Bonjour désabusé ; je poste ici sur ce fil la discussion amorcée sur la thérapeutique anticancéreuse et ses remarquables progrès, en prenant l'exemple de la maladie de Hodgkin, la première pathologie maligne pour laquelle la possibilité de guérison a été démontrée.
En 1832, Thomas Hodgkin publie « Sur certains aspects pathologiques des ganglions lymphatiques et de la rate » [
1], compte rendu de ses observations macroscopiques d'autopsie de patients décédés de tumeurs du système lymphatique, décrite par l'auteur comme étant une maladie primitive de la rate et les ganglions, et non la réaction inflammatoire à un autre processus pathologique. À l'époque, sans traitement, l'évolution de la maladie se révèle constamment fatale, parfois après plusieurs années. [
2]
Les premières tentatives de traitements datent de 1894 et font appel à un composé de l'arsenic, la solution de Fowler [
3]; mais jusque dans les années cinquante « il n'y a rarement peu de doute quant à l'issue finale » [
4] de la maladie de Hodgkin.
C'est alors que se développe la radiothérapie, avec des résultats encourageants pour les formes localisées (environ 30 % de survie à 10 ans). [
5]
Un peu plus tard, au début des années 60, sont tentés les premiers réels essais thérapeutiques à l'aide d'agents dérivés de l'lypérite (ou gaz moutarde). Au début, l'usage d'un seule substance ne permet qu'une rémission incomplète et une survie médiocre, mais le développement rapide des polychimiothérapies améliore considérablement le pronostic de la maladie, même pour les formes évoluées : par exemple, le procole MOPP [
6] (1964) donne plus de 80 % de rémission complète, avec une survie à long terme (plus de dix ans) de 66 %. [
7]
Actuellement, selon lâge, la forme clinique et le terrain, la survie moyenne à long terme est de 75 % [
8], avec l'espoir d'augmenter encore ce pourcentage. [
9]
Bien sûr, il existe des effets secondaires et les effets indésirables à long terme (tumeurs malignes, cardiopathies...) [
10] sont à surveiller, mais le succès de cette thérapeutique anticancéreuse ne peut être contesté.
Référence complémentaire : Richard S. Stein and David S. Morgan, chapitre Hodgkin Disease dans
Wintrobe's Clinical Hematology, 11
e édition, 2003, pages 5039 et suivantes.