Bonjour !
Un spécialiste du climat,
Jean Marc Jancovici, dénonce sur son
site l'habitude qu'ont les journalistes de donner leur colonnes à n'importe qui sous prétexte de montrer des "opinions" divergentes en matière scientifique.
Lettre ouverte aux journalistes qui ouvrent leurs colonnes - ou leur antenne - à n'importe qui et n'importe quoi en matière de climat (et de science) pourvu que ça mousse Le début :
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Depuis que la question de l'influence de l'homme sur le climat a été posée par une partie de la communauté scientifique, certains d'entre vous, au nom d'un "droit au débat" dont je vais essayer de montrer qu'il est totalement dévoyé sur ce sujet précis, donnent régulièrement de l'espace à des individus qui expliquent combien la science raisonne de travers en matière de "climatologie", et combien il est urgent de surtout ne rien faire pour limiter les émissions humaines de gaz à effet de serre.
Une variante consiste à simplement faire part de leur point de vue - sans les inviter sur un plateau de télé ou sans leur ouvrir la page "opinions" - en mettant leurs arguments sur un "pied d'égalité" avec le point de vue "orthodoxe", ce qui laisse penser que chaque éventualité est possible et qu'il appartient au lecteur de juger comme bon lui semble.
Je vais peut-être vous faire beaucoup de peine, mais je considère qu'en agissant de la sorte, vous êtes au mieux des inconscients, au pire des irresponsables, et dans tous les cas de figure des menteurs - et des menteuses, la parité est assez bien respectée dans le monde journalistique ! - à l'égal des gens à qui vous donnez de l'importance.
Lorsque vous invoquez le droit au débat ou à l'information pour relayer sans vous poser plus de questions que cela des Allègre et consorts, vous vous trompez : ce que vous réclamez, c'est le droit à l'imposture.
Votre comportement n'est pas plus légitime que si vous demandiez à ce que, après chaque cours dispensé au collège, les élèves aient, au nom de ce droit (au débat), un cours leur exposant exactement l'inverse de ce qu'ils viennent d'entendre. Vous pourriez ajouter que c'est avec la diversité des opinions que les élèves pourront se forger la meilleure conclusion. Vous seriez d'accord pour votre propre rejeton ? Le prof de physique 1 explique que la lumière va en ligne droite ? Vite, donnons de l'espace à un prof différent - à qui on se gardera bien de justifier comment il a pu parvenir cette conclusion - expliquant qu'elle fait des zigzags, à preuve les éclairs d'orage ne sont pas rectilignes (pour ceux qui n'auraient pas saisi la nuance, un éclair est un courant électrique, pas un rayonnement lumineux !).
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La base de votre imposture, c'est qu'en invitant des "contestataires" à l'égal des experts techniques légitimes, vous laissez croire que vous avez la capacité de vous poser en arbitre - ou en juge du fond - des débats scientifiques, alors que vous n'avez ni la compétence, ni les connaissances préalables, ni le temps pour faire cela.
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Question idiote à ce stade : quand vous invitez un "contradicteur", comment pouvez vous savoir qu'il maîtrise tous les aspects énumérés ci-dessus, ce qui est incontournable pour le présenter comme un "contestataire" légitime ?
Réponse : vous n'en savez évidemment rien (et du reste ce n'est pas ce qui vous importe), même si votre invité se présente comme "scientifique". Ce qui va compter n'est pas que le contradicteur soit légitime (et il ne l'est pas), et encore moins que vous soyez capable de vérifier ou pas ce qu'il raconte, c'est juste qu'il ait une grande gueule. J'en veux pour preuve que celui qui tient les propos les plus ahurissants (Allègre) est aussi celui qui est le plus invité, parce qu'il a la plus grande gueule. Il pourrait affirmer que la Terre est plate, que vous continueriez à l'inviter si il a toujours le même don pour couper la parole à tout le monde et monter sur la table !