Salut Yann,
Tu dis :
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Est-ce que ce n'est pas possible de simplement se mettre d'accord sur le fait qu'a priori, ce qui est démontré par la science est très fortement acceptable (jusqu'à un raffinement ultérieur de la théorie) pour décrire la réalité objective, et que ce qui n'est pas théorisé, modélisé, par la science est le terrain des croyances ?
On est d'accord, avec un bémol sur le
"jusqu'à un raffinement ultérieur". Je ne pense pas que ce qui est démontré (ex. il y a une infinité de nombres premiers) soit susceptible d'être éventuellement dé-démontré. Pareil pour
"le Soleil est environ 390 fois plus loin que la Lune". Il s'agit là de connaissances, pas de croyances.
Le problème, c'est que ce qui est théorisé~modélisé par la science a des frontières floues. La frontière est donc floue entre le terrain des croyances et celui des connaissances.
Tu dis aussi :
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A partir de là, tout n'est que débats et à une croyance on en oppose une autre.
Faudrait quand même pas faire comme si toutes les croyances se valaient. Ta formulation passe bien près de le suggérer.
Par exemple, pour les thèmes qui sont
près de la frontière floue entre le terrain des croyances et celui des connaissances (l'astrologie, la danse de la pluie, le Père Noël, etc.), le
débat dont tu parles met en cause des bulldozers contre des trottinettes. Sur ces thèmes là, les
"croyances" ne sont pas équivalentes, pour raison de continuité à travers la frontière floue.
Pareil pour le monstre du Loch Ness et pour la grosse plupart des thèmes de
la liste officieuse. Du moins, je le crois.
Il n'y a que pour ce qui est très loin de la frontière, radicalement à l'extérieur du connu, qu'il peut s'agir d'un débat de croyances. Mais ce n'en est pas vraiment un puisque, concernant ce qui est radicalement hors du connu, les zézés n'en ont justement pas, de croyances. Pour ce qui déborde largement du Terra Cognita, les sceptiques se contentent de hausser les épaules en se méfiant des châteaux de cartes grammaticalement corrects.
La discussion zozo-zézé ne peut donc avoir lieu que sur ce qui est proche de la frontière étrange où les opinions se détachent.
Yann a écrit:
Après les moqueries qui se rajoutent n'aident pas à augmenter le rapport signal/bruit. En fait, je ne comprends même pas pourquoi il y a ce besoin de se moquer (et franchement, zézés *et* zozos ne s'en privent pas) si ce n'est de donner un rôle rationnaliste à la rhétorique : celui qui a le dernier mot ou qui ridiculise l'autre ne détient pas forcément la vérité, en fait, ça n'a souvent rien à voir...
Sur ça, tu prêches à un converti.
Mais faudrait quand même pousser la politesse au point de ne pas appeler un chat un chat ou une bêtise une bêtise. Ils existent objectivement autant l'un que l'autre.

Denis