Homère a écrit:
Bonjour Florence,
L'immigration clandestine profite aux marges de certains patrons, mais de là à tirer les salaires de manière générale vers le bas... il y a un grand pas que je ne franchirai pas pour l'instant, et vous?
Non, mais les maintenir aussi bas que possible, certainement. Ceci étant, l'effet n'est pas mathématique: il s'agit essentiellement de boulots pour lesquels les nationaux ne sont pas en concurrence avec les immigrés, car ils ne veulent pas les faire tant qu'ils ont le choix (= chômage et aides sociales leur permettent de refuser les tâches qu'ils considèrent comme trop viles). C'est valable dans n'importe quel pays d'ailleurs, pas rien qu'en France ou au Canada, il suffit de se renseigner sur les diatribes anti latinos aux USA qui reprennent exactement les mêmes éléments. C'est tout bénéf pour les employeurs, qui peuvent continuer à offrir des jobs merdiques à des prix indécents sans encourir la vindicte de la population, laquelle reçoit quand-même une pitance du gouvernement ...
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Si l'on parle maintenant d'immigrants légaux, ils s'alignent sur l'offre en général, qu'ils soient qualifiés ou non. Un flux migratoire excédentaire pourrait influencer les salaires, mais je préfère rester au conditionnel même dans ce genre de scénario.
Il n'est question que des illégaux. Notez que cette notion "d'estrangers du dehors qui font de la sous-enchère" est ultra courante - dernier exemple il y a 2 semaines à Genève, où un parti populiste a tenté de monter la population locale contre les frontaliers français qui feraient baisser les salaires suisse, contre toute évidence d'ailleurs.
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Je ne suis qu'à moitié d'accord avec vous. Un groupe de consultation qui va modeliser, mettons, un nouveau service client au sein d'une économie émergente et calculer la reduction des coûts par rapport au service existant, ne va pas baser ses choix sur un quelconque laxisme environnemental ou H&S.. (bien entendu des exceptions doivent exister). Par contre je suis entièrement d'accord, l'aspect fiscal va jouer dans le dossier.
Evidemment, l'économie de services ne génère pas nécessairement des coûts environnementaux. La majorité des domaines manufacturiers et la sous-traitance des déchets, pour prendre deux exemples d'actualité, en causent beaucoup et économiser là-dessus n'est pas un petit bénéfice ...
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Encore une fois je ne suis que partiellement d'accord. La mise aux normes et la modernisation sera simplement moins coûteuse. Elle ne sera pas retardée ou évitée si elle permet des bénéfices plus importants.
La concurrence joue beaucoup dans ce genre de décision. Souvent un grand groupe va essayer de s'aligner au plus vite sur les stratégies du concurrent et tenter de placer un coup d'avance sur ses performances au plus vite. Généralement il mettra en oeuvre une nouvelle mais encore plus nouvelle stratégie et encore plus profitable que l'adversaire il y a quelques mois auparavant.
Si on parle de délocalisation dans des domaines de pointe, peut-être. Malheureusement, une des raisons de la délocalisation de plein de domaines est justement le fait que ça permette de maintenir des activités et des modes de faire qui sont intrinsèquement obsolètes mais que l'on peut garder tels quels tant qu'on arrive à rogner sur certains postes de dépenses, dont les frais de main d'oeuvre, la protection de l'environnement, la sécurité, etc.
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Les chômeurs sont des bulletins de votes, et s'ils sont nombreux, alors les politiques diront ce qu'ils veulent bien entendre. Un immigré, clandestin ou pas, n'a pas tellement de poids dans la fluctuation des salaires, et j'oserais dire qu'un chômeur qui profite du système et bien plus néfaste économiquement qu'un clandestin.
Je suis bien d'accord. Malheureusement, les employeurs de clandestins voient les choses autrement: ils économisent sur les salaires et les charges sociales, la société paie la facture du chômage, de temps à autre on "lynche" un chômeur ou un clandestin pour faire un exemple ...