémoire "psychologique" de l'individu. Même si des phénomènes comme la potentialisation à long terme sont impliqués dans la "mémoire psychologique", il demeure que celle-ci est une propriété de réseaux neuronaux. Les réseaux qui seront affectés par les neuropeptides sont ceux du receveur (ceux du donneur n'ont pas été transmis). Cela fait qu'il est parfaitement impossible que des souvenirs soient greffés en même temps qu'un organe**.
Jean-François
* Surtout vu le manque de consistance de sa thèse:
"[Journaliste:] Souhaiteriez-vous que la loi évolue pour que les greffés puissent connaître l'identité de leur donneur, comme aux Etats-Unis?
Je ne suis pas sûre que ce soit nécessaire, vu les problèmes que cela poserait : imaginez, vous apprenez que le coeur que vous portez appartenait à un affreux raciste ou à un criminel ; une telle idée pourrait provoquer un rejet physique du greffon. L'anonymat permet de garder de la distance par rapport à son nouveau coeur, et à la famille du donneur, de faire son deuil."
Si la personnalité du donneur modifie la personnalité du receveur, pourquoi y aurait-il "rejet physique"? (En admettant qu'il soit possible qu'une "idée" puisse entrainer un tel rejet.)
** Pour ça, faudrait greffer le cerveau.