Salut Zwielicht,
Premièrement, mettons-nous tous de suite d'accord que je ne connais pas encore très bien la mémétique, le débat concernera donc beaucoup plus la logique des arguments en ce qui me concerne.
J'en fais donc volontairement un débat de « coin de table » parce que je ne peux pour l'instant me baser rigoureusement et précisément sur les seules affirmations de la mémétique, dac
Zwielicht a écrit:
Ouf non.. je ne suis pas d'accord. C'est une façon subjective de te représenter a posteriori le succès du groupe de musique...
Je ne parle pas du tout d'une question de goût ou de succès commercial, je parle de commodité « pratico-pratique », de facilité de reproduction, etc.
Zwielicht a écrit:
...Si toutefois tu te bases sur le fait que le groupe est moins encombrant qu'un orchestre...
En effet, je me base principalement sur ça !
Zwielicht a écrit:
...il faut reconnaître que ce raisonnement ne s'étend pas par exemple au synthétiseur. En effet, pourquoi le groupe de musique est encore populaire alors qu'on peut tout recréer par un synthétiseur ?
Question pertinente en effet ! Je crois qu'il s'agit d'un « effet de moyenne », d'une « ligne médiane », du « haut de la courbe en forme de cloche » (gaussienne) si on veut. Par exemple, même si la miniaturisation parvenait à faire des cellulaires aussi petits qu'un dé à jouer, ce serait trop petit en pratique, alors la miniaturisation auras tout de même une certaine limite, non pas technique, mais plutôt pratico-pratique en rapport direct avec les contraintes humaines. Il en est de même pour les groupes de musique, bien qu'on peut tout faire faire par une machine, il y a une genre de pointe centrale en forme de « cloche gaussienne » entre un orchestre et ses centaines d'instruments et la logistique requise pour faire de la musique et entre un synthé qui fait presque tout tout seul.
Tu dis :
Zwielicht a écrit:
... pourquoi le groupe de musique est encore populaire alors qu'on peut tout recréer par un synthétiseur ?
Dans la même logique, je pourrais te rétorquer pourquoi les groupes prennent la peine de faire des concerts live alors qu'il nous suffit à tous de faire jouer un CD pour entendre leur musique?
Tu vas me dire que c'est différent et que l'intérêt est différent, mais il en est exactement de même entre le fait de tout faire faire par synthé et le fait d'utiliser un minimum d'instrument pour recréer une interaction humaine. On peut même observer sociologiquement que le fait de se rassembler entre 3, 4 ou 5 personnes est presque une fatalité ou un besoin humain. Que ce soit pour un souper entre amis ou pour sortir danser par exemple. Les extrêmes existent, naturellement, mais à être trop nombreux on perd une certaine proximité et seul ou a deux, c'est du domaine de l'intimité. On peut facilement observer ce phénomène lors de certains « partys » où finalement, les gens finissent par se rassembler en plusieurs petits groupes distincts.
Ce que je prétends, c'est que même sur une autre planète similaire à la terre dans l'univers (hypothétiquement bien sûr) les groupes faisant de la musique composer de 60 membres et de 60 instruments seront moins nombreux que ceux plus petits. C'est une question d'impératif qui résulte de plusieurs contraintes.
Aussi, dans mon exemple, j'aborde le fait qu'il est également « fataliste » ou « prédéterminé » que tout groupe comporte une rythmique, un instrument reproduisant plutôt les basses fréquences, un autre les moyennes et certaine plus aigu. Toute société qui atteint une certaine évolution en arrivera à ce type d'équilibre sonore adjoint au phénomène de « regroupement médian » (4, 5 personnes) que j'évoque plus haut. Certes, il y a des exceptions et des extrêmes, mais c'est comme une ligne médiane principale si on veut. Tout ceci est plus ou moins observable à divers niveaux dans la société non ?
Zwielicht a écrit:
... Qui aurait pu prédire que les gens préfèreraient l'interaction, la dynamique, la chaleur dégagée par un groupe de musique ? Et qui aurait pu prédire que cette interaction serait optimale (si on considère qu'elle est mieux adaptée) à 4 ou 5 musiciens ?
Peut-être personne en effet à cette époque, mais je crois que c'est ici que la théorie des mèmes pourrait s'ajouter (en trouvent le moyen d'expliquer et de prédire avec une précision acceptable) certains comportements collectifs tout comme la sociologie ou l'anthropologie nous permettent d'anticiper ou simplement de comprendre certaine chose sans pour autant être exacte à tout coup.
Zwielicht a écrit:
... Et pourquoi le groupe de musique plutôt que le quatuor à cordes ?
Ta raison, il n'y a aucune différence, un quatuor à cordes est un groupe de musique et justement, il est précisément composé de deux violons, d'un alto et d'un violoncelle à cause de ce que j'ai expliqué plus haut en fonction de l'équilibre sonore requis. (Des exceptions et des extrêmes, il y en aura toujours, moi je prétends que les mèmes représentent un certain « pic » médian au niveau collectif, et ce, dans divers domaines) (je devrai peut-être contacter Dawkins LOL JE PLAISANTE !

)
Si c'est pareil, tu vas me rétorquer: pourquoi plus de guitare, basses et claviers que de quatuor ?
Ben là ça peut en effet être une question de popularité de culture ou de gout dominant généralisé.
(Tout comme toi, je crois qu'il y a plusieurs facteurs qui « s'entrecroisent ».)
Zwielicht a écrit:
... Tout se rationalise à posteriori, mais de dire "je rationalise ce qui est arrivé par les raisons X, Y, Z, W, R, T.., donc c'est la survie du mieux adapté qui est en cours" est une tautologie.?
Je comprend, c'est vrai qu'il est facile d'expliquer a posteriori, mais nous verrons si dans le futur la majorité des musiciens seront des artistes solos, si
la majorité des groupes n'utiliseront qu'un instrument en basse ou haute fréquence et si les gens organiseront des soupers le week-end, entres 30 amis, etc..
Zwielicht a écrit:
[...] On ne peut pas trancher que simple = naturel dans tout les cas.
Tes nombreux exemples me semblent corrects, je me rétracte, il faut nuancer et il y a plusieurs autres facteurs qui ont incidence (du moins en certains domaines).
Zwielicht a écrit:
...Je ne vois pas l'intérêt.. cette palette serait différente d'un individu à l'autre...
Ça peut évidemment être récupéré et personnalisé par tous et chacun (comme toute chose d'ailleurs

), mais je ne vois pas pourquoi il serait impossible d'établir un consensus reconnu à propos d'une « palette » commune comme il en existe dans d'autres domaines. J'avoue cependant que ça prendrait certaines bases que nous n'avons pas encore présentement pour éviter ce que tu redoutes.
Dac !
Zwielicht a écrit:
...Mouais.. disons que Dawkins me semble le faire un peu inconsciemment [...] Mais pour Blackmore, je pense que c'est fort possible que ce soit un attrait inconscient qui lui fasse utiliser un terme qui a tant d'autorité pour exprimer sa pensée...
Discutable, car on est dans l'opinion/interprétation/perception, mais j'accepte ton impression, car tu sembles les avoir lus (approfondi) plus que moi.
Zwielicht a écrit:
[...] tandis que les initiés de la mémétique sont au minimum des gens qui ont lu un livre trouvé chez Chapters ou Renaud-Bray.
Je crois que j'avais plutôt parlé « d'acteurs~auteurs » dans le sens de Dawkins, Bloom, Blackmore, etc. Pour ce qui est des « initiés », tu as totalement raison, moi c'est chez Renaud-Bray
Zwielicht a écrit:
Je ne vois pas pourquoi je devrais être indulgent avec les mémétistes plus qu'avec des zozos qui utilisent le "champ" morphogénétique ou l'hologramme quantique comme analogie à leurs théories...
Je suis d'accord, par contre, si une théorie s'avère exacte ou plausible, ce n'est pas toujours mauvais d'utiliser des analogies, mais je comprends que c'est souvent douteux ou pour créer un effet de crédibilité par certains.
Zwielicht a écrit:
Je critique le procédé, je ne jette pas la mémétique aux poubelles pour autant....
Super ! il est important d'exprimer cette nuance, je crois, pour ne pas donner l'impression que l'ensemble est du même niveau que certaines « âneries » grotesques.
C'est important de souligner que peut-être certains aspects correspondent pour l'instant aux « pseudo-sciences », mais encore ici, j'apprécie qu'on fasse un « classement » plus élaboré qu'un classement binaire simpliste du type « science ou "zozoterie" ».
Zwielicht a écrit:
Oui mais il y a beaucoup de facteurs. Si l'entrepôt est humide et que les livres sont gâchés, c'est fini, même si le mème avait un potentiel énorme de reproduction.
Ici, j'ai de la difficulté à te suivre, car la structure logique de ton argument pourrait être utilisée tout autant pour souligner des circonstances défavorables à la reproduction de cellules dites « naturelles ».
En réponse qu'on pourrait, utiliser ton argument de manipulation humaine envers les mèmes pour justifier qu'ils ne sont nullement naturels, autant pour la manipulation des gènes, tu me dit :
Zwielicht a écrit:
Non. les gènes sont naturels même si on fait une sélection artificielle (élevage de chiens par exemple).
Bien sûr, mais c'est parce qu'on le sait qu'ils sont naturels (je ne contestais pas ce fait, mais l'argument utilisé, je croyais que tu aurais saisi). Mon point était qu'on ne pouvait utiliser l'argument de « manipulation humaine » seule, pour justifier que quelque chose est naturel ou non. Quand tu me dis que les gènes sont naturels, peu importe qu'on les manipule, en fait tu es en train de me dire que ce n'est pas le fait de les manipuler qui détermine s'ils sont naturels ou non !
Et tu as parfaitement raison !
...Alors pourquoi tu t'es alors permis d'utiliser un argument qui prétend que les mèmes sont artificiel
dû au fait qu'il y a intervention humaine ?
Tu saisis le « deux poids deux mesures » que j'y ai perçue?
Dac, on ne sait pas encore pour les mèmes, ou, jusqu'à présent, on ne peut pas conclure qu'ils sont X% naturelle, je suis d'accord avec ça, mais ce n'est pas uniquement à cause de l'argument de « l'intervention humaine » qu'il faut conclure à ça.
Mon raisonnement me semble valide non ? (« syllogistiquement » parlant)
Zwielicht a écrit:
[...]Non, la logique de base ne dit pas qu'on peut extrapoler indéfiniment...
Je le veux bien, mais il y a une différence entre extrapoler sans rigueur et déduire logiquement non ? De plus, dans la première partie, lorsque tu m'expliques ton avis en me parlant de quatuor, de synthé, de musique, etc. Tout comme moi, tu fais des parallèles, tu utilises des analogies et tu tentes de faire des déductions logiques à partir de tout ça pour me faire capter ta vision. Parfois je trouve que c'est facile de juger les exemples des autres d'extrapolation et les nôtres de plus « terre-à-terre». Je suis réceptif à certaines choses de ta part, car tu m'apparais posséder plus de culture scientifique que moi, mais pour ce qui est de tes exemples du début à propos de la musique, au niveau purement logique, je trouve que j'arrive à construire des arguments tout aussi logiques que les tiens.
Zwielicht a écrit:
J'illustre ce que je voulais dire par un exemple terre-à-terre. Québecor ont le pouvoir de propager des mèmes assez ineptes pour des raisons qui n'ont rien à voir avec ces mèmes mais avec la fortune personnelle des actionnaires qui, elle, se base sur d'autres facteurs (économiques, financiers). les mèmes eux-mêmes ne portent pas en eux la totalité de leur potentiel de reproduction ou de survie.
Dac, tu as raison, il y a une différence fondamentale entre un mème et un gène, ça ne me pose pas vraiment de problème. Je saisis maintenant que pour toi c'est plus l'utilisation du terme (sélection naturelle) qui te titille. Dac !
Si on oubli cette « polémique » à propos de cette récupération de terme (et sachant que tu ne rejettes pas complètement la mémétique), on peut tu s'entendre que le phénomène du mème est un phénomène intéressant et que l'on peut observer suffisamment concrètement?
On peut tu s'entendre que l'évolution, la transmission et la reproduction d'un mème, bien que pouvant être manipulé et altéré par l'homme, peut tout aussi bien « voguer » sans manipulation consciente, au gré des courants collectifs et de façon parfois plus ou moins hasardeuse?
On peut tu s'entendre que certains mèmes
s'emblent être prédestiné à se manifester d'une certaine façon plutôt qu'une autre, et que certains ont plus de chance de se reproduire que d'autre, mais que tout ceci est plus dû aux nécessités et contraintes humaines qu'à un quelconque code intrinsèque à lui-même ?
On peut tu s'entendre que cette façon de « procéder » n'est pas précisément de l'adaptation biologique ou de la « sélection naturelle biologique», mais que
dans la forme, il y a un certain parcours de nature aléatoire, mais qui se fait « naturellement encadrer » par les nécessités et contraintes humaines?
Si on doit qualifier ceci de « sélection artificielle selon un ensemble de contraintes naturelles, de nature humaine », ça ne me pose absolument aucun problème.
N'oublions pas que les mèmes sont plutôt des processus, des mécanismes et non des « objets» ou éléments concrets (matériel ou biologique) il n'y a pas vraiment de « notion d'être» au sens ou un gène et une pomme SONT un gène et une pomme alors qu'un mème est plus une procédure comme « marcher » ou « chanter » (qui n'ont pas « d'objet » concret correspondant).
Amicalement,
Dash