Deux articles intéressants sur l’homoparentalité
L’homoparentalité : distinguer les faits des croyances – 1/2
http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99ho ... s-12/61677Mon commentaire :
• L’attention sélective est une distorsion cognitive fréquente chez les êtres humains lorsque des enjeux émotionnels perturbent leur appréhension du réel. Je me demande si ce n’est pas le cas dans votre article. Je remarque que vous sélectionnez des auteurs qui m’apparaissent assez marginaux en ce qui regarde leur point de vue.
Je ne suis pas un savant, mais j’enseignais la psychologie du développement à partir des manuels d’Helen Bee. Ce qui ressort de sa synthèse est très différent des conclusions de Lamb (2010). Pour Bee, les rôles parentaux de père et mère sont interchangeables dans une large mesure, mais il reste toujours un petit quelque chose de spécifique qui semble irréductible à la culture. Le professeur français Jean le Camus, dans se nombreux ouvrages sur la spécificité du rôle paternel, va dans le même sens que Bee à ce sujet.
Je comprends que ces auteurs expriment un point de vue dominant n’alimentent pas le point de vu que vous adoptez à l’effet que les rôles parentaux sont complètement interchangeables. Est-ce la raison pour laquelle vous les avez ignorés?
L’homosexualité: distinguer les faits des croyances-2/2
http://www.centpapiers.com/lhomosexuali ... s-22/62923Mon commentaire :
• J’ai d’abord pris connaissance de votre article sous sa version publiée dans Psychologie Québec. J’ai d’abord été déçu. Dans la version plus longue que vous proposez ici, je découvre plusieurs commentaires méthodologiques importants qui donnent beaucoup plus de crédibilité à votre démarche. Cependant, une déception résiduelle persiste que je vais tenter de vous communiquer.
Jean-Jacques Aulas, un psychiatre spécialiste en pharmacologie, a publié de nombreux ouvrages sur les questions méthodologiques et sur les controverses médicales. Dans un de ses livres, Aulas (1993) mettait ses lecteurs en garde contre la naïveté. D’après lui, plus une question est controversée, plus les chercheurs doivent mettre de dispositifs méthodologiques en place pour se soustraire à l’effet Rosenthal*. Il va même plus loin. Pour lui, lorsque des intérêts financiers ou idéologiques importants sont en jeu, il n’est pas exagéré de mettre en place des dispositifs pour se prémunir contre une éventuelle fraude.
L’histoire des sciences lui donne malheureusement raison. Juste en ce qui regarde l’homéopathie, il est stupéfiant de constater que les résultats publiés par des chercheurs homéopathes sont massivement positifs, alors que les résultats obtenus par des non homéopathes ou par des équipes mixtes et qui se prémunissent contre les principaux pièges méthodologiques (effet Rosenthal, effet placebo, biais de publication, fraudes, etc.…) obtiennent des résultats radicalement opposés.
Pour moi, la recherche en homéopathie est le paradigme de toute affaire scientifique controversée. Dès qu’une question est sujette à controverse, j’interroge toujours les articles scientifiques pour vérifier si les chercheurs ont pris des précautions. C’est ce que j’ai fait en ce qui regarde mon survol des recherches sur l’homoparentalité et j’ai été déçu. Inutile de lire les résultats lorsque les chercheurs n’ont même pas pris de précautions.
Vous avez raison de mettre en garde vos lecteurs contre les articles sur l’homoparentalité provenant d’auteurs qui naviguent dans le sillage des groupes intégristes religieux. Même si ces gens étaient de bonne foi, les convictions qui les animent sont si fortes qu’elles pourraient altérer sérieusement leur objectivité scientifique et conditionner même la mesure des résultats qu’ils obtiennent dans des recherches empiriques.
Cependant, il ne faut pas être naïf. Les intégristes religieux ne sont pas les seuls à être sensibles à l’effet Rosenthal. Ceux qui croient dans l’homoparentalité, et particulièrement ceux qui navigues dans le sillage des groupes de militants gais, entretiennent eux-aussi des convictions puissantes et susceptibles d’altérer leurs lectures de données empiriques ou la synthèse qu’ils font d’articles scientifiques écrient par d’autres.
Cette mise au point étant faite, je précise que c’est là que votre article me laisse sur ma faim. Vous ne parlez pas de ce problème important qui, à ma face, jette une ombre sur les recherches dans ce domaine. Il est d’autant plus surprenant que vous ne l’abordiez pas que c’est un reproche qui est fréquemment adressé à la recherche (sous d’autres termes, par contre) par les groupes d’extrémistes. Un argument raisonnable et auquel il aurait fallu répondre même si ceux qui le formulent ne sont pas eux-mêmes très raisonnables.
(* Effet Rosenthal : L’effet Pygmalion identifié par Rosenthal : la force exercée par la croyance en la réalisation d’une prédiction va influer sur sa réalisation. Dit autrement, on trouve toujours ce qu’on veut trouver, ne serait-ce qu’en se focalisant sur les détails qui viennent confirmer ce qu’on recherche et en évacuant les indices qui l’infirment.)
Aulas JJ (1993) Les médecines douces, des illusions qui guérissent. Édition Odile Jacob