embtw a écrit:
La violence conjugale est un vrai fléau, qui n'épargne aucune couche sociale, j'ai déjà eu dans mon entourage professionnel des hommes m'expliquant sans vergogne (*) qu'une claque à son conjoint de temps en temps permettait de garantir la stabilité du couple.
La violence entre personnes est un problème complexe et parfois dramatique. Dans les cas pathologiques, il peut avoir une issue fatale. Et même dans les cas moins dramatiques, la violence implique une dimension destructrice qui froisse légitimement notre sens de la dignité humaine.
Vous qualifiez la violence conjugale de «fléau». Je crois que ce terme serait tout aussi approprié dans le cas de la violence dans la fratrie et de la violence en milieu de travail.
Les statistiques montrent que la violence dans la fratrie est plus fréquente et probablement plus destructrice que la violence conjugale. Pourquoi en parle-t-on si peu?
Par ailleurs, harceler et bousculer un employer d'usine parce qu'il est homosexuel, efféminé, parce qu'il begaille ou simplement parce que c'est le dernier arrivé, est un phénomène endémique. Pousser la pression jusqu'à ce que l'individu démissionne ou se suicide, illustre assez bien la blessure interne que peut provoquer la somme cumulée des petites violences au travail, de violences qui se déguisent parfois en humour ou que l'on justifie par d’alibis boiteux.
Ce n'est nullement mon intension de participer à l'occultation de phénomènes de ce genre. Bien au contraire! La violence entre personnes est un phénomène qui mérite toute notre attention et qui mérite que l'on consacre des énergies et des ressources pour le résoudre ou l'atténuer. Mais pour régler un problème, il faut d'abord en comprendre les manifestations et les causes. Vouloir faire l'économie de cette démarche est le plus sûr moyen de frapper la mauvaise cible.
Dans le cas de la violence conjugale, dont il est question ici, la recherche portant sur les manifestations, les causes et les solutions s'entremêlent souvent avec bien d'autres préoccupations qui brouillent les cartes. Et s'il y a des chercheurs qui travaillent intelligemment sur le problème, il y a aussi (et surtout) bien des ténors qui exploitent notre indignation pour servir des objectifs politiques bien différents.
J'aurais espéré que l'INSP travaille dans un esprit scientifique et s'émancipe de courants idéologiques dominants. L'INSP ne le fait pas et j'en suis très déçu.