Jean-Francois a écrit:
Autrement dit: le terme "choix" ne sert à rien, au moins dans cette optique. (Et on peut se demander si la "volonté" existe.) Le principal problème que je voie avec cette manière de faire est qu'elle peut servir à déresponsabiliser des individus de leurs actes*. Un autre problème à mon sens est que dans une expression aussi stricte: si tu n'as jamais de choix, tu ne changeras jamais d'idée (du moins volontairement, après réflexion).
Effectivement, je pense que le terme "choix" n'a que peu de sens en ce qui concerne les croyances. Ca ne déresponsabilise pas les individus de leurs actes. Nos acte sont choisis, même s'il dépendent de nos croyances.
Par contre ça n'implique pas qu'on ne puisse pas changer ses croyances (passer de croyant à athée, ce n'est pas rare), seulement que ce changement n'est pas un choix.
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Poulpeman a écrit:
Les croyances peuvent évoluer autant au niveau individuel (ce qui ne veut pas forcément dire que c'est un choix) qu'au niveau des sociétés
Là, je trouve que tu joues sur les mots sans répondre à ma question. Personnellement, je pense que s'il y a "évolution" des mentalité, c'est que des individus choisissent certaines croyances plutôt que d'autres.
Ma réponse me semble adaptée. Je pense que l'évolution des mentalités va bien au delà des croyances à l'échelle de l'individu.
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C'est le cas par exemple des tenants du psi. Ils trouvent insensé qu'on puisse ne pas croire au psi (tellement les preuves sont évidente
C'est vrai pour beaucoup mais pas pour tous. La possibilité de choix, pour moi, elle est justement dans le maintien de ses convictions après confrontation avec des idées contraires. Il y a le choix entre changer d'avis ou camper sur ses positions (en acceptant, plus ou moins selon le cas, que d'autres aient des idées différentes).
Si tu considère que le maintien de la croyance malgré l'évidence est un choix, alors oui on peut dire qu'il y a choix de la croyance.
Moi je vois ça comme un blocage émotionnel/cognitif qui empêche justement d'avoir le choix.
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Les arguments avancés ensuite par les croyants visent à justifier leur croyance, mais la démarche de la croyance a été faite en amont
Et comment ça se passerait: les croyants ont une illumination subite, qu'ils passent de l'état "neutre" à l'état "croyant"
puis ils développeraient une démarche particulière visant à défendre cette croyance?
Je ne sais pas trop comment ça se passe dans la tête d'un croyant.
Pour la croyance en Dieu, on l'a généralement avec l'éducation. Les discours qui s'ensuit vise à justifier la croyance, mais ce n'est pas une démarche de choix.
Pour les autres croyances (psi, HET, ...) c'est différent. Je pense qu'il doit y avoir une sorte d'"impact émotionnel" (pce que tu appelles "illumination", et pouvant être généré par une information "percutante") qui crée une conviction.
(notes que ceci est assez spéculatif)
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Ce n'est pas impossible, d'après l'histoire connue Paul Claudel semble être un cas de "conversion" de libre-penseur-positiviste à croyant-bigot sur la base d'une illumination. Généraliser en réduisant les croyances à une sorte d'acte de foi imbécile et fixé ne m'apparaît pas très juste. Évidemment, il y a de tout mais cela va des plus conformistes/bornés aux plus réfléchis. Je pense plutôt que la démarche est indissociable de la croyance dans la plupart des cas. Tout comme la démarche est indissociable de l'attitude sceptique.
La démarche sceptique est une démarche logique qui s'applique en continu et aboutit à une position (désolé si le terme est mal choisi) de non-croyance (en gros). C'est un processus d'analyse-déduction, ça n'a rien d'un choix.
Pour la croyance, je pense effectivement qu'il y a une sorte d'acte de foi imbécile et fixé, même si c'est réducteur.
Bizarrement, si les processus sont différents, il aboutissent tous les deux à un non-choix.
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Sinon, je trouve assez tiré par les cheveux de considérer que le blocage cognitif de Julien comme un choix. Il me semble que tu étires un peu trop la définition
C'est possible. Comme il est possible que ce soit toi qui restreignes la définition, pour enlever toute composante volontaire au moins pour la croyance. Vivazavata n'a pas tort quand il dit que de définir le terme peut aider: d'après mon Larousse, choisir c'est "adopter par préférence; sélectionner, élire". Julien n'est pas stupide, s'il a adopté sa position de croyant c'est parce qu'il y a réfléchi. Cela peut importe comment il y a réfléchi (s'il avait réfléchi autrement, il serait sans doute arrivé à une autre position).
Comme je l'ai dis précédemment, je ne vois pas la croyance (ou une position de croyance) comme issue d'une réflexion.
De mon point de vue, Julien est croyant (pour des raisons que j'ignore) et justifie sa position après-coup.
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Quand on a la foi, l'option de la non-existence ne se pose même pas.
Mouais, je soupçonne que "ne pas se poser la question de la non-existence de Dieu" fait partie de ta définition de "foi". Je connais des croyants pour qui c'est une question qui se pose.
Oui, "ne pas se poser la question de la non-existence de Dieu" fait partie de ma définition de "foi". Un peu caricatural je l'admets.
Je connais aussi des croyants pour qui la question se pose. Mon point de vue est généraliste et accepte volontiers des entorses au règlement.
Poulpeman