bonsoir Homère (et Denis),
Homère a écrit:
Si l'on revient donc sur l'approximation de Dash [...] le problème est l'idée qui consiste à étendre une croyance personnelle d'un individu en mode de penser. Or c'est faux de généraliser.
Formulé de cette façon, je ne peux qu'être d'accord avec toi Homère! Par contre, étant donné que ce n'est pas exactement ce que j'ai formulé, c'est un sophisme. Bon, je ne t'en veux pas, car je concède que mes structures syntaxiques portent parfois à interprétation (j'ai tellement de difficulté à faire des phrases courtes sans utiliser 45 virgules LOL)
j'avais dit :
moi-même a écrit:
Mais je me dis que s’ils croient à ça, c’est nécessairement que leur esprit critique fait défaut dans une certaine mesure. Là où ça se répercute ensuite, c’est lorsqu’ils raisonnent à propos d’autres sujets qui n’ont rien de paranormal, les mêmes biais et sophismes sont susceptibles de se reproduire non ?
Si on analyse ma première phrase, on constate que j'associe le fait de croire à un manque d'esprit critique. Étant donné que la nature même de « l'esprit critique » est de ne pas croire à ce qu'on ne peut valider, et consiste donc à choisir en fonction du rapport de force entre les pour/contre, nous devons accepter que « croire » consiste nécessairement à
bypasser cette façon de raisonner (esprit critique).
Attention, je précise également :
moi-même a écrit:
...dans une certaine mesure.
Parce que certaines personnes n'ont aucun problème à avouer que leur croyance n'est pas tributaire de leur esprit critique. Certains scientifiques p. ex. disent qu'ils croient qu'il y a quelque chose au dessus de tout, mais qu'ils ne peuvent le prouver et qu'ils sont conscients que ça ne découle pas de leur esprit critique ou de la science. Ce qui est
conséquent dans ce cas, c'est qu'ils ne cherchent pas à justifier ni à convaincre les autres à propos de leurs croyances (ni à se convaincre eux-mêmes que c'est raisonnable). Le fait qu'ils ne cherchent pas à faire de leurs croyances quelque chose de raisonnable est capital dans la structure de mon argumentaire.
Le problème, c'est que la plupart des personnes qui ont des croyances cherchent habituellement à justifier leurs raisonnements. Ils s'efforcent, tant bien que mal, à démontrer la (prétendue) validité de leurs raisonnements, ils ont le désir de faire de leurs croyances quelque chose de raisonnable.
On en arrive donc à ma deuxième phrase...
Dès qu'un individu a le désir ou le besoin de rendre ses croyances raisonnable, il s'aventure sur un terrain extrêmement glissant et est sujet à toute sorte de « sorties de route » (comme dirait Denis

). L'action de justifier (et de rendre raisonnable) nos croyances provient du besoin profond et inconscient qui cherche à établir ou à restaurer un équilibre cognitif dans notre esprit. Dès lors (cherchant à éradiquer les dissonances cognitives), l'esprit devient moins critique et se satisfait d'une multitude de biais comme p. ex. le biais de confirmation, entre autres.
Bon maintenant je dois relativiser quelque peu...
Homère a écrit:
...Pas besoin d'un 100% scepticisme scientifique pour garder la tête sur les épaules. Penser le contraire serait un peu présomptueux.
Naturellement, je suis d'accord !
Je ne prétends pas que parce qu'une personne est ouverte à l'idée qu'il y ait quelque chose après la mort (p. ex., entre autres), qu'elle sera incapable d'utiliser son esprit critique à propos de tout autre sujet.
Tout dépend de qu'elle façon la personne « gère » son « ouverture » ou sa « petite croyance ». Par contre, pour ceux qui sont portés à croire à plusieurs choses et qui —
surtout — cherchent constamment à justifier et à tenter de rendre raisonnable leurs croyances, il est évident que leur façon de « procéder » les rend
très sensible aux divers biais et sophismes.
C'est en cela qu'il faut lier ma deuxième phrase (plus susceptible de faire des biais et sophismes) avec ma première (affecte beaucoup plus ceux qui croient) parce que la croyance ne découle pas de l'esprit critique (mais plus de sentiments, d'impressions, de désirs ou de besoins, etc.). Donc plus une personne « collectionne » les croyances, plus elle devra nécessairement se biaiser pour ne pas entrer en conflit avec les diverses dissonances cognitives susceptibles d'être mises en évidence lorsqu'elle raisonne à propos d'autres sujets. Malheureusement, il est impossible de justifier des croyances (de rendre raisonnable ce qui n'est pas du domaine de la raison) autrement que par des biais et sophismes. Donc, tout s'enchaine comme un jeu de domino : plus on commet de sophismes et plus on est sensible aux divers biais, comme n'importe quelle habitude, ça ce produit de plus en plus naturellement et inconsciemment!
Le meilleur exemple ou la preuve concrète que je pourrais présenter est la suivante : en observant les interactions sur ce forum, bien que
tous commettent parfois des sophismes, il m'apparait évident que certains types d'individu (croyants, crédules) en commettent beaucoup plus et beaucoup plus souvent que d'autres! Il m'apparait aussi évident que ces mêmes types d'individu sont beaucoup plus biaisés que les autres. De plus (et c'est le point central de mon constat), j'observe que ceux qui n'ont pas adopté l'esprit critique semblent très souvent ignorer même l'existence des biais et sophismes, ce qui les rend encore plus disposés à en être atteints ou à les commettre. À l'inverse, ceux qui se qualifient comme étant « sceptiques » ou adeptes de l'esprit critique, sont beaucoup plus nombreux à connaitre les divers biais et sophismes. OK,
ils en font parfois également, mais ils sont mieux en mesure de les reconnaitre et de le reconnaitre (et sont naturellement plus ouvert à se corriger par la suite).
Homère a écrit:
...Or c'est faux de généraliser.
Pour conclure,je suis d'accord avec toi que c'est une erreur de généraliser, mais seulement lorsque cette généralisation est abusive. Dans le sophisme de « la généralisation abusive », le mot « abusive » est très important! Il est possible de généraliser, sans pour autant le faire de façon abusive. Je pense, par ma présente réponse, apporter assez de précisions et de nuances pour ne pas faire de mon observation une généralisation « abusive ».
Pour faire simple, serait tu d'accord avec moi pour dire que le mec qui se pointe ici et qui annonce croire aux fantômes, au karma, que les E.T nous visitent, que les attentats du 11 septembre est un complot et que l'homéopathie fonctionne, est beaucoup plus biaisé et sera plus susceptible de commettre des sophismes lors des échanges que des mecs comme moi, toi ou Denis?
Si oui, il est raisonnable de penser que ce genre d'individu doit aussi en faire lorsqu'il discute d'autres sujets que ce soit avec ses amis, sa conjointe, etc. À l'inverse, il est aussi raisonnable de penser que des mecs comme moi, toi ou Denis serons mieux en mesure de s'apercevoir quand on fait un sophisme, même si l'on discute de foot, de hockey ou d'économie, non?